Le redémarrage des réacteurs de Flamanville reporté de nouveau de plusieurs mois

Les réacteurs de Flamanville 1, 2 et 3. Ce dernier attendra encore un peu avant d'entrer en service. / © Charly Triballeau/AFP
Les réacteurs de Flamanville 1, 2 et 3. Ce dernier attendra encore un peu avant d'entrer en service. / © Charly Triballeau/AFP

Les deux réacteurs de la centrale nucléaire de Flamanville sont à l'arrêt depuis plusieurs semaines. Leur redémarrage était programmé cet hiver. Il faudra finalement attendre le printemps.

Par CM et AFP

C'était l'un des sujets de "conversation" de la dernière commission locale d'information. Outre le feuilleton interminable du chantier de l'EPR, à Flamanville, l'autre centrale connaît elle aussi quelques problèmes. Voilà déjà plusieurs mois que ses deux réacteurs sont à l'arrêt : le numéro 2 est en maintenance depuis janvier 2019 et le numéro 1 a dû être stoppé en septembre pour des problèmes de corrosion. L'électricien espérait bien les remettre en activité au cours de l'hiver (le 31 janvier pour l'un, le 29 février pour l'autre). Il faudra attendre plusieurs semaines de plus.
 

EDF a en effet récemment annoncé devoir remplacer le moteur de la turbine à combustion qui alimente en électricité les systèmes de secours des réacteurs. Des "microfissures" y ont en effet été détectées, selon un communiqué d'EDF du 24 février. Un incident classé au niveau 1 sur l'échelle internationale des incidents nucléaires Ines, graduée de 0 à 7, selon EDF.
    
Interrogé ce mardi 3 mars par l'AFP, EDF a assuré qu'il n'y avait pas de "lien particulier" entre cet incident et le retard. Ces reports sont liés à "des mises en conformités dans le cadre de recontrôles" qui font partie du "plan de rigueur" lancé par la centrale lorsqu'elle a été placée sous surveillance renforcée par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) en septembre, selon EDF.
    
Le réseau Sortir du nucléaire dénonce pour sa part dans un communiqué un "délabrement des équipements" à Flamanville.
 
 

Une situation "très préoccupante" pour l'IRSN

En décembre, l'Institut de sûreté nucléaire (IRSN), bras technique de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), a estimé que la situation de la centrale de Flamanville était "très préoccupante" étant donné les "écarts majeurs sur différents équipements classés de sûreté" et que les deux réacteurs ne pouvaient être redémarrés en l'état.

Dans un compte-rendu à l'ASN, l'IRSN y relevait de "nombreux écarts au niveau des matériels classés de sûreté", avec une "corrosion" parfois "avancée" en plusieurs endroits dans les stations de pompage (qui servent au refroidissement). L'Institut y évoque aussi "une fuite" sur des circuits de la troisième barrière de confinement.
    
En outre l'IRSN "considère anormale que les différents processus afférant à la sûreté (...) n'aient pas permis de prévenir la dégradation d'équipements importants pour la sûreté". L'Institut estimait toutefois que "la mise sous surveillance renforcée par l'ASN et le plan d'action d'EDF sont de nature à améliorer la situation observée depuis plusieurs années sur le site".
    
La centrale de Flamanville a connu sept incidents de niveau 1 en 2019, 5 en 2018.
    

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