Émission spéciale Dimanche en politique à Cherbourg : l'avenir de la Normandie passera-t-il par la mer ?

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Émission Dimanche en politique à Cherbourg : l'avenir de la Normandie passera-t-il par la mer ? (Diffusion le dimanche 19 février à 11h30) ©France 3 Normandie

Pour ce numéro spécial de Dimanche en politique présenté par Franck Besnier, l'équipe s'est installée depuis le port de commerce de Cherbourg. Avec ses 640 kilomètres de côtes, la Normandie a développé depuis des décennies une économie tournée vers la mer, un littoral qui permet une variété d’activités, qu’il s’agisse de la pêche, du tourisme, de l’industrie navale, du transmanche ou encore des énergies marines renouvelables.

La mer, des milliers d’emplois en vue

Ce sont près de 50 000 salariés qui travaillent aujourd’hui dans l’économie maritime en Normandie Si la pêche et la réparation navale ont connu une diminution de leurs effectifs au début des années 2000, ces pertes ont été compensées, depuis, par le développement de nouveaux métiers autour des énergies marines renouvelables.

Le nord Cotentin illustre à lui seul cette transformation, le port a vu arriver des constructions d’éoliennes, reste à trouver les employés pour développer ces nouvelles filières, c’est tout l’enjeu des années à venir.

Il y a les activités historiques, vous l'avez dit, je pense à la navale et même au transmanche, devant nous, et puis bien sûr, les activités qui se développent, je pense là aux énergies marines renouvelables, éolien off-shore, on va en parler tout à l'heure et puis je l'espère un jour, l'hydrolien ici qui a sa place dans ce qu'on essaye de faire sur le mixte énergétique.

Benoit Arrivé

Maire PS de Cherbourg-en-Cotentin

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Extrait Dimanche en politique à Cherbourg : intervention de Benoit Arrivé, Maire PS de Cherbourg-en Cotentin ©France 3 Normandie

Naval Group, le rebond après l'Australie

En septembre 2021, l’Australie rompait le contrat du siècle avec Naval Group pour la fourniture de 12 sous-marins Barracuda, un manque à gagner de 56 milliards d’euros et quelque 500 salariés qu’il a fallu reclasser, mais c’est chose faite, assure Jean-Luc France, le directeur de Naval Group à Cherbourg « On a réussi à reclasser l’ensemble du personnel, on est passé à la suite ».

Le carnet de commandes de Naval Group est déjà plein pour les 20 ans qui viennent, les 3 500 salariés du site et les 2 000 sous-traitants achèvent la construction des 6 sous-marins d’attaque Barracuda pour la marine française avant de se lancer dans un autre programme, celui du renouvellement des sous-marins lanceurs d’engins (SNLE) également commandés par la France.

Sur le site de Naval Group Cherbourg, c'est 3 500 employés Naval Group et parce qu'il ne faut pas les oublier, 2 000 sous-traitants qui nous accompagnent. L'activité est extrêmement soutenue dans les 20 années à venir avec la réalisation du programme Barracuda, les sous-marins nucléaires d'attaques pour la marine française qui se termineront et qui seront livrés pour la fin 2029 et le successeur du SNLE de 2ᵉ génération, la 3ᵉ génération avec une première réalisation pour 2035 et le dernier pour 2050.

Jean-Luc France

Directeur de Naval Group Cherbourg

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Extrait Dimanche en politique, émission spéciale à Cherbourg : intervention de Jean-Luc France, directeur de Naval Group Cherbourg ©France 3 Normandie

Pour honorer ses commandes, Naval Group cherche du personnel, une campagne nationale de recrutement de 1 000 collaborateurs a été lancée en ce début d’année et face à la pénurie de main d’œuvre, 4 industriels du nord Cotentin (Naval Group, EDF, Orano et CMN) ont créé HEFAÏS, leur propre école de soudeurs avec le pari de former 200 soudeurs haut de gamme à partir de la rentrée 2023. 

Éoliennes en mer : des espoirs et des interrogations

« Travailler chez nous, ce n'est pas du vent »  annoncent fièrement les dirigeants de LM Wind Power, l’usine de pale installée sur le port de Cherbourg-en-Cotentin depuis 6 ans recrute à tour de bras. Une centaine d’emplois sont encore à pourvoir pour compléter les effectifs qui dépassent désormais les 750 salariés.

