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En grande difficulté, Remade n'a pas de quoi payer les salaires de septembre

© PHOTOPQR/OUEST FRANCE/MAXPPP
© PHOTOPQR/OUEST FRANCE/MAXPPP

La success story n'en était pas une. L'entreprise basée à Poilley dans le sud de la Manche n'a plus un sou. Selon nos informations, la nouvelle direction a fait savoir à ses 400 salariés qu'elle n'était pas en mesure de les rémunérer dans l'immédiat. Les 130 CDD ne devraient pas être renouvelés.

Par PMP avec Nicolas Dalaudier

Jusqu'ici, l'affaire tenait du miracle économique. Remade surfait sur le marché des smartphones reconditionnés. Les levées de fonds succédaient aux annonces de recrutements massifs. L'entreprises prévoyait d'aménager un immense campus regroupant toutes ses activités sur la zone de l'Ecopark, à Tirepied près d'Avranches. La communauté d'agglomération Mont-Saint-Michel – Normandie a d'ailleurs scellé la vente des terrains le 1er août.
 


Mais quelques jours plus tard, l'horizon s'est soudainement assombri. L'emblématique patron Mathieu Millet a été débarqué. Officiellement, il prenait "de la hauteur" pour se consacrer à "la stratégie". Le nouveau directeur général nommé par les actionnaires n'est resté que quelques jours. Étrange. Et c'est finalement Renaud Le Youdec qui a repris les rènes à la fin du mois d'août. L'homme est notoirement connu pour être le recours, quand l'heure est grave. C'est lui qui avait été placé à la tête de l'abattoir AIM quelques mois avant la liquidation de l'entreprise en juillet 2018. Sur sa fiche LinkedIn, il se présente ainsi : "au coté des actionnaires et dirigeants, j'identifie et je conduis les actions menant au redressement de l'entreprise au mieux de leurs intérêts, dans une approche qui privilégie l'aspect humain et les relations sociales."

Avec le recul, la dernière offre promotionnelle de la société ne manquait pas d'ironie :
 


Selon nos informations, Les nouveaux dirigeants parent aujourd'hui au plus pressé. La situation financière semble être à ce point dégradée que Remade n'aurait pas de quoi honorer les salaires de septembre. À Poilley, les 400 salariés en ont été informés ce mercredi. L'entreprise aurait aussi annoncé que les 130 contrats à durée déterminée ne seraient pas reconduits. Mais à ce jour, aucun licenciement ne semble envisagé.
 
Remade en grande difficulté


Par ailleurs, le ministère de l'économie et des finances porterait un oeil inquiet sur la situation. Selon plusieurs sources, Bercy souhaiterait rencontrer au plus vite les actionnaires de la société dans l'espoir d'obtenir quelques éclaircissements. Enfin, quarante salariés ont pris attache avec un avocat afin d'affronter la période qui s'ouvre. Elle s'annonce cahotique.

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