VIDEO. Parachutes, jerrican, bonbonnes d'oxygène : quand les paysans recyclaient le matériel de guerre du Débarquement

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Quand les paysans réutilisaient le matériel militaire. Un reportage de Karine Lepainteur et Thomas Tavitian. Montage de Eléna Blossier ©France 3 Normandie

De l'upcycling avant l'heure ! Découvrez comment les civils ont fait preuve d'ingéniosité en réutilisant le matériel militaire abandonné dans la campagne normande, après le Débarquement.

La ferme-musée du Cotentin, à Sainte-Mère-Église, expose actuellement des objets retrouvés dans les greniers, pour le moins insolites ! Des objets que vous, vos parents ou vos grands-parents avez peut-être utilisés, et qui n'ont jamais été commercialisés, ou presque. Des outils du quotidien fabriqués à partir des milliers de tonnes de métal, de toiles de parachutes, de caisses de munitions, et autre matériel militaire trouvé dans les champs. 

Des sommiers de lit, confectionnés avec la toile de jute de sacs à provisions de l'armée anglaise, des duvets fabriqués à partir de couvertures réglementaires de l'armée américaine, des bouillottes constituées d'un extincteur et d'une douille d'obus de l'armée américaine, et même une lampe de chevet à partir d'une grenade MK2 de l'armée américaine. Voici quelques objets que l'on pouvait trouver dans le Cotentin dans une chambre d'enfant après le 6 juin 1944. 

La ferme c’est la récup, l’ingéniosité, le bon sens des paysans, et encore plus dans une période de pénurie.

Vanessa Doutreleau, responsable de la ferme-musée du Cotentin

Ça s’appelle le système D ! Le matériel militaire devient alors outil du quotidien. Et il n'est pas rare de trouver un casque de l'armée allemande dans les fermes normandes, utilisé comme récipient, puisoir à eau (pour puiser de l'eau) ou gamelle pour le chien.

Avec les parachutes, les Normands découvrent le nylon

Dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, près de 13 000 parachutistes américains sont largués sur Sainte-Mère-Église et sa région. Après leur saut, les soldats laissent leur parachute sur place, soit plus de 1 300 000 m2 de nylon que les habitants du coin vont récupérer et apprendre à coudre.

Le nylon, c'est une matière glissante, mais quand c'est bien cousu, bien serré, c'est très résistant.

Virginie Guillotin, médiatrice culturelle à la ferme-musée du Cotentin

Les Normands en ont vu d'autres. Avec cette nouvelle matière, qu'ils ne connaissaient pas, ou peu, ils vont confectionner des vêtements, des tabliers, et même des robes de mariée.

Les suspentes, ces fils qui relient la toile de parachute au harnais du parachutiste, vont servir à faire des lacets, divers liens, des cordeaux de jardin... Les plus bricoleurs vont les utiliser pour rempailler les chaises. Les couturières habiles vont en tricoter des pulls ou confectionner des rideaux.

Des étuis de masque à gaz devenus pots à lait

Enfumoir à abeilles, boîte de transport des furets pour la chasse : les paysans ne manquent pas d'idées pour réemployer les étuis de masques à gaz. Et il n'y a pas que les civils qui ont des idées. Après la guerre, l'Allemagne, ruinée, va réutiliser de façon industrielle ces étuis et les transformer en pot à lait. Les casques de l'armée, eux, seront utilisés comme passoires. 

Des matériaux très résistants

80 ans après, certains objets servent encore. Comme ces clôtures, inusables, à base de plaques PSP américaines et de grillage. Les plaques PSP américaines servaient aux pistes d'atterrissages provisoires. Le grillage permettait aux véhicules de rouler dans les champs sans s'embourber. Après le départ des Alliés, il en restait des kilomètres dans les champs.

D'autres objets insolites vous attendent à la ferme-musée du Cotentin de Sainte-Mère-Eglise. Vous pouvez même apporter vos propres objets, s'ils ont été fabriqués à base d'objet militaire, après la guerre. Ils pourront compléter la collection de cette exposition "système D[DAY] ".

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