Formule 1 : dans les coulisses d'Alpine, l'écurie automobile 100 % normande

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Dans les coulisses de l'écurie Alpine F1 avec Esteban Ocon - épisode 1 ©France 3 Normandie

La Normandie, terre de Formule 1 ? Deux pilotes : Pierre Gasly de Bois-Guillaume et Esteban Ocon, l'Ebroïcien nés en 1996 à quelques kilomètres l'un de l'autre, sont chargés de faire briller Alpine sur les circuits, mais toute une fourmilière d'ultra-spécialistes les accompagne.

"Deux pilotes en Formule 1, dans une écurie française et normande, ça tient du miracle !", s'exclame Didier Blot, ancien entraîneur d'Esteban Ocon et Pierre Gasly. Ce dernier vient de rejoindre son ancien camarade et compétiteur chez Alpine. L'écurie ne cache pas ses ambitions grâce à ce duo gagnant pour l'avenir et la saison prochaine. En attendant le retour sur les pistes, nous avons pu pénétrer au sein de l'équipe à Dieppe, mais également en Angleterre et en région parisienne, où des ultra-spécialistes effectuent un travail d'orfèvre.

La Formule 1 est le sport mécanique le plus populaire du monde. Seule une poignée de constructeurs et de pilotes peuvent entrer dans le cercle très fermé de la F1 et écrire son histoire. Depuis peu, la belle histoire de la F1 est normande avec Pierre Gasly le natif de Bois-Guillaume près de Rouen et Esteban Ocon l'Ebroïcien tous deux nés la même année. Les deux pilotes sont les poulains d'Alpine sur les circuits. Depuis 2021, la marque dieppoise du groupe Renault est devenue l’étendard sportif du géant français. Cette écurie à l’ADN 100 % normand nous a exceptionnellement ouvert ses portes…

Gasly et Ocon : des frères de gomme

Il était une fois...Esteban Ocon originaire d'Evreux, et Pierre Gasly le Rouennais… Deux petits Normands tombés ensemble dans le chaudron de la course automobile... Tout d'abord roues dans roues, à bord de leur kart, ils vont grimper les échelons... et finir sur des podiums. Même s'ils se sont parfois un peu éloignés, traçant chacun sa carrière, "ils sont incroyablement similaires et performants dans un monoplace", selon Laurent Rossi, PDG d'Alpine. L’heure est désormais aux retrouvailles sous les couleurs d’Alpine. La suite de l'histoire reste à écrire…

L'an dernier, Esteban Ocon est arrivé 8ᵉ et Pierre Gasly 14ème au classement général. Cette nouvelle saison, le premier grand prix se déroulera le 5 mars 2023 à Bahreïn. C'est sous la même bannière que les frères de piste s'élanceront à bord de leurs bolides high-tech. Alpine ne cache pas son ambition. Elle s’est donnée 100 grands prix pour prétendre au titre suprême…Rêvons qu'à l’horizon 2025 une écurie totalement française pourrait trôner sur la F1... Mais cette jolie façade n'est que la face d'une médaille de l'écurie prestigieuse, ils sont nombreux les autres membres de l'équipe qui oeuvrent en France mais aussi de l'autre côté de la Manche...

Enstone, la Silicon Valley de la Formule 1

L'équipe est tricolore certes, mais le savoir-faire se situe en grande partie outre-Manche, et plus précisément à Enstone, petite ville de l’Oxforshire. Cette campagne paisible accueille la majorité des usines des écuries de l’élite dont celle d’Alpine. C’est ici que les châssis sont mis au point et que les pilotes préparent leurs courses. Esteban Ocon profite d'ailleurs d'une séance au sein d'un simulateur ultra-réaliste pour préparer le prochain grand prix. Cette pièce très confidentielle est essentielle pour les ingénieurs toujours en quête du réglage parfait. 

Grâce à des données accumulées, on est capable de reproduire précisément dans le simulateur ce qu'on observe sur la piste

Josh Peckett, Ingénieur de course d'Esteban Ocon

Pour Ocon, "la meilleure préparation, c'est de faire le plus de kilomètres possibles dans le simulateur avant les essais libres, pour tester aussi bien le pilote que l'équipe technique". Laurent Rossi, PDG d'Alpine surnomme les pilotes les "directeurs de pilotage", "ils ne se contentent pas d'être au volant et passer la ligne, mais donnent un constant retour d'information sur la performance de la monoplace."

Le volant, un condensé de technologies d’une valeur de 40 000 euros

Dans le centre technique d’Enstone, 800 collaborateurs d’une vingtaine de nationalités sont à pied d’œuvre pour concevoir, développer et fabriquer le châssis des deux formules 1 de l’écurie Alpine. Le site produit chaque année les 25.000 pièces nécessaires pour constituer une monoplace. Chaque détail compte pour gagner quelques centièmes de secondes, à l’image du volant, véritable ordinateur de bord des pilotes.

Si le pilote est à l'aise avec le volant,  on peut avoir l’espoir de faire un très bon départ

Sam Merry, technicien électronique chez Alpine F1 team 

Aérodynamisme, poids, résistance sont au cœur des préoccupations des équipes Alpine. Mais la performance s’applique aussi à la sécurité qui reste une priorité pour la fédération et les constructeurs depuis 1994 et la mort d’Ayrton Senna. Les robots dernières générations n’ont pas éclipsé la main de l’homme. Le savoir-faire et les marteaux restent indispensables pour façonner des pièces uniques. Cet incroyable travail d'équipe, Esteban Ocon en a bien conscience lorsqu'il nous confie : "on ne peut pas décevoir, il faut faire briller toutes ces personnes qui nous offrent cette belle arme". L'autre pièce maîtresse des bolides, c'est bien sûr le moteur ! Et là, il faut revenir chez nous.

Le moteur, au cœur du bolide

C'est en France à Viry-Chatillon, en région parisienne, que notre équipe a découvert l'autre haut-lieu de conception dédié à la performance de l’écurie Alpine. 400 personnes y travaillent à l’élaboration des moteurs des voitures F1. L’usine produit une cinquantaine de moteurs F1 par an. Selon la réglementation de la Fédération internationale de l’automobile, 3 seulement pourront être utilisés sur chaque voiture de l’écurie pour réaliser l’ensemble des grands prix d’une saison. Les motoristes mènent désormais une nouvelle course : celle de l’endurance….

Un moteur de Formule 1 doit faire au moins autant de kms qu'un moteur qui gagne les 24 heures du Mans

Bruno Famin, directeur exécutif de l'usine Alpine de Viry-Châtillon

Pour tenir au moins 6 000 km par saison à haute intensité, les moteurs sont analysés avant, pendant et après chaque course. L’usine dispose de plusieurs types de banc d’essais qui permettent de valider sa résistance dans des conditions de froid, de pluie, de chaleur. "Parfois, on recasse les pièces pour comprendre ce qui s'est passé et trouver des solutions", nous confie Benjamin Bruel, ingénieur d'essais. Ces concentrés de technologie peuvent porter une F1 à plus de 350Km/h. Le moteur d’1,6 litre n’est pourtant par plus grand que celui d’une petite berline, mais est capable de délivrer 1000 chevaux.

4ᵉ du classement constructeur en 2022, Alpine mise dorénavant sur ses 2 pilotes français pour franchir un nouveau palier. Le 16 février prochain, Alpine dévoilera à Londres sa monoplace pour 2023 : l'A523. Encore un peu de patience.....

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