Condé-sur-Sarthe, au coeur de “la prison la plus sécurisée de France”

Une de nos équipes a pu accompagner le députer Joaquim Puyo dans sa visite du centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe.
Une de nos équipes a pu accompagner le députer Joaquim Puyo dans sa visite du centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe.

Le centre pénitentiaire d'Alençon-Condé-sur-Sarthe abrite des détenus violents et dangereux qui n'ont plus rien à perdre. Ici, la violence se gère au quotidien : pour distribuer les repas, les surveillants enfilent un vêtement de 10kg pour se protéger. 

Par CM et FB

Des combinaisons renforcées pour distribuer les repas

"Mon souvenir le plus récent c'était une plaque chauffante chauffée à haute densité que j'ai failli recevoir sur le visage". A l'heure des repas, le personnel pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe revêt de lourdes combinaisons renforcées et des casques similaires à ceux portés par les CRS, avant de procéder à la distribution.
Dans les cellules, des individus violents, particulièrement dangereux et qui, pour beaucoup, n'ont plus rien à perdre. En septembre dernier, un détenu a ainsi agressé cinq surveillants, visant l'un d'entre eux au cou, avec une arme métallique de fortune. Parmi les "pensionnaires" de la prison, Youssouf Fofana, l'ex chef du gang des barbares, Tony Meilhon, le meurtrier de Laetitia qu'il a démembrée, ou encore Ait Ali Belkacem, l'instigateur de l'attentat du RER à Paris en 1995. Au moins deux d'entre eux ont vu leur peine alourdie suite à des incidents perpétrés dans ces murs.

Condé-sur-Sarthe, la prison la plus sécurisée de France

Installé aux portes d'Alençon et inauguré en 2013 par Christiane Taubira, alors garde des sceaux, le centre pénitentiaire de Condé-sur-Sarthe a été dés le départ présenté comme la "prison la plus sécurisée de France". Mais très rapidement, les incidents se sont multipliés. Et les personnels ont tiré à plusieurs reprises la sonnette d'alarme. Aujourd'hui, 30% des effectifs des agents sont renouvelés chaque année.

Nous avons a pu pénétrer dans cet établissement en accompagnant le député-maire d'Alençon Joaquim Pueyo. Ancien directeur de la prison de Fleury-Mérogis, il est aujourd'hui président du groupe d'étude sur les prisons et les conditions carcérales. Cette visite s'est déroulée alors que le centre pénitentiaire va très prochainement accueillir un "quartier pour détenus violents" de 17 places pour des hommes en attente de jugement, liés à des affaires de terrorisme et de radicalisation. 

Reportage de F.Bodereau et M.Bellinghen
Intervenants: Joaquim Pueyo, député de l'Orne, président du groupe d'étude sur les prisons et les conditions carcérales / Fabien, surveillant / Jean-Paul Chapu, directeur du centre pénitentiaire /Emmanuel Baudin, secrétaire interrégional FO Pénitentiaire

 

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