Un mystérieux message exhumé d'un grenier... 78 ans après la libération

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Une plaque de bois barrée d'une inscription remerciant "le Seigneur (...) de nous avoir libéré du Nazisme" a été retrouvée dans la remise d'une maison à Athis-de-l'Orne. D'où vient-elle ? Le musée de la libération de Berjou lance un appel à témoins.

C'est l'essence même de ce petit musée que de récupérer pour les exposer les petits trésors oubliés de la bataille de Normandie. Les années passent, mais la source n'est pas tarie. "Depuis deux ou trois ans, grâce au bouche-à-oreille, les gens nous apportent énormément de choses. Il y a quelques jours, une dame est venue avec un véhicule utilitaire rempli de matériel anglais, des bidons et des boîtes de ration", raconte Romain Bon, le fondateur de ce musée atypique : "On ne fait pas de brocante, pas de bourse, on n'achète pas sur internet. Nous n'exposons que ce qu'on nous donne. Et on veut pouvoir raconter l'histoire de chaque objet".

"Nous avoir libéré du Nazisme..."

Parfois, il faut savoir percer quelques énigmes. L'un des derniers dépôts est inattendu, unique et intrigant. Un habitant d'Athis-de-l'Orne est venu avec deux planches assemblées formant une longue pancarte. "Elle mesure quatre mètres !" L'inscription encore très lisible laisse supposer qu'elle date de la libération :

"NOUS AVOIR DELIVRÉ DU NAZISME

NOUS VOUS EN REMERCIONS SEIGNEUR"

"On suppose que cette pancarte avait été affichée dans une rue et qu'elle était décorée avec des fleurs de papier. Il y a encore des clous et des punaises dans le bois", observe Romain Bon. Pour le reste, tout n'est que mystère... D'où provient cette pancarte ? Qui l'avait confectionnée ? Où était-elle accrochée ? Impossible d'apporter la moindre réponse.

La plaque sera exposée dans le musée de Berjou

"Nous avons contacté les archives anglaises puisqu'on sait qu'un film a été tourné lors de la libération d'Athis-de-l'Orne. Peut-être que l'inscription apparaît sur une image ?"

Nous sommes à la recherche de témoignages, de photos ou de tout autre document qui permettraient de savoir qui a peint cette plaque.

Romain Bon

Musée de la libération de Berjou

L'équipe du musée en fait un affaire de principe : il n'est pas pensable d'exposer un objet dont elle ne saurait dire l'origine. "On peut vous raconter l'histoire de la moindre boîte d'allumettes, comment elle est arrivée ici et d'où elle vient. C'est ce qui fait l'âme du lieu et c'est ce qui fait que les gens reviennent". Quelque trois cent pièces sont exposées. Les vitrines sont régulièrement renouvelées tant les réserves comptent de vestiges qui attendent de pouvoir prendre la lumière.

La maison qui abrite la collection est en soi une pièce de musée. Des éclats d'obus sont encore fichés dans les murs. Ils disent la violence des combats qui se sont déroulés là au cours de l'été 1944. Le musée sera agrandi en 2023. La surface d'exposition sera doublée d'ici le 80e anniversaire du débarquement. "On pourra y exposer la plaque". Un objet long de quatre mètres nécessite il est vrai un peu d'espace...

Contact :musee.berjou@gmail.com

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