Cet été dans l’Orne, ces jeunes sont leurs propres patrons

Yannick, Tristan et Matheo de la Coopérative jeunesse de services peuvent même laver vos vitres ! / © Nicolas Corbard
Yannick, Tristan et Matheo de la Coopérative jeunesse de services peuvent même laver vos vitres ! / © Nicolas Corbard

Ils ont entre 16 et 18 ans et ont décidé en juillet et août de participer à la coopérative jeunesse de services. Ce concept, alternative aux jobs d'été, leur permet de créer leur propre société.

Par Nicolas Corbard

« J’ai gagné en maturité ». Ces 11 jeunes de Flers sont unanimes. Leur participation à la Coopérative jeunesse de services (CJS) est en train de changer leur perception du monde du travail.

Ce concept est né au Québec et est expérimenté en France depuis 2013. En Normandie, cette année, trois CJS se sont constituées à Flers, Avranches et Saint-Lô. C’est l’association Interactions qui pilote le projet. Les jeunes sont encadrés par deux animateurs.

Le principe ? Responsabiliser les jeunes de 16 à 18 ans qui ne trouvent pas forcément de travail en été, les former, et leur apprendre à travailler ensemble.
 

Des petits boulots


« Tout l’argent que nous gagnons, nous ne le devons qu’à nous même », sourit Tristan, 17 ans.  Car ils doivent démarcher leurs propres clients, faire des repérages, dresser des devis, puis mener à bien les services.

Ils peuvent tondre votre pelouse, promener votre chien, faire vos courses, laver vos vitres… Et comme dans une vraie entreprise, ils se sont organisés.

Ils ont trouvé un nom pour leur société - l’Entreprise professionnelle de jeunesse (EPJ) - élaboré des flyers, communiqué auprès des entreprises et des particuliers. Puis ils se sont répartis les rôles : comité exécutif, finance, RH, marketing.
 

Pas de gros salaires


Chacun fait sa part du boulot. « Ça m’a appris à coopérer avec les autres, à m’ouvrir », témoigne Yannick 16 ans. « C’est mieux qu’un job d’été », renchérit Fatih, 17 ans. Avant d’ajouter : « même si au niveau du salaire, c’est pas énorme ».

Car en effet, l’Etat prélève près de la moitié du chiffre d’affaire qui s’élève pour le moment à 700 euros. Une fois le partage effectué : cela ne représente que 30 euros par personne pour plus d’un mois de travail !

Pas de quoi entamer la motivation de ces jeunes bien dans leurs baskets. Leur but c’est avant tout de vivre une belle expérience.
 

Le reportage de Nicolas Corbard et Jean-Michel Guillaud :

 


Intervenants : Fatih Demirtas, 17 ans, Président de l'Entreprise Professionnelle de Jeunesse / Sinan Acar, animateur de la Coopérative Jeunesse de Services / Sylvie Errard, association Interactions, pilote du projet en Normandie / Matheo Clerembaux, 17 ans, comité marketing / Yannick Roland, 16 ans, trésorier de l'entreprise / Tristan Crétois, 17 ans, comité finances de l'entreprise






 

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