Témoignage. Comment vivre avec l’autisme ? Anaëlle, 21 ans, livre son quotidien dans une BD

Publié le Écrit par Emma Stenfeld

Comment vivre avec l'autisme ? Comment soutenir et comprendre un proche atteint de ce trouble ? Pour répondre à ces questions, Anaëlle, une jeune havraise de 21 ans, vient de publier son premier livre illustré sur le sujet. Elle-même atteinte d'autisme modéré, raconte son quotidien et expose ses solutions. Témoignage.

Anaëlle a 21 ans. Elle aime dessiner, lire et ses trois petites chattes, Yuki, Jolie et Saya. Le 27 avril 2023, elle est diagnostiquée du trouble du spectre de l'autisme.

Lassée de ne pas trouver dans les livres ce qu'est ce trouble souvent incompris, elle décide de le faire elle-même, pour aider les autres. Le 2 mai 2024, un an après, elle sort une BD "Le guide ultime de l'autisme" sous son pseudo "Piranhate".

Si j'ai écris ce livre, c'est parce que je voulais faire un objet que je n'avais pas trouvé auparavant.

Anaëlle

Une BD pour comprendre une personne autiste

"J'avais beaucoup de mal à me reconnaître dans les livres, à comprendre le quotidien d'une personne autiste", confie Anaëlle. Depuis toute petite, sa passion, c'est le dessin. Elle savait déjà que plus tard, elle voudrait faire de l'illustration jeunesse.

"Avant mon diagnostic, j'avais commencé une BD sur 'qu'est-ce que l'autisme ?' Le jour où on m'a posé le diagnostic, j'y suis allée avec mes planches pour demander au médecin si j'avais raison."  

Puis, tout s'est enchaîné. "J'ai commencé à poster sur les réseaux sociaux pour avoir des retours des gens, et je me suis dit, pourquoi pas en faire un livre."

"J'ai aussi eu du mal à expliquer à ma famille ce qu'était l'autisme et mes difficultés au quotidien" , témoigne la Havraise. Alors plutôt que de le faire avec des mots, elle l'a fait en images. Elle a créé ce livre pour aider à comprendre comment les personnes autistes voient le monde. 

Des symptômes qui varient d'une personne à l'autre

Un livre qui permet de mieux comprendre et d'accepter les différences de chacun. "Je voulais que ça touche le plus de personnes possible, celles qui n'y connaissent rien mais aussi celles touchées par ce trouble qui peuvent potentiellement trouver des solutions."

Les symptômes des personnes autistes peuvent varier d'une personne à l'autre. Pour Anaëlle, cela se traduit surtout par de l'hypersensibilité des bruits ou de la lumière. "J'ai essayé le plus possible d'expliquer mon quotidien à moi dans ce livre. Mes hypersensibilités sensorielles, je les explique, mais je dis aussi qu'il y a des personnes hyposensibles."

Un mode de vie différent

Vivre dans la pénombre, avec une lumière tamisée… C'est le quotidien de la jeune Havraise, hypersensible à la lumière et au bruit. "J'ai besoin d'une ambiance tamisée, trop de lumière ça me fait mal aux yeux et ça me donne mal à la tête."

Un mode de vie auquel son compagnon, Charles, qui partage sa vie depuis sept ans a dû s'adapter. "Le diagnostic a apporté un côté un peu logique à son attitude. Telle cause aura telle réaction sur elle, donc si on fait l'effort de comprendre, ça devient simple", rassure Charles.

Mais il a quand même fallu quelques adaptations."Le plus compliqué ça a été pour la cuisine. Moi j'ai peur de tout ce qui est le feu et la chaleur, alors c'est lui qui cuisine, et très bien en plus donc c'est parfait !", s'amuse Anaëlle. 

Un compagnon à l'écoute

Charles a appris à la connaître dans ses périodes de crise. "Quand elle est en période de meltdown ou de shutdown, le mieux que je puisse faire c'est ne pas poser de question. Généralement je m'assois à côté d'elle, j'essaie de la rassurer en lui touchant un peu l'épaule. Il faut lui parler calmement. Des fois elle me demande de la laisser tranquille." 

Quand on sort et qu'elle commence une crise, je dois parfois la prendre fort dans mes bras pour l'isoler du bruit et de la lumière. 

Charles, compagnon d'Anaëlle

Leur complicité a permis à Charles de repérer le moment où la crise arrive. "Il y a parfois des stimuli, parfois elle commence à bouger ou à se frotter l'oreille. Là je comprends qu'elle est dans une situation qui la gêne énormément. Plus ça va, plus elle se gratte, ça peut aller parfois très loin et là je comprends que je dois l'isoler parce qu'elle a besoin de se calmer."

"C'est pour ça qu'il est primordial d'expliquer aux proches comment agir en cas de crise, renchérit la Normande. Sans ce soutien, ça peut vite être très compliqué. Avoir quelqu'un qui est calme, qui sait ce qui peut arriver et comment gérer, ça peut permettre d'anticiper et de nous guider pendant la crise." 

Chacun son rythme, pour mieux vivre avec l’autisme. Anaëlle semble quant à elle avoir trouvé sa voie : elle sera illustratrice de livres pour enfants.

Avec Eléa Morel

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