Normandie : plus de 100 000 résidents, logements et emplois concernés par le risque de submersion marine

Avec 640 km de bordure littorale, la Normandie se trouve exposée aux aléas naturels, dont la submersion marine. Plus de 100 000 résidents, logements et emplois sont concernés par ces inondations temporaires, selon une étude de l'INSEE parue ce lundi 7 décembre.
Illustration. La submersion marine peut se produire par débordement, franchissement ou par rupture du système de protection dans le cordon littoral.
Illustration. La submersion marine peut se produire par débordement, franchissement ou par rupture du système de protection dans le cordon littoral. © Nicolas Mollo/AFP
Pas moins de 100 000 résidents, logements et emplois sont menacés par la submersion marine en Normandie, selon une étude de l'INSEE publiée ce lundi 7 décembre. Le changement climatique devrait intensifier les aléas marins au cours des prochaines années. Une partie du territoire serait en proie à ces inondations temporaires.

Pour mieux comprendre l'étude de l'INSEE, il faut avant tout définir les submersions marines. "La submersion marine est une inondation temporaire de la zone côtière par la mer dans des conditions météorologiques et/ou de marée défavorables. Elle peut se produire par débordement (le niveau marin dépasse la cote de crête des ouvrages ou du terrain naturel), par franchissement (après un déferlement de la houle, les paquets de mer dépassent la cote de crête des ouvrages ou du terrain naturel) ou par rupture du système de protection", explique le document. En 2010, la tempête Xynthia avait causé la mort de 47 personnes et les submersions marines avaient également causé de nombreux dégâts matériels.

Des terres agricoles et des habitations menacées

La Normandie et ses 640 km de littoral, auxquels il faut ajouter 160 km de méandres de la Seine, serait exposée de plein fouet : "La portion du territoire sujette au risque de submersion marine représente 1 000 km2, soit 3,5 % de la superficie régionale."

En tout, 428 communes près du littoral et de l'estuaire de la Seine seraient concernées. Ce sont surtout les terres agricoles ou naturelles qui sont les plus menacées avec 86 % des "zones potentiellement sous le niveau marin" (ZPNM). Le reste concerne les espaces résidentiels ou économiques. Mais là encore les enjeux sont importants : 111 000 logements et 122 000 Normands se trouvent dans ces "ZPNM".
 
© IGN /INSEE - 2020
"Deux tiers des logements dans l’estuaire de la Seine-aval se trouvent d’ores et déjà sous le niveau marin centennal. Ce territoire rassemble 54 000 emplois en ZPNM, près de la moitié des emplois salariés exposés de la région", poursuit l'étude. La commune du Havre concentre une grande partie de ces enjeux. La Côte d'Albâtre et la Baie des Veys également, dans une moindre mesure.  

Des territoires qui coûtent chers

La valeur totale du parc immobilier menacé par ces montées des eaux est estimée à plus de 20 milliards d’euros. Si les terres agricoles représentent une large partie de ces ZPNM, de nombreuses entreprises de la région restent exposées comme le Grand Port Maritime du Havre, Renault à Sandouville, raffinerie Total et Safran Nacelles à Gonfrevillel’Orcher pour la partie aval de l'estuaire de la Saine ;  la raffinerie Esso et Exxonmobil Chemical à Port-Jérôme, Sanofi Winthrop Industrie et Flexi France au Trait pour la partie amont.

Renault Trucks à Blainville-sur-Orne, qui compte plus de 1 000 salariés, fait également partie de ces territoires, comme la Baie du Mont Saint-Michel. "Au-delà de l’économie locale, c’est ainsi l’ensemble de l’économie normande qui serait affectée dans la mesure où les ZPNM abritent un emploi salarié normand sur dix et des établissements qui contribuent à 15 % de la richesse dégagée régionale", conclut l'étude.
 
 
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