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La route solaire est ouverte dans l'Orne

© Jean-Yves Gélébart
© Jean-Yves Gélébart

Ségolène Royal était de nouveau en visite à Tourouvre, dans l'Orne, aujourd'hui. La ministre de l'environnement a inauguré le premier kilomètre de route solaire, construit par l'entreprise SNA., et en a profité pour annoncer un déploiement national de cette technologie.

Par D.F. avec AFP

Dans Tourouvre, on commence presque à s'habituer à être dans la lumière.

Déja venue en juillet pour visiter l'entreprise SNA de l'Orne, puis fin octobre pour inaugurer les travaux de la première route solaire, Ségolène Royal était de nouveau en visite aujourd'hui dans cette petite commune de 1.600 habitants, dans le Perche.
Cette fois, il s'agissait de marcher sur le premier tronçon, capable de produire de l'électricité.


Après le lancement des travaux en octobre, le premier kilomètre en fonctionnement de ce prototype de revêtement routier photovoltaïque a été raccordé au réseau électrique.

Désormais, les 2.000 automobilistes empruntant chaque jour la RD 5 pour sortir de Tourouvre rouleront pendant un kilomètre sur des panneaux solaires, collés sur la chaussée.
Ces 2.800 m2 de dalles aux allures de carrelage plastifié doivent permettre deproduire l'équivalent de l'éclairage public d'une ville de 5.000 habitants, selon
la direction de Wattway, le projet co-inventé par Colas et le CEA Tech. Elles sont fabriquées par la Scop SNA à Tourouvre.

"Ce nouvel usage de l'énergie solaire permet de profiter des grandes surfaces d'infrastructures routières, déjà utilisées aussi bien par les transports, voitures, vélos, piétons, pour produire de l'électricité sans mobiliser de foncier supplémentaire", s'est félicité le ministère dans un communiqué.
Selon le constructeur, 50 m² de dalles peuvent approvisionner un foyer entier en électricité.


Confiante dans cette technologie, Mme Royal a annoncé un "plan de déploiement national des routes solaires". Ce plan se traduira par le lancement d'un "appel d'offres innovation pour encourager le développement de technologies solaires innovantes". Cet appel d'offres fixera par ailleurs "les objectifs de production d'énergie solaire à partir de ces innovations".
Un plan d'expérimentation de route solaire sera mené par l'Etat sur le réseau routier national en 2017. Cette "première étape d'un programme de déploiement sur les 4 années à venir" se concrétisera par des aménagements nouveaux, notamment en Bretagne et dans le grand port de Marseille.

"C'est un prototype qui commence à intéresser au niveau international", a par ailleurs précisé la ministre relevant que les Chinois, les Africains, et notamment les Marocains, ont manifesté leur intérêt lors de la COP22 en novembre à Marrakech.
"C'est une idée de génie, on utilise un espace qui sert à autre chose et qui ne va pas consommer des terres agricoles dans les pays très peuplés", a-t-elle plaidé.

Ces 2.800 m2 de dalles aux allures de carrelage plastifié doivent permettre de produire l'équivalent de l'éclairage public d'une ville de 5.000 habitants, 


Le reportage de nos confrères de France 2,  Carole Guyon et Christian Fougère, avec l'interview de :
Johnny Clatot, ingénieur "Wattway"

France 2 : la route solaire

Le coût du kWh dépasserait ainsi 30 centimes d’euros


Sauf que le projet n'a pas que des partisans. D'abord parce qu'il coûte cinq millions d'euros, entièrement financé par l'Etat.
Ensuite parce que des panneaux à plats produisent malheureusement moins que s'ils sont inclinés, comme sur le toit des maisons... 

Olivier Appert, le président du conseil français de l'énergie a ainsi publié une tribune dans laquelle il demande "de redonner au paramètre coût l'importance qu'il a trop souvent perdue. Le coût du kWh dépasserait ainsi 30 centimes d’euros, ce qui correspondrait à un coût du mégawattheure de plus de 300 € [...]10 fois le prix de gros actuel, 7 fois le tarif ARENH (prix d’accès régulé à l’électricité nucléaire historique), 4 fois le coût de l'éolien terrestre, sans doute 3 fois le coût de l'EPR et même 1,5 fois le coût de l'éolien offshore !"

Le prototype va donc être observé avec attention pendant deux ans pour en vérifier l'usure, et donc le coût d'entretien, afin de s'assurer que les revêtements protègent suffisamment les cellules photovoltaïques du poids des voitures tout en apportant une adhérence aux roues des véhicules suffisante.
Il sera après temps de s'interroger sur les façons techniques et financières de procéder à un éventuel déploiement national.

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