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Michel Onfray, nouvelle "coqueluche" de l'Etat Islamique?

 Michel Onfray, si prompt à dénoncer la régression de la pensée, use du réseau Twitter pour exposer sa rhétorique en 140 signes . Son tweet suite aux attentats lui vaut en tout cas bonne presse auprès des partisans de Daesh.  Pour lui, la France récolterait ce qu'elle a "semé". 
Michel Onfray, le philosophe et les médias.
Michel Onfray, le philosophe et les médias. © Nicolas Serve / MAXPPP
Une heure vingt du matin, dans la nuit de vendredi à samedi, alors que la France commence à peine à compter ses morts,  le philosophe normand, Michel Onfray, publie ce tweet  :



Un teasing pour lancer le débat? Un goût prononcé pour la provocation ? Quoi qu'il en soit, Michel Onfray a encore réussi à faire parler de lui. Lui, le philosophe, dont " le travail est de mettre en perspective ce qui est avec les conditions qui ont rendu possible ce qui advient". C'est ce qu'il explique le lendemain au Point, l'hebdomadaire où Michel Onfray prend régulièrement ses quartiers. Rien à voir avec le journalisme télé dit-il qui " met en scène le spectacle de terreur et le commente en se contentant de dire ce que chacun voit à l'écran".

Donc, Onfray conférerait de la hauteur à tous en ces temps troublés. Faisant fi de toute émotion, il renvoie dos à dos la droite et la gauche. Rien d'inédit dans la position du philosophe. Pour lui, l'interventionnisme international de la France contre l' " Islam politique " serait à l'origine des attentats commis sur le territoire national. Dans un autre tweet, il publie la vidéo de Dominique de Villepin qui déclarait que la France a perdu la guerre contre le terrorisme.


La neutralité comme issue? 

" Islam politique". A deux reprises, Onfray utilise cette formule.  Exit les termes de djihadistes ou encore de terroristes avec leurs connotations péjoratives.  "Bien sûr, ils tuent, ils massacrent, mais ce n'est pas forcément de leur faute puisque nous, les occidentaux, les libéraux , les sociaux-démocrates, nous les avons cherchés, provoqués, agressés. Alors ils répliquent! "  lui répond avec une ironie non-feinte Maurice Szafran dans une tribune cinglante publiée sur le site Challenges

Pour Michel Onfray, la France doit se désolidariser de la coalition internationale engagée en Syrie et en Irak. " Elle devrait prendre l'initiative d'une conférence internationale qui viserait à constituer un front diplomatique à même de négocier une neutralité  associée à un respect de la souveraineté politique de chacun de ces pays qui ont le droit de faire ce qu'ils souhaitent sur leur territoire sans que nous le leur interdisions". " Chevènement serait l'homme adéquat pour piloter au nom de la France cette politique de désengagement militaire".

Plus chevènementiste que Chevènement. Sauf que... Jean-Pierre Chevènement tient sur son blog un tout autre discours. Pour l'ancien ministre de l'Intérieur, la France est capable de gagner cette guerre : " Elle la gagnera si on comprend bien que ce qui se manifeste là est à l’intersection des conflits du monde arabo-musulman, et d’autre part des tensions internes à notre société. Conflits du monde arabo-musulman: tout de suite vient à l’esprit la Syrie. Je pense que l’éradication de Daech est une priorité à laquelle toutes les autres doivent être subordonnées. C’est clair."

Onfray, philosophe chouchou des djihadistes

Bien sûr, les propos de Michel Onfray font plus que tousser. Mais le philosophe défend sa "pensée libre". 




En revanche, du côté des partisans de Daesh, Michel Onfray a la côte. Le soutien est fort sur Twitter où ses prises de positions sont retweettées en masse.  Lundi matin, sur France Inter, David Thomson, journaliste de RFI et spécialiste des mouvements jihadistes, présente Michel Onfray comme  "l’une des coqueluches de l’EI". "Onfray est traduit en arabe, il est partagé sur tous les comptes pro-EI parce qu’il reprend mot pour mot le discours de l’EI". " Onfray pourrait m^me être cité  dans le prochain numéro du magazine "Dabiq" qui reprend souvent des phrases et citation de personnalités dites 'ennemies' mais qui accréditent ses thèses", souligne Thomson. "Dabiq" est un magazine publié en anglais sur internet où l’EI fait sa propagande. 








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