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Dans l'Orne, la première route solaire est “un échec” : elle va être déconstruite

Les graffeurs sont à l'oeuvre sur le parapet qui borde la route faite de panneaux solaires à Tourouvre (61).
Les graffeurs sont à l'oeuvre sur le parapet qui borde la route faite de panneaux solaires à Tourouvre (61).

Elle avait été inaugurée en grande pompe en 2016 en présence de la ministre de l'environnement, Ségolène Royal. Trois ans plus tard, la route solaire de Tourouvre est "un échec" en termes de production d'énergie selon le Département de l'Orne, qui annonce qu'elle va être "déconstruite". 

Par CM et AFP

C'était la première route solaire au monde et elle avait été installée dans l'Orne. Un kilomètre de la route départementale 5 avait été équipé de panneaux solaires collés sur la chaussée. Les 2.800 m2 de dalles aux allures de carrelage plastifié devaient permettre de produire l'équivalent de l'éclairage public d'une ville de 5.000 habitants, selon la direction de Wattway, le projet co-inventé par Colas et le CEA Tech. Mais trois ans après l'inauguration en grande pompe, le Conseil départemental de l'Orne tire un bilan mitigé de cette expérimentation.
 
L'échec de la première route solaire au monde

"Au fil du temps, on s'est rendu compte que sur un plan économique, financier, en terme de production d'électricité, c'était un échec", a déclaré Alain Pelleray, directeur de cabinet du président du conseil départemental.  Selon lui, de décembre 2016 à mars 2019, il y a eu une production de 229 MWh, alors que la production prévisionnelle tablait sur 642 MWh. "Concrètement, on comptait récupérer, de 2017 à début 2019, 22.000 euros et on en a récupéré 8.000 pour la vente d'électricité à EDF", a-t-il ajouté.
 

De nouveaux panneaux...sur une portion plus réduite

Outre ce "retour sur investissement" insuffisant, la collectivité évoque également une "usure rapide" des panneaux solaires sur lesquels les voitures roulaient, ce qui a entraîné une limitation à 70 km/h.  Ainsi, la route "va être déconstruite" d'ici la fin de l'année et la société Colas (filiale du groupe Bouygues) va remettre "des panneaux de nouvelle génération qui, parait-il, doivent fonctionner dans de meilleures conditions", cette fois-ci sur une portion réduite, longue de 400 m. 
    
"On n'a aucun regret, le département n'a engagé aucune dépense et nous sommes dans de la recherche appliquée. Et, en terme de notoriété, c'est bingo, on a des Coréens, des Chinois qui viennent, touristes et industriels", a plaidé M. Pelleray. Le Conseil départemental a par ailleurs voté à l'unanimité une participation de 100.000 euros pour l'installation à Tourouvre d'une sorte de site d'exposition en extérieur consacré à l'énergie solaire (passage piéton éclairé, abribus autonome...).
 

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