Coronavirus : les usines normandes de Renault en reprise partielle

Ils n'auront pas attendu le 11 mai. A Cléon, comme à Sandouville, les employés des 2 usines seino-marines de Renault ont déjà repris le travail. Mais de manière très partielle et avec de nouvelles procédures très strictes qui bouleversent les chaines de production.  

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Il était aux environs de 5 heures ce mardi matin 28 avril, quand les premières équipes sont arrivées aux grilles de l'usine Renault à Sandouville. En l'espace de 25 minutes, près de 800 salariés sur les 1600 d'ordinaire affectés à la production, sont ainsi rentrés dans l'enceinte. 
 
les premiers salariés pour la reprise dans l'usine Renault à Sandouville
les premiers salariés pour la reprise dans l'usine Renault à Sandouville © Miguel Vidal


Des espaces de travail réadaptés et protégés 


Sur place, ils ont aussitôt pu découvrir de nouveaux espaces de travail, réadaptés et organisés différemment, de manière à respecter au mieux les mesures sanitaires imposées par le gouvernement dans le cadre de la lutte contre le Covid 19. 

Trajets fléchés au sol pour éviter les croisements entre les personnes, distances de sécurité imposées entres les postes de travail, masques FFP2 et visières en plexiglas obligatoires pour les opérateurs qui sont contraints par les machines d'être à moins d'un mètre de distance..
Ces règles sont strictes et elles vont imposer des nouvelles méthodes de travail. 

Pourtant, à ce stade, pas trop d'inquiétude à signaler coté syndicats, mais plutôt de l'appréhension, comme pour Fabien Gloagen, délégué syndical Force Ouvrière :

Pour nous, c'est comme une rentrée des classes, un vrai saut dans l'inconnu, tout a changé ! Il va falloir s'adapter et ça risque d'être un peu compliqué au début ! Aujourd'hui, nous sommes en formation découverte et sensibilisation de tous ces nouveaux procédés et on verra au fur et à mesure comment réagissent les salariés !


Il faut dire que tout a été pensé pour rassurer un maximum. Chaque salarié s'est vu remettre un kit avec du gel hydroalcoolique, des lingettes et 4 masques par jour et par salarié.  
 
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Désormais, plus aucune fontaine à eau ne sera non plus accessible dans l'usine, et chaque salarié disposera d'une bouteille d'eau d'1,5 litres par jour. 
 

Une seule équipe par jour pour un retour très progressif 


Sur le site de Sandouville, une seule des 2 équipes par jour est donc programmée. Un retour au rythme "normal"  ne pourra être que progressif et ne serait pas envisagé avant plusieurs semaines. 

Comme prévu, tous ces dispositifs seront obligatoires et maintenus jusqu'à nouvel ordre. Et ces consignes de protection maximum sont bien sûr valables aussi pour le site de Cléon. 
 

Des salariés de retour aussi sur l'usine de Cléon, mais uniquement pour préparer la reprise


Sur place, un premier retour timide s'est en réalité déroulé dès vendredi 24 avril, pour reprendre progressivement la fabrication de moteurs et boites de vitesse.

Direction et représentants du personnel ont enchainé les réunions pour baliser le retour au travail en toute sécurité.
Depuis, les salariés y reviennent au compte goutte, au fur et à mesure, sur des horaires aménagés pour ne pas prendre de repas sur le site.

Quant aux nouveaux équipements de protections sur les chaines de production, une visite a été organisée ce vendredi pour en faire le tour et donner les explications nécessaires, notamment aux délégués syndicaux.

Le secrétaire CGT de Renault Cleon a pu y assister et il est plutôt rassuré : 

Les salles de pauses ont été limitées d'accès en nombre de personnes, des cloisons et des fléchages au sol ont été installés. Cela se met un peu en place sur l'ensemble de l'usine. 
Seules 300 personnes sont pour l'instant présentes et ça va monter progressivement. Mais nous, on insiste lourdement pour ne pas amener une masse de salariés trop importante sur site avant le 11 mai, on est encore en ce moment dans l'anticipation !

 

 

itw Willliam Audoux, Secrétaire, CGT Renault Cléon ©France 3 Normandie


 Au global, cette reprise partielle dans les deux usines normandes du groupe intervient après plusieurs semaines de préparation avec la médecine du travail pour mettre au point ce protocole complexe, en dialogue avec les organisations syndicales.
 


 
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