Confinement : un village vacances privé de ses touristes parisiens

Il y a trois ans dans le Perche, Arnaud Doin, a fait bâtir le Country Lodge, un village-vacances au cœur de la nature. Sa cible : la clientèle parisienne. L’année 2020 devait être florissante mais la crise sanitaire a coupé net l’élan de cet entrepreneur.
 

Attirer la clientèle parisienne et son besoin de nature, c'es le pari d'Arnaud Doin, créateur du Country Lodge.
Attirer la clientèle parisienne et son besoin de nature, c'es le pari d'Arnaud Doin, créateur du Country Lodge. © FTV/ N. NCorbard
A une heure de Paris, le Country Lodge représente un cadre idyllique de vacances pour les franciliens. Avec ses vingt-quatre cabanes en bois, l’idée d’Arnaud Doin était de proposer une parenthèse à la campagne, un retour à la terre mais avec tout le confort. Dans ces très belles structures, la nuitée pour quatre coûte environ 200 euros.
Un concept qui a rapidement trouvé sa clientèle. L’année dernière, aux vacances de printemps, le taux de remplissage était de 100% et globalement l’année 2020 se présentait sous les meilleurs auspices. Mais le Covid 19 a cassé cette belle dynamique et la perte de chiffre d’affaires est déjà très importante.

On a déjà perdu 150 000 euros de chiffre d’affaires et chaque mois j'ai 30 000 euros de frais.
Arnaud Doin - entrepreneur 


"Au printemps, ce sont des mois qui comptent triple et qui permettent d’engranger pour l’hiver. Oui, ça peut mettre en péril notre activité. Si on ouvre le 11 mai, ça peut passer, on serrera les fesses! Je suis un entrepreneur qui depuis 3 ans ne se paye pas et là je commençais à voir le bout du tunnel. Ce qu’on va rentrer comme argent va permettre de payer avant tout la perte de chiffre d’affaires. J’en reprends pour quelques années » explique Arnaud Doin.

La crainte d'un déconfinement en deux temps

En 2017, Arnaud Doin a emprunté 1.4 millions aux banques pour mener à bien son projet. Des traites qu’il continue à rembourser chaque mois. Heureusement, l’autre prêt de 370 000 euros consenti par la région est suspendu pendant six mois.

Actuellement sans aucune rentrée d’argent, cet entrepreneur n’a pas pu mettre tous ses salariés en chômage partiel car au printemps, la nature est en pleine explosion. Il faut tailler la végétation, nourrir les animaux et même s’occuper des naissances. Une saison formidable pour accueillir des touristes mais le site reste désepérément vide.
Même sans clients, il faut tailler la végétation, nourrir les animaux et même s’occuper des naissances.
Même sans clients, il faut tailler la végétation, nourrir les animaux et même s’occuper des naissances. © FTV/ N. Corbard
Arnaud Doin attend beaucoup des décisions du gouvernement. Si les habitants des régions les plus touchées étaient limités dans leurs déplacements, sa saison serait très certainement anéantie car sa  clientèle est à 70 % parisienne. Selon lui, ces restrictions, sans nuances entre les lieux d’accueil, seraient une catastrophe pour l’économie du tourisme.

« On n’est pas un hôtel avec cinquante chambres dans le même couloir. Nous, on est dans un tourisme particulier. C’est un parc résidentiel avec des maisons espacées de 40 m les unes des autres. Les gens montent dans leurs voitures, ils arrivent et repartent. Nos clients prennent moins de risques que les gens qui vont faire leurs courses à Mortagne au Perche ou à Alençon »
 

Nos clients prennent moins de risques que les gens qui vont faire leurs courses.
Arnaud Doin - entrepreneur


Sur ce parc de cinq hectares tout a déjà été pensé pour respecter les mesures barrières. Les espaces communs seront fermés et des lieux comme la piscine ou le spa ne seront accessibles que sur des créneaux horaires précis. Les familles n’auront pas le droit de se côtoyer.
Le Country Lodge prévoit de s'adapter en rendant la piscine ou le spa accessibles uniquement sur des créneaux horaires précis pour que les familles ne se côtoient pas.
Le Country Lodge prévoit de s'adapter en rendant la piscine ou le spa accessibles uniquement sur des créneaux horaires précis pour que les familles ne se côtoient pas. © FTV/ N. Corbard


Le concept du slow tourisme 

Les prochains mois vont être très compliqués à gérer mais Arnaud Doin souhaite y voir du positif. Pour ce parisien, amoureux de la campagne, cette crise sanitaire va très certainement modifier certaines manières de consommer et de voyager.

« Aujourd’hui, le tourisme de masse, la boite de nuit où on va danser à 300 près d’une piscine à Ibiza, c’est terminé. Il y a certainement des gens qui vont se dire, désormais je consomme plus pareil comme par exemple monter dans un avion à n’importe quelle occasion. L’idée ici, c’est d’être confiné et de manger local. On a un maraîcher au bout de l’allée, on a un éleveur-boucher qui livre tous les jours, on n'a pas besoin d’aller faire les courses en grande surface. Sans le savoir, notre parc est en totale adéquation avec ce qu’induit cette pandémie. »


Si les déplacements entre les régions sont limités, Arnaud Doin pourrait voir arriver des Normands dans son petit paradis. Une découverte près de chez eux qui pourrait les ravir.https://www.instagram.com/country_lodge/  
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