L'étonnante réapparition d'une statue volée il y a plus de cinquante ans

La ville de Montivilliers (Seine-Maritime) a retrouvé aujourd'hui un albâtre datant du 14ᵉ siècle appartenant à l'église Saint-Sauveur. L'objet avait été dérobé en 1968. Il a fait sa réapparition près de 50 ans plus lors d'une vente aux enchères parisienne.

C'est une réapparition inespérée. Après s'être volatilisé dans la nature, un joyau historique était enfin de retour mardi 6 février 2024 dans sa ville natale à Montivilliers, près du Havre. 

Un retour très attendu, après avoir disparu plus de 50 ans

"C'est un vrai bonheur de pouvoir retrouver une pièce du quinzième siècle, volée en 1968, retrouvée en 2016 et qui en 2024 retrouve la ville de Montivilliers. La boucle est bouclée !", se réjouit Jérôme Dubost, maire de Montivilliers (PS).

"La résurrection du Chris" est un bas-relief unique datant du Moyen Âge, le seul à avoir été récupéré intact. Aujourd'hui encore, on y aperçoit la précision du travail de relief.

"Leur qualité est grande. La délicatesse de l'exécution... L'œuvre est à la fois sculptée avec une science de la représentation des visages, de l'expressivité des figures. Mais en plus, c'est une œuvre peinte. On voit très bien le jardin ou le sol, le tombeau qui est peint de fleurs", nous montre Vincent Simonet
Conservateur des monuments historiques de la Seine-Maritime.

Volée en 1968

C'est au sein de la cité des Abbesses, dans l'église Saint-Sauveur, que le vol a eu lieu. Dans la nuit du 17 au 18 mars 1968, deux hommes avaient dérobé les sculptures ainsi que trois tableaux de valeur, sans même se faire remarquer. 

"Lorsque l'abée Thomas arrive pour ouvrir l'église, il se rend compte que des pièces ont disparu, notamment les onze albâtres et trois tableaux qui se sont volatilisés", raconte Lia Ropiquet, chargée de promotion au service culturel de Montivilliers.

Retrouvé dans une vente aux enchères

Si les voleurs n'ont jamais été retrouvés, le bas-relief a été reconnu en 2016 dans une salle de ventes aux enchères parisienne. "Le ministre de la Culture inspecte les catalogues. Comme les pièces étaient classées, ils ont trouvé un numéro d'inventaire qui correspondait", poursuit Lia Ropiquet. "C'est ainsi qu'ils ont pu retracer l'historique de cette œuvre." 

Le bas-relief est immédiatement saisi, depuis il était resté entreposé au ministère de la Culture à Paris. Les œuvres étant classées, une enquête menée par Interpol est toujours en cours afin de retrouver les huit pièces manquantes.

Le bas-relief est exposé à la bibliothèque de Montivilliers jusqu'au 24 février. Il rejoindra ensuite le fond patrimonial.