Flers : La maison des aidants, une structure pour reprendre son souffle

L'inauguration de la Maison des aidants aura lieu à Flers vendredi 18 octobre à 11 heures. / © France 3 Normandie
L'inauguration de la Maison des aidants aura lieu à Flers vendredi 18 octobre à 11 heures. / © France 3 Normandie

Partager la vie d’un malade est une lourde charge au quotidien mais s’en séparer pour la confier à un Ehpad est pour certains impensable. La maison des aidants, à Flers, propose une alternative.
 

Par Flore Caron avec Florent Turpin

Quand on vit à la maison avec une personne aidée, qui est atteinte d’une pathologie un peu lourde, on a besoin de souffler”, explique Jean-Louis Montembault, président de la maison des aidants. Cette résidence un peu particulière, qui a ouvert à Flers (Orne) il y a plus de deux mois, sera inaugurée vendredi 18 octobre à 11 heures. Le concept : accueillir des binômes aidant/aidé (souvent des couples) durant une ou plusieurs journées. De nombreuses activités sont proposées aux malades pendant que l’autre peut prendre un peu de répit.  Le projet est porté par l’Union nationale de l’aide à domicile (UNA) Bocage Ornais, dont Jean-Louis Montembault est également président. Un projet qui n'a coûté pas moins d’1,2 millions d’euros.  
 

Henri, très sportif jadis, est désormais atteint de la maladie d’Alzheimer. A la maison des aidants, il peut écouter de la musique et ainsi, faire travailler sa mémoire, mais aussi pratiquer le vélo elliptique. “C’est quelque chose que Henri faisait et que là il peut refaire en toute sécurité”, explique une des employées.  De quoi renouer l’espace de quelques heures avec sa vie d’avant et de permettre à sa femme Jacqueline de déléguer.


Une bulle d’air

Depuis l’ouverture, nous avons accueilli des aidants qui souhaitent souffler, qui souhaitent prendre un peu de bon temps, un peu de temps pour eux”, raconte le président de l’Una Bocage Ornais. Pour Jacqueline, c’est une aide essentielle. “Moi, c’est mon moment de répit parce que ça me permet de reprendre des activités que je faisais avant et que je ne pouvais plus faire du fait de la maladie de mon mari”, raconte-t-elle.

Hier, je suis allée visiter l’assemblée nationale. Sans la maison des aidants, ça aurait été inenvisageable,
Jacqueline, qui accompagne deux fois par semaine son mari Henri, atteint d’Alzheimer, à la Maison des aidants

Je refais des choses qu’on faisait ensemble avant : de la randonnée, du vélo, etc. Se réjouit-elle. On a été obligés de s’arrêter parce qu’on n’avait pas le choix.” La maladie de son mari a en effet bouleversé sa vie : “Le début a été extrêmement difficile. Ce n’est pas simple de se faire aider. Je pensais que j’allais m’en sortir et au bout de quelques mois je me suis retrouvée extrêmement fatiguée, complètement déprimée. La maison des aidants me fait un bien énorme. Maintenant je vais bien, affirme-t-elle.
 

« Une alternative entre l’EPHAD et le domicile »

Finalement, c’est un domicile qu’on propose”, explique le président. Un autre domicile, ponctuellement”. Trois chambres sont disponiles pour accueillir les malades mais aussi leur binôme, s'ils souaitent dormir sur place, et ce pour une ou plusieurs nuits, “par exemple pour que les gens puissent faire des travaux”, explique Jean-Louis Montembault. Et pas question de mettre plusieurs familles dans une même chambre. “Chacun reste sur son espace privé”, précise la direction. Dans la majorité des cas, seul le malade dort sur place.  “Nous construisions les week-ends en fonction du souhait des personnes, ajoute-t-il. Nous tenons compte de ce que qu'elles veulent faire, de leurs projets de vie, etc.

Et pour les aidés, ce n’est pas l’occasion de chômer, bien au contraire. “Nous avons des activités cognitives, explique l’une des employées. L’objectif est de rendre le séjour le plus dynamique possible et de permettre de maintien à domicile dans de bonnes conditions.”  Henri, quant à lui, apprend à se familiariser avec le personnel, qu’il côtoie deux fois par semaine et d’après lui “les gens sont sympathiques”.  Un cadre bienveillant et surtout familial : l’un des chevaux de bataille de la maison.“Le but de l’accueil de jour c’est que les patients soient ici comme chez eux et qu’ils se sentent à l’aise”, résume ainsi l’une des employées.
 

Des tarifs adaptés

Les tarifs peuvent paraître inabordables pour certains au premier abord (plus de 52 euros la journée) mais les patients peuvent bénéficier de plusieurs aides. Grâce à un partenaire privé, 9 euros sont d’emblée déduits de cette somme, quelle que soit la situation du malade. L’Allocation personnalisée d’autonomie (Apa) peut venir compléter cette aide. Son montant sera calculé en fonction du degré d’autonomie et des revenus du foyer, qui interviennent dans un second temps. Le minimum à charge est finalement de 18,73 et pour les 25 euros restants, c'est donc au cas par cas. La Prestation de Compensation du Handicap (PCH), peut venir se substituer à l’Apa pour les personnes de moins de 60 ans qui ne peuvent pas en bénéficier.

Concernant l’accueil sur plusieurs jours, la grille tarifaire est différente puisque il est subventionné par la région. Un tarif unique : le reste à charge est de quatre euros par heure d’accueil (assuré par une aide-soignante). Pour 36 heures (de 8 heures le samedi à 20h le dimanche par exemple), le tarif sera donc de 144 euros à la charge de la famille.  A cela, il faut ajouter les frais de restauration : un forfait de 20 euros par jour. 

Le prix, Jacqueline n’hésite pas à le payer et ce pour une simple et bonne raison : “C’est devenu vital. Pour nous deux. Henri progresse et moi je suis extrêmement détendue.
 

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