Pâques : face au coronavirus, les chocolatiers s'organisent et vont au devant de leurs clients

En cette période de confinement, la chocolaterie Roussel à Dieppe livre ses clients à domicile pour sauver les fêtes de Pâques. / © Judikaelle Rousseau / France Télévisions
En cette période de confinement, la chocolaterie Roussel à Dieppe livre ses clients à domicile pour sauver les fêtes de Pâques. / © Judikaelle Rousseau / France Télévisions

Pour les fêtes de Pâques, les artisans-chocolatiers font avec les mesures de confinemen. Leur chiffre d'affaire annuel risquant d'être fortement touché, ils s'organisent et décident de livrer leurs clients à domicile.

Par Salima Zeggaï

Les amateurs de chocolat peuvent se réjouir. Malgré les consignes de confinement pour limiter la propagation du Covid-19, les oeufs de Pâques et petites fritures pourront, cette année encore, parsemer nos jardins. Car les restrictions permettent néanmoins aux chocolatiers de vendre leur stock de chocolat de Pâques. 


Livraisons plébiscitées

Dans la chocolaterie Roussel, à Dieppe (Seine-Maritime), les clients sont livrés à domicile tous les après-midi. Et les livreurs s'astreignent à respecter des règles sanitaires très strictes. Équipés de gants et de masques, "on reste à la barrière, on leur donne leur petit sac et on s'en va. Pour le payement, on leur demande de nous régler par carte bancaire, à distance. S'ils refusent, on leur demande un chèque ou l'appoint dans une enveloppe", explique la responsable Caroline Roussel.

La livraison s'effectue à partir de 20 € d'achats et dans un rayon de 20 kilomètres de Dieppe, pour "ne pas oublier les personnes isolées dans les campagnes", précise-t-elle. La boutique est quant à elle ouverte partiellement, entre 9 h et 13 h. 
 
Une création d'un artisan chocolatier normand (archives) / © France Télévisons
Une création d'un artisan chocolatier normand (archives) / © France Télévisons

D'autres chocolateries en Seine-Maritime, comme  à Rouen la renommée maison Beyer, ou à Fécamp la marque Hautot Chocolatier, livrent également leurs clients chez eux. 
  



Un bilan "catastrophique"

Craignant pour la santé de ses employés, Chloé Masse, une responsable des chocolateries artisanales Le Cacaotier, a renoncé à livrer à domicile. Et pour elle, le bilan de l'année 2020 s'annonce "catastrophique".

"Habituellement, on fait 25 % de notre chiffre d'affaire sur le mois de décembre - mais il y avait les grèves  - et 25 % à Pâques - mais nous sommes confinés. Là,  pour le mois d'avril, je pense qu'on ne dépassera pas les 2 à 3 %" se résigne Chloé Masse. Un coup dur pour sa trésorerie. 

Les trois chocolateries de l'artisan Hubert Masse ont dans un premier temps fermé et le personnel a été mis en chomage partiel. Depuis le samedi 28 mars, certaines de leurs boutiques ont rouvert, seulement "sur la base du volontariat. Mais les gens ne viennent pas", regrette-t-elle.

Les grandes enseignes de chocolat aussi souffrent de cette période. La boutique de Neuville, à Grand-Quevilly (Seine-Maritime) a rouvert le jeudi 26 mars 2020, après 10 jours de fermeture. Ici aussi, les clients se font rare. Alors pour attirer les clients, la boutique a décidé de proposer des réductions.

"Ce qui m'embête c'est qu'on a beaucoup travaillé en amont. On avait commencé les confections des sachets et des moulages. Ça fait mal d'arriver en magasin et de voir que tout ce qu'on a fait aura beaucoup de mal à partir", déplore la responsable de la boutique, Florence Dumouchel. "Peut-être qu'on en mangera jusqu'en juillet", ironise-t-elle. 
 
© CM
© CM
 

Une carte 

Pour mieux guider le consommateur, la chambre des métiers et de l'artisanat de Normnadie a publié une carte interactive de localisation des artisans normands, dont les chocolatiers : 
 

Toute la Normandie touchée 

Et le constat est le même un peu partout en Normandie. 

Dans l'Orne par exemple, à Alençon aussi, un artisan chocolatier essaye coûte que coûte lui aussi de s'organiser autrement pour limiter la casse.

Chez Sébastien Roustin, gérant de la chocolaterie Glatigny à Alençon, la production a été réduite de 30 %, et une partie de ses salariés est en chômage partiel.
La période de Pâques représente pourtant d'ordinaire pour ce chocolatier environ 30 % de son chiffre d'affaire de l'année.

"Mais le confinement a fait fondre toutes les prévisions. La fréquentation en magasin est passée de 200 clients à une trentaine de personnes par jour." 

Alors, il tente de s'adapter et trouve de nouvelles solutions.
Désormais, ses clients passent commande sur internet et viennent ensuite chercher leurs chocolats, mais uniquement sur rendez-vous. 

Des livraisons gratuites autour d'Alençon sont aussi proposées

 
Les chocolatiers d'Alençon inquiets


Alors, en ces temps de confinement, ne négligeons surtout pas les vertus thérapeutiques du chocolat pour nous remonter le moral !
 

A lire aussi

Sur le même sujet

Les + Lus