Lycée Agricole de Saint Cyran : Elisabeth Hardy veille sur un établissement plus grand que cette commune de l'Indre

Publié le Mis à jour le
Écrit par FML

Le Lycée Agricole de Saint Cyran du Jambot (Indre) est entièrement tourné vers le cheval. Elisabeth Hardy, cavalière elle-même, dirige cet établissement singulier. Elle en connaît chaque recoin. Elle en est une formidable ambassadrice.

Bien singulier que cet établissement de Saint Cyran du Jambot. Elisabeth Hardy en est consciente. Et même fière de ses particularismes nombreux.
Même s'il est de taille modeste au regard de la plupart des lycées agricoles, Saint Cyran du Jambot compte plus de résidents que Le village d'habitants. « Aujourd'hui 250 élèves, 60 personnels enseignants ou services support, alors que la commune possède 142 administrés. »  Assurément particulier, il l’est aussi par son caractère mono-activité : contrairement aux autres du même type, le cheval y est roi quasi unique. « C’est le seul en France. Cela lui vaut de connaître un recrutement national. Et, cheval oblige pour les moins de 18 ans, d’avoir une représentation féminine très importante (près de 90%) »


Ensuite c’est aussi un établissement d’enseignement privé. Cet ancien orphelinat, propriété d’une congrégation religieuse était devenu une école ménagère. « L’introduction des laïcs et l’évolution des usages ont coïncidé avec la réorientation de l’activité vers le cheval. Le Lycée vient d’être cédé gracieusement au diocèse. Pour autant, la religion, ou non, des élèves et professeurs n'est pas un critère. »

Dans la liste de ses caractéristiques qui pèsent comme des avantages, il y a aussi les terres d’implantation. « A quelques arpents limono-argileux près, le sol est de l’herbe sur du sable naturel. Pour les chevaux c’est synonyme de confort et de fait le terrain est praticable toute l’année. Ou presque. »

L’étendue des enseignements proposés également est vaste. « Le Lycée lui même : de la 4ème au bac professionnel. La filière Licence professionnelle « management des établissements Equestres » (monitorat compris) et en parallèle la formation sur un an qui conduit également vers le BPJeps. Nous proposons également les CAP (soigneur, maréchalerie…) et les certificats de spécialisation « éducation jeunes chevaux ». La liste est longue, les profils variés. »


Et dans son souci de permettre aux jeunes d’avoir une vision globale, il ne faut pas oublier la dimension élevage. « Nous sommes naisseurs. 3 poulinières Selle-Français, une Anglo et une Pur-Sang. Nous comptons de 2 à 4 poulains chaque année. »
Singulier encore car l’établissement ne ferme jamais vraiment. « Même à Noel il faut une astreinte pour le suivi des chevaux et poneys. Le reste des vacances sert à l'organisation des stages et au passage des galops. »


Et c’est sans doute aussi ce qui fait l’attrait de cette école c’est la capacité à être un « sport Etudes » qui ne dit pas son nom. « Chaque élève monte au minimum 2 fois par semaine. Cela peut être plus dans certaines sections. Certains ne s’y trompent pas d’ailleurs. Et choisissent notre lycée pour cela. Monter à cheval. Non pas forcément pour s’inscrire dans un métier futur. Et puis nous réservons 25 box par an pour les élèves qui veulent venir avec leur propre monture.»


Elisabeth Hardy tient un discours raisonné et optimiste. « La filière compte beaucoup de métiers directs ou induits. Le secteur est porteur. Nous sommes tournés vers les sciences de la nature et du vivant. Notre niveau en biologie, même dans les sections les plus professionnelles permettent de rebondir en cas de désir de se réorienter. Nous sommes pointus sur l’alimentation, les soins, la reproduction. Un ancien de chez nous a finalement choisi la filière vétérinaire, avec succès, mais ce n’est qu’un des nombreux exemples. »                                                        
L’histoire du lieu implique aussi un souci de l’exigence. « Le cheval n’es pas un animal de compagnie. Nous nous inscrivons également dans l’effort. Les disciplines enseignées ici relevaient plutôt du classique : dressage, CSO et Concours complet. Mais tradition ne veut pas dire repli sur soi. Nous développons maintenant également le Trec, l’endurance et l’équitation éthologique »
Elisabeth Hardy connait son affaire. Ses élèves. Elle est cavalière et son cheval personnel qu’elle monte régulièrement se trouve dans un des box. « Connaître le cheval est un élément indispensable selon moi dans le contexte dans lequel nous évoluons pour bien appréhender la matière traitée. A minima une curiosité pour le sujet est une condition sine qua non. C’est le cas de chacun de nos professeurs. On ne vient pas là par hasard.»
Et en cours de Journée Elisabeth Hardy ne manque pas de faire un détour par toutes les écuries. Avec un box en particulier. Celui d'Aléa du Jambot. L'alezan crin lavé de 5 ans, né au Lycée. "Aléa c'est peut être un futur grand".