Les lieux de mémoire et musées ouverts au public pour le 76e anniversaire du Débarquement

Après les grandes commémorations et festivités du 75e anniversaire, le 6 juin 44 sera célébré cette année beaucoup plus discrètement en raison de la situation sanitaire. Mais avec le déconfinement, de nombreux lieux de mémoire et musées sont de nouveau accessibles. 
Le cimetière américain de Colleville-sur-Mer
Le cimetière américain de Colleville-sur-Mer © WOSTOK PRESS/MAXPPP

L'an passé de grandes cérémonies ont été organisées, en présence des chefs d'Etat et des derniers survivants de l'opération Overlord, pour le 75e anniversaire du 6 juin 44. Cette année, c'est en comité beaucoup plus restreint que les commémorations se dérouleront, compte-tenu de la situation sanitaire : pas de chefs d'Etat étrangers, pas de familles ou proches de vétérans et des cérémonies à huis-clos, et ce malgré le déconfinement en cours.

La secrétaire d'Etat auprès de la ministre des armées Geneviève Darrieussecq a évoqué un 76e anniversaire du Débarquement "plus intimiste", lors d'un entretien accordé à nos confrères de Ouest-France.

Mais il sera tout de même possible de se recueillir sur ces lieux marqués par l'Histoire. De nombreux chemins de mémoire restent ouverts à ceux qui veulent les emprunter.

Les lieux d'Histoire

Le Débarquement, c'est d'abord cinq plages, de Ouistreham à l'est jusqu'à Sainte-Marie-du-Mont à l'ouest : Sword, Juno, Gold, Omaha et Utah. Nombre d'entre-elles sont réouvertes depuis le 11 mai, coup d'envoi du déconfinement en France. Avec la phase 2 lancée ce mardi 2 juin, toutes les plages françaises sont désormais ouvertes.

La plage de "Gold beach" à Arromanches où fut érigé un port artificiel par les Britanniques
La plage de "Gold beach" à Arromanches où fut érigé un port artificiel par les Britanniques © Damien MEYER / AFP


Théâtre le 6 juin 1944 d'une mission hautement périlleuse menée par les hommes du 2e bataillon de Rangers, la pointe du Hoc est située sur une falaise d’environ 30 mètres de haut, à 6 km de Vierville. Le site fut utilisé par les Allemands comme une véritable place forte. Ils y installèrent une batterie de six gros canons capables d’atteindre les plages d’Utah et d’Omaha et mettre en péril les opérations de Débarquement. Il est ouvert au public.
 

La pointe du Hoc
La pointe du Hoc © THIBAULT VANDERMERSCH/EPA/Newscom/MaxPPP


Le débarquement a commencé dans les airs durant la nuit du 5 au 6 juin. Les parachutistes ont été les premiers soldats alliés à fouler le sol normand. Les hommes de la 6e Airborne britannique avaient notamment pour mission de s’emparer des ponts de l’Orne à Ranville et Bénouville. Celui-ci sera le premier ouvrage libéré. Il sera baptisé plus tard « Pegasus Bridge » en l’honneur des parachutistes britanniques dont l’emblème était le cheval Pégase. Sa réplique, installée à Bénouville sur le lieu même où combattirent les Alliés, peut être arpentée par les visiteurs. Ell est située à côté de la première maison libérée de France, le Café Gondrée. L'original, lui, se trouve dans l'enceinte du musée Mémorial Pegasus, toujours fermé au public.
 

Pegasus bridge
Pegasus bridge © PHOTOPQR/OUEST FRANCE/MAXPPP


C'était l'un des autres objectifs de la 6e Airborne britannique aux toutes premières heures du 6 juin : la batterie allemande de Merville. La moitié des 150 hommes qui participèrent à l'assaut y perdirent la vie. La victoire eut d'autant plus un goût amer qu'au lieu des canons de 150 mm annoncés, les Britanniques y découvrirent des canons tchèques de calibre inférieur. Le site et son musée sont accessibles au public depuis le 1er juin les vendredis, samedis et dimanches de 10h à 19h.

