Un roman au coeur de l’opération Overlord aux côtés des reporters de guerre en Normandie

Dans son roman, "Dernière Ligne" publié aux éditions L'Harmattan en avril 2021, le journaliste Benoît Fouque offre un regard un peu différent sur les coulisses du débarquement en Normandie jusqu’à la bataille de Saint-Lô. Rencontre.

Le roman du journaliste originaire de Saint-Lô est notamment vendu au Mémorial de Caen.
Le roman du journaliste originaire de Saint-Lô est notamment vendu au Mémorial de Caen. © Benoît Fouque

Elle est une histoire moins connue du débarquement du 6 juin 1944. Les soldats n’étaient pas les seuls à se préparer pour l’opération Overlord qui amorça la libération de la France par une percée sur les plages de Normandie. De nombreux journalistes se tenaient également prêts. C’est ce prisme que le journaliste originaire de Saint-Lô, Benoît Fouque, a choisi dans son roman "Dernière Ligne". L’occasion de conter "une histoire magnifique entre les reporters et les soldats" autant "qu’une aventure humaine incroyable, mais très difficile parce qu’ils perdaient collègues et amis tous les jours".

Propos recueillis par Justine Saint-Sevin

Justine Saint-Sevin : La présence des reporters de guerre sur le débarquement n’est pas un fait très connu. C’est ce qui a motivé votre choix ?

Benoît Fouque : "En partie, comme vous le dites c’est un élément qui est un peu moins connu alors que récemment, j’ai retrouvé un article de franceinfo (à retrouver ici NDLR) datant d’il y a quelques années qui rapportait que 558 reporters de guerre avaient été accrédités pour le D-Day. Même s’ils n’ont pas forcément tous embarqué dans les barges. Beaucoup peuvent avoir en tête le photojournaliste Robert Capa ou le travail de l’écrivain Hemingway, mais il y en a eu bien d’autres, des inconnus et notamment des journalistes de la BBC. Beaucoup de choses ont été dites et peuvent encore être faites sur cette guerre, ce point de vue des reporters embarqués par les troupes et la trajectoire effectuée par les troupes américaines jusqu’à Saint-Lô, qui a été extrêmement éprouvante, est un prisme intéressant, qui sort de l’ordinaire."

J.S-S : Vous êtes originaire de Saint-Lô, c’est quelque chose qui explique votre intérêt pour le débarquement et le fait d’avoir choisi de parler de cet événement en particulier ?

B.F : "Complètement, je m’y intéresse de près depuis que je suis adolescent. En plus, Saint-Lô, où se déroule une partie de l’histoire a été énormément bombardée, on est forcément imprégné par cette époque. Il faut rarement plus de quelques kilomètres en Normandie pour trouver un monument à la mémoire des soldats, un cimetière ou des petites bornes de la Libération. J’ai eu aussi pas mal de discussions avec mes grands parents, grands oncles, grandes tantes. Ils étaient tout petits, ils ne se sont pas prêtés à des opérations de résistance, de combat. Ils étaient de simples habitants qui ont vécu l’occupation allemande, les bombardements, ce moment où il fallait parfois fuir sa ville pour se réfugier ailleurs. C’était aussi leur histoire que je voulais raconter, et l’atmosphère autour des rencontres avec les soldats."

J.S-S : La déontologie des journalistes est aussi au coeur de l’histoire avec des rapports parfois tendus avec les chefs militaires…

B.F : "Je trouvais intéressant de mettre en perspective la déontologie à laquelle on est confronté aujourd'hui avec celle de juin 44. Elle était essentielle parce qu’on le sait, les reporters devaient rendre des comptes à l’Etat-major allié avant d’envoyer leurs reportages et télégrammes pour éviter que les stratégies militaires soient dévoilées. Les journalistes devaient faire attention pour ne pas révéler certaines choses, mais avoir aussi la capacité de raconter ce qui passait. Ça devait être incroyablement difficile."

J.S-S : Vous savez s’il y a eu des ratés ?

B.F : "Du tout, je n’ai pas creusé sur le sujet. D'ailleurs, je tiens à rappeler que ce je propose dans ce livre n’est pas un travail d’historien, mais celui d’un passionné de la Seconde Guerre mondiale et du débarquement avec un histoire qui ne se base pas sur des faits très précis que des journalistes auraient pu nous transmettre. J’ai imaginé comment ces échanges pouvaient se passer. Le raté que j’ai en tête et qui est assez connu est celui de Capa. Sur la centaine de photos qu’il avait fait du débarquement et envoyé, un jeune stagiaire laborantin a fait une grosse erreur, qui a fait que seulement une dizaine de photos ont été exploitables au final."

"Dernière ligne" est à retrouver en librairie, il est également en vente au Mémorial de Caen.

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