Les pêcheurs normands inquiets à l'approche du Brexit

L'ouverture de la pêche à la coquille Saint Jacques approche. Comment va-t-elle se passer, à 3 mois de la sortie de l'Angleterre de l'Europe ? Dilitri Rogoff, Sébastien Jumel et Jean Bizet sont les invités de Franck Besnier sur le plateau de Dimanche en politique pour en débattre.

 Le 1er Janvier prochain, l’Angleterre sortira définitivement de l’Union Européenne. En cas de retrait sans accord, scénario aujourd’hui pris très au sérieux, les Britanniques bloqueraient l'accès à leurs eaux, les plus poissonneuses d'Europe avec des conséquences pour plus de 300 bateaux normands.
           
 Sur les quais de Port en Bessin, dans le Calvados, les rivalités avec les britanniques alimentent les discussions à quelques jours de l’ouverture de la campagne de pêche à la coquille St Jacques. « Pour l’instant, c’est calme, les pêcheurs anglais ne sont pas arrivés mais on les attend » déclare Jonathan Marie, un des patron-pêcheur de Port en Bessin qui se souvient de ces affrontements en mer à l’été 2018, quelques jours avant l’ouverture de la saison de la coquille.
 


Un No Deal aurait de lourdes conséquences pour les marins normands

Ce sont 300 à 400 bateaux qui chaque semaine quittent les ports normands pour aller pêcher dans les eaux anglaises, réalisant jusqu’à 80% de leurs quotas. "Une interdiction d’accéder à ces zones mettrait en difficulté notre flotille de bateaux hauturiers et toute la filière" reconnaît Dimitri Rogoff, le président du Comité régional des pêches qui ajoute "Je crains même qu’il y ait une pénurie de poissons débarqués et que l’on soit obligés d’importer pour satisfaire le marché et les consommateurs."
 

Les Britanniques vont-ils autoriser l’accès à certaines zones sous condition ?

Autre scénario à l’étude, l’ouverture de certaines zones aux pêcheurs aux Français en échange de pouvoir continuer à débarquer le poisson britannique dans les ports français, Cherbourg et Granville essentiellement. Des zones où les Britanniques fixeraient les règles sur les quotas, le matériel, la taille des navires. Pour Dimitri Rogoff « Il s’agirait de nous parquer dans des secteurs plus ou moins protégés où l’on ne peut pas faire ce que l’on veut ».

Les négociations se poursuivent à Bruxelles et des propositions devraient être élaborées à la date du 15 octobre « Les pêcheurs anglais ont plus à perdre que nous » estime-t-on à Port en Bessin où l’on espère que la coquille St Jacques sera au rendez-vous à partir de ce jeudi 1er octobre, date de l’ouverture de la saison.


Pour débattre de toutes ces incertitudes, Franck Besnier reçoit sur le plateau de Dimanche en politique :
Dimitri Rogoff, président du Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins de Normandie
Jean Bizet, sénateur Les Republicains - président de la Commission des affaires européennes au Sénat
Sébastien Jumel, député PCF de Seine-Maritime, en charge d'une mission parlementaire sur la pêche
 
Dimanche en politique L'avenir de la pêche en Normandie 25 septembre 2020 - video You Tube ©France 3 Normandie

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