La batterie de Merville
La batterie de Merville © PHOTOPQR/LE PARISIEN

 

Les cimetières militaires

Lieux de mémoire par excellence, les cimetières militaires sont également accessibles aux visiteurs. Mardi 2 juin, l'American Battle Monuments Commission a annoncé la réouverture des sites dont il a la charge en France et notamment le cimetière américain de Colleville-sur-Mer longeant la plage d'Omaha beach (mais aussi celui de Saint-James, dans la Manche). Près de 10 000 soldats américains y reposent. Pour assurer le respect des distanciations sociales, le nombre de visiteurs est limité. La réservation, gratuite, est obligatoire via le site internet de l'ABMC.
 

Les cimetières britanniques et canadiens gérés par le Commonwealth War Graves Commission, sont également accessibles au public à Bayeux et Bény-sur-Mer.  La capitale du Bessin abrite le plus grand cimetière militaire britannique de France : près de 4000 soldats britanniques y reposent. A noter que le musée Mémorial de la Bataille de Normandie, situé à proximité, rouvrira ses portes à partir du vendredi 5 juin (9h30 -12h30 / 14h00 -18h00).

Le cimetière britannique de Bayeux
Le cimetière britannique de Bayeux © MYCHELE DANIAU / AFP

Le cimetière militaire allemand de La Cambe et son Jardin de la paix ont également rouvert leurs portes depuis le mardi 2 juin. Plus de 21 000 soldats y reposent.

 

Les musées

Depuis le 11 mai, quelques musées avaient eu l'autorisation d'accueillir de nouveau du public. Le D-Day experience à Saint-Côme-du-Mont, dans la Manche, avait reçu ses premiers visiteurs dès le week-end de l’Ascension. Avec la deuxième phase du déconfinement, tous les musées sont  désormais autorisés à rouvrir leurs portes, en respectant bien sûr les règles sanitaires. Dans la région, de nombreux musées consacrés au Débarquement et la Bataille de Normandie espéraient être au rendez-vous du 76e anniversaire et avaient préparé bien en amont cette échéance, comme celui de Sainte-Marie-du-Mont, dans le secteur d'Utah beach. Le directeur et son équipe ont dû réaménager les espaces d'exposition de 3000 m2. Un nouveau barriérage a été installé pour fluidifier la circulation et du gel hydroalcolique est mis à disposition des visiteurs, des visteurs qui doivent impérativement porter le masque.

Sainte-Marie-du-Mont : le musée du Débarquement prêt pour le 6 juin

Si à Sainte-Marie-du-Mont, on a accueilli les premiers visiteurs dès le mardi 2 juin, d'autres musées ne rouvriront leurs portes que le samedi 6 juin avec des conditions sanitaires similaires. C'est le cas du Centre Juno beach à Courseulles-sur-Mer consacré aux forces canadiennes durant la seconde guerre mondiale, mais aussi de l'Airborne Museum à Sainte-Mère-Eglise et du Mémorial des Civils à Falaise.

 

Ils ne rouvriront pas pour le 6 juin

Si le Mémorial de Falaise réouvrira juste à temps pour le 6 juin, son grand frère, le Mémorial de Caen, manquera de quelques semaines le rendez-vous du 76e anniversaire du Débarquement. Le "musée pour la Paix" rouvrira ses portes le 20 juin prochain avec un nombre de visiteurs limité : pas plus de 2000 personnes en même temps contre 4500 habituellement en période estivale. En attendant de retrouver le public, le Mémorial proposera ce samedi 6 juin en direct sur sa page Facebook un récital de la pianiste Marie-Pascale Talbot.
 


A partir du 14 juillet, le musée présentera sa nouvelle exposition évènement (après celle consacrée au peintre américain Norman Rockwell l'an dernier) : "La libération de la peinture : 1945 - 1962", un coup de projecteur sur la peinture abstraite de l'après-guerre avec des oeuvres de Jean Fautrier, Hans Hartung, Pierre Soulages, Jean Dubuffet. Les réservations ouvriront le 8 juin. 

Enfin, comme les autres cinémas de France, le Cinéma circulaire Arromanches 360 accueillera de nouveau du public à partir du 22 juin, tout comme le musée du Débarquement.

PRATIQUE : L'office du tourisme de Bayeux-Bessin a mis en ligne un guide touristique "Spécial crise 2020" qui répertorie les sites ouverts ou non (indique la date de réouverture le cas échéant). Il est régulièrement mis à jour.

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