EPR et éoliennes : réactions en Seine-Maritime après les annonces d'Emmanuel Macron

Même si le président de la République n'a pas cité les lieux d'implantation des futurs centres de production d'électricité, la centrale EDF de Penly, près de Dieppe (Seine-Maritime) est en première ligne pour deux EPR.

C'est le 10 février 2022, deux mois avant le premier tour de l'élection présidentielle, qu'Emmanuel Macron a présenté un grand plan pour le développement de l'énergie avec la relance du nucléaire et des parcs éoliens en mer.      

De nouveaux réacteurs EPR

Avec la relance de la production d'électricité d'origine nucléaire, le président de la République a demandé à EDF la construction de six réacteurs de nouvelle génération de type EPR2, pour une première mise en service à l'horizon 2035. Autre annonce : l'étude de huit EPR2 supplémentaires pour la fin de la décennie 2040.     

"Concrètement, nous allons engager dès les semaines à venir les chantiers préparatoires (…) avec des financements publics massifs de plusieurs dizaines de milliards d'euros [pour] sécuriser la situation financière d'EDF"

Emmanuel Macron, le 10 février 2022

Penly près de Dieppe

Le site de la centrale nucléaire EDF de Penly (Seine-Maritime) sera l'un des premiers en France concernés par le plan de relance annoncé par Emmanuel Macron. Pour les six prochains EPR 2, d'un coût estimé à une cinquantaine de milliards, EDF propose (selon l'AFP) de les construire par paire.

Le site de Penly est donc prêt puisqu'à la fin des années 70, le projet de centrale prévoyait, comme à Paluel, quatre tranches. Finalement, deux seulement ont été construites, ce qui laisse donc la place nécessaire aux deux futurs EPR.      

Depuis plusieurs mois, élus locaux et acteurs économiques s'étaient mobilisés en faveur de ce projet d'EPR.       
En novembre 2021, EDF avait ensuite confirmé que le site de Penly était retenu pour une future implantation d'EPR. 

Satisfaction des élus de Seine-Maritime

Après l'annonce du plan de relance nucléaire d'Emmanuel Macron, Bertrand Bellanger, le président du conseil départemental de la Seine-Maritime, a réagi de façon positive : "Je me réjouis de cette annonce qui s’inscrit dans l’histoire industrielle de la France (…) Site candidat et premier choix d’EDF, Penly est prêt à accueillir les deux premières tranches d’EPR et je réaffirme avec force que la Seine-Maritime est une terre d’énergies !"         

"Je conclurai en rappelant que la réussite de l’implantation des deux tranches supplémentaires d’EPR à Penly ne pourra se faire que si le groupe EDF s’implique pleinement dans un projet en faveur du territoire (…) Le Département prendra sa part dans le cadre de ses compétences en matière d’infrastructures routières et portuaires, de logement ou encore d’insertion professionnelle. Je souhaite qu’EDF soit fortement à nos côtés pour contribuer à ces aménagements et à ce qu’ils profitent aux habitants de la Seine-Maritime."

A Dieppe, le député (PCF) Sébastien Jumel, défenseur du projet d'EPR à Penly, a lui aussi exprimé sa satisfaction :
"Annonces connues et attendues de Macron sur les EPR ? A Penly, on y travaille déjà. Elles doivent être assorties de garanties: maîtrise publique, énergie pour tous, intégrité d’EDF et capacité à investir dans des projets sûrs, exemplaires profitant aux territoires."  

Eolien en mer contesté

Si l'arrivée d'EPR à Penly est bien acceptée sur le littoral de la Seine-Maritime, ce n'est pas le cas des projets de parcs éoliens en mer. On connaissait déjà l'hostilité exprimée au Tréport, notamment par les pêcheurs, concernant le  projet d'un parc de 62 éoliennes lancé en 2014.

En plus de la relance du nucléaire, Emmanuel Macron a annoncé, qu'en attendant, l'éolien allait se développer :
"Construire un nouveau réacteur nucléaire ce n'est pas avant 15 ans: on a donc besoin des énergies renouvelables tout de suite", a expliqué le président de la République qui veut rapidement équiper la France d'une cinquantaine de parcs éoliens en mer pour "viser 40 gigawatts en service en 2050".    

Une annonce critiquée par le député (PCF) Sébastien Jumel qui estime que l" "horizon maritime [sera] couvert d’une forêt de mâts dont l’implantation va ravager le milieu et entraver la pêche artisanale déjà fragilisée par le Brexit et l’UE."      

Sur Twitter, Hervé Morin, président (Les Centristes) du conseil régional de Normandie commente lui aussi l'annonce d'Emmanuel Macron :
"50 parcs d’éoliennes en mer supplémentaires, c’est complètement irréaliste. Quelle place pour les pêcheurs ? La priorité, c’est d’abord la prolongation du parc nucléaire existant. C’est ce qui coûte le moins cher."        

Le 11 février 2022, au lendemain des annonces du président de la République, EDF Renouvelables organisait au port du  Havre une visite du chantier de construction des fondations des éoliennes du futur parc offshore de Fécamp, dont la mise en service est prévue en 2023.  

L'occasion pour EDF Renouvelables de préciser que plus de mille emplois étaient mobilisés en Normandie.