“J’ai pu acheter la tringle, mais pas le rideau” : l'incohérence dans les magasins de bricolage

Dans les magasins de bricolage, difficile de s'y retrouver parmi les articles autorisés à la vente. Certaines règles n'ont parfois aucun sens. Reportage.

Dans les magasins de bricolage, difficile de s'y retrouver parmi les articles autorisés à la vente.
Dans les magasins de bricolage, difficile de s'y retrouver parmi les articles autorisés à la vente. © A.Pointel / France Télévisions

La tringle oui, le rideau non. Les ampoules autorisées, le luminaire non. Drôle de constat lorsque nous passons en caisse au magasin Castorama à Barentin (Seine-Maritime). “C’est la liste du gouvernement malheureusement, mais je suis d’accord que ça n’a pas de sens”, nous confie une employée du magasin. “Pour la salle de bain c’est pareil, on peut acheter le lavabo, le miroir, mais pas le meuble qui va avec. Allez, un peu de patience, plus que 10 jours !”, nous lance-t-elle.

Le bricolage oui mais pas la déco

Dans les magasins de bricolage, pas toujours simple de distinguer ce que l’on peut acheter ou non. Des rubans rouge et blanc marquent les rayons dit "non essentiels", autrement dit la décoration, les rayons cuisines, salles de bain et luminaires. Pourtant, ces derniers restent parfaitement accessibles. 

Il y a tellement d'articles dit 'non essentiels' dans nos rayons que ce serait impossible de tous les retirer pour les mettre en stock", nous confie une conseillère. 

Une employée chez Castorama

Dans le même rayon, les ampoules sont autorisées à la vente. Les luminaires, non.
Dans le même rayon, les ampoules sont autorisées à la vente. Les luminaires, non. © A.Pointel / France Télévisions

Si nos luminaires se trouvaient bien dans un rayon à priori “non-essentiel”, nos rideaux, eux, étaient pourtant en tête de rayon et parfaitement accessibles. Aucun ruban n’indiquait que nous ne pouvions pas repartir avec. 

Ces rideaux ne semblaient pas interdits d'acheter.
Ces rideaux ne semblaient pas interdits d'acheter. © A.Pointel / France Télévisions

En caisse non, en click & collect oui

Fait étonnant, nous aurions pourtant pu repartir avec nos rideaux et nos luminaires... si nous avions commandé sur internet. Voyant notre air contrarié, une responsable (qui semblait contrôler ce jour-là les passages en caisse) nous propose d'opter pour le click & collect. Une absurdité que la responsable elle-même a du mal à nous expliquer. "C'est la loi malheureusement. En cas de contrôle, on est mal", nous indique-t-elle.

Les produits dits "non essentiels" peuvent être retirés en drive.
Les produits dits "non essentiels" peuvent être retirés en drive. © A.Pointel / France Télévisions

Au rayon salles de bain, l'incohérence

Au rayon salles de bain, c'est le flou total. Les vasques de lavabos semblent accessibles, mais pas les meubles pour les poser dessus. Nous demandons à un vendeur  de nous éclairer. "Les vasques qui sont exposées en face des meubles condamnés, vous pouvez les prendre. Celles sur les meubles, non."

Certains produits de salles de bain ne peuvent être achetés.
Certains produits de salles de bain ne peuvent être achetés. © A.Pointel / France Télévisions

Ce dernier nous montre les mêmes règles avec les miroirs. "Mais si jamais un ensemble de meubles vous interesse, on peut vous les commander par téléphone ou drive."

Au rayon salles de bain, seuls quelques produits sont accessibles à la vente.
Au rayon salles de bain, seuls quelques produits sont accessibles à la vente. © A.Pointel / France Télévisions

Des règles différentes suivants les magasins

Chez Leroy Merlin à Isneauville, même constat que chez Castorama. Impossible d'acheter des luminaires ou des meubles de salle de bain. Les règles semblent identiques, à un détail près... nous avons pu repartir avec nos rideaux ! "Ici les rideaux sont autorisés à la vente, en revanche pas les coussins", nous explique un vendeur. C'est à ne plus rien y comprendre. 

Contrairement à Castorama, il est possible d'acheter des rideaux chez Leroy Merlin.
Contrairement à Castorama, il est possible d'acheter des rideaux chez Leroy Merlin. © A.Pointel / France Télévisions

Avec plus de 10.000 m² de surface, Leroy Merlin était fermé depuis le samedi 27 mars suite aux nouvelles annonces de restrictions sanitaires. Finalement, le magasin a pu rouvrir le 10 avril grâce à ces fameux rayons "condamnés" (déco, certains produits de salle de bain et luminaires). En effet, seul les rayons dit "essentiels" sont comptabilisés dans le calcul de surface du magasin. Raison pour laquelle Leroy Merlin d'Isneauville a été autorisé à rouvrir. 

Dans les supermarchés, même casse-tête

D'autres incohérence ont été constatées dans les supermarchés. "On peut acheter un jeu vidéo pour une console type Switch ou Playstation, mais pas pour une tablette de jeux vidéos pour enfant considérée comme un jouet... Comment j'explique ça à mes enfants ?", s'indigne Amandine. 

De son côté, Caroline a tenté de braver l'interdit, la caissière n'y a vu que du feu. "J'ai pris un puzzle pour ma grand-mère et une tête de Lego Star Wars pour mon fils, c'est passé comme une lettre à