La filière éolienne a le vent en poupe, les usines de Cherbourg-en-Cotentin (LM Wind Power) et du Havre (Siemens-Gamesa) emploient déjà plus d’un millier de personnes et les projets de nouveaux parcs (5 en Normandie et une prévision de 50 en France d'ici à 2050) permettent de voir l’avenir sereinement même si des habitants, des élus et des chefs d’entreprise du Val de Saire à travers l’association Eolarge restent méfiants.

On ne peut pas avoir les emplois comme on les a ici avec 800 emplois et un port qui tourne à plein régime, sans avoir aussi l'activité. Alors clairement, moi, je ne veux pas que le Cotentin demain ressemble à ce qu'on peut voir au large de Saint-Nazaire avec un impact visuel qui est terrible pour moi, et qui finalement, contredirait ce que nous sommes, c'est-à-dire, un territoire comme on le qualifie souvent unique par nature. Et dans le même temps, je le disais, il faut de l'activité, le compromis que l'on trouve aujourd'hui, c'est de se mettre d'accord pour dire des éoliennes, oui avec une activité ici dans le Cotentin, mais au-delà des 30 km des côtes pour que l'impact visuel soit le plus réduit possible.

David Margueritte

Vice-président du Conseil régional de Normandie et Président de la communauté d'agglomération du Cotentin

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Extrait Dimanche en politique : intervention de David Margueritte, vice-président du Conseil régional de Normandie et Président de la communauté d'agglomération du Cotentin ©France 3 Normandie

Eolarge, dès l'origine, s'est positionnée de façon neutre par rapport aux parcs. Notre sujet, ce n'est pas de savoir si nous sommes pour ou contre, il y a des tendances très diverses dans notre association sur ce sujet, mais de gérer au mieux la situation pour notre territoire et d'ailleurs, en relation avec le maire de Cherbourg et le président du Cotentin, de manière à définir quelle est la meilleure politique collective par rapport à l'arrivée de ces parcs.

Christiane Tincelin

Présidente de l'association Eolarge

Dans le port de Cherbourg en Cotentin, la création de ce méga parc n’est pas vu d’un bon œil, ce sont 500 km² de zone de pêche qui pourraient être en partie rayées de la carte même si la règlementation en matière de navigation à l’intérieur de ce parc n’est pas encore connue.

Je ne vais pas me faire porte-parole des pêcheurs et contre l'éolien, mais en règle générale, on trouve que pas assez d'études sur l'impact, sur les fonds, sur la biodiversité, forcément une réduction drastique de nos zones de pêche, même si j'entends, 32 km au large donc forcément, ce sont des zones de pêche pour nous et cinq parcs en Normandie, je crois qu'on est la seule région en France à avoir cinq parcs éoliens. On marche sur la tête.

Sophie Leroy

Directrice de l'armement Cherbourgeois

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Extrait Dimanche en politique : intervention de Sophie Leroy, directrice de l'armement Cherbourgeois ©France 3 Normandie

Pêche : Nous aussi, on peine à recruter

Sophie Leroy le reconnait, les matelots embarqués sur les 5 bateaux de l’armement Cherbourgeois gagent plutôt bien leur vie : « ils ont fait des salaires de 8 000€ à 10 000€ en décembre » mais le métier n’attire plus. Un paradoxe quand on sait que les cours du poisson n’ont jamais été aussi élevés et que la criée affichait l’an dernier, des résultats records avec près de 5 900 tonnes de poissons débarquées l’an dernier (+18%) et une hausse de 30% des ventes.

« Il y a 20 ans, on avait une vingtaine de bateaux hauturiers » à Cherbourg, aujourd’hui, ils n’en reste plus que 7 et bientôt 5 puisque 2 navires vont profiter du plan de sortie de flotte. Cherbourg comme d’autres ports normands s’interrogent sur leur avenir. Les chalutiers seront-ils remplacés un jour par des activités industrielles ou touristiques ? 

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Extrait Dimanche en politique : intervention Sophie Leroy et David Margueritte ©France 3 Normandie

Cette émission spéciale est à découvrir ce dimanche 19 février à 11h30 sur France 3 Normandie et en replay sur la plateforme France.TV

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