Toujours maire en Normandie, mais nouveau conseiller municipal dans le Sud, le cumul inattendu d'un élu

Jacques Dalmont, maire sortant de la Ferté-Macé, dans l'Orne, se retrouve avec le confinement dans une situation inhabituelle : un double mandat municipal à plus de 600 kilomètres d'écart. Il vient en effet d'etre élu conseiller municipal dans une petite commune de l'Aveyron.
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Il s'imaginait au soleil, mais ne l'avait dit à personne. "Pour ne pas polluer la campagne des élections municipales".
De toute façon, Jacques Dalmont "n'avait pas encore prévu spécialement son déménagement" dans l'Aveyron, à Espalion, une petite ville de 4.500 habitants où le Normand a sa résidence secondaire.
 

Au départ c'était juste pour apporter mon expérience à un groupe de jeunes


Sauf que le Maire de la Ferté-Macé (depuis 2008) avait décidé de ne pas briguer un 3e mandat dans la commune ornaise. Et que dans le même temps, il s'était inscrit sur une liste en lice pour la mairie d'Espalion, en 5e position. "Au départ, c'était juste pour apporter mon expérience à un groupe de jeunes, les aider à mettre en place un projet. Et puis je me suis pris au jeu..." 
Et il a été élu, comme conseiller d'opposition, le 15 mars dernier. "C'était une affaire privée pour ma vie d'après."
 
© France info

Pendant ce temps, le 1er tour des élections aboutissait à une triangulaire sans vainqueur à la Ferté-Macé ; 

Du coup, avec le report du 2nd tour des municipales à une date encore inconnue, Jacques Dalmont reste officiellement maire de la Ferté-Macé jusqu'aux futures élections. "Dans ces moments-là, il faut une capacité de résilience pour assumer les choses. Je ne vais pas abandonner. C'est normal que j'assume. J'en prend mon parti."
 

Une polémique d'étiquette politique


Sauf que de parti, justement, il en est question aujourd'hui pour certains administrés, et notamment Yves Robillard, candidat sur la commune.
Jacques Dalmont avait en effet été élu maire depuis 2008 sur des listes avec "divers gauche" comme étiquette, et le voilà élu à 600 km de là sur une liste "divers droite".
Sur les réseaux sociaux, Yves Robillard n'a pas maché ses mots sur la situation : "à droite, à gauche, à droite, à gauche il emmènera les habitants d'Espalion dans le mur comme il l'a fait avec son ami Collado sous la direction de M Goasdoué pour LA FERTE MACE."
 
"Je regrette ce référencement", reconnait Jacques Dalmont. "J'affirme que je suis adhérent PS. Sur cette liste, il y a aussi des "République en marche" et des "France Insoumise", tous regroupés pour développer un programme local. Mais c'est quand même incroyable que ce sont les mêmes personnes, qui s'affirmaient hors des partis lors des municipales, qui me reprochent aujourd'hui cette histoire d'étiquette. Et les 12 ans que j'ai passé à la tête de la commune alors ? Je suis remonté, oui, clairement."
 

Une cellule de veille mise en place en Mairie


En attendant, pas question pour lui de gérer sa commune à distance. Il reste un maire actif à la Ferté-Macé, réunissant tous les lundis "une cellule de veille ou de crise, appelez-ça comme vous voulez", de 7-8 personnes. Avec évidemment les règles de 2 mètres de distance sanitaire entre chaque conseiller, pour limiter les risques face au coronavirus.
Et grâce à une dérogation, il continue de gérer sur le terrain, les problèmes liés au confinement, "comme chez cet horticulteur local", en grande difficulté financière face à la crise actuelle.

Je ne m'attendais pas à faire le buzz. Ce n'est pas du tout le sujet au milieu de cette histoire de coronavirus.


Fin juin, ou peut-être en septembre octobre, quand le confinement sera terminé, alors il devra juste espérer un nouveau 2nd tour rapide des élections municipales, pour en terminer avec son mandat de maire à La Ferté-Macé, et commencer alors sa nouvelle vie, dans le Sud, avec de nouvelles fonctions.


 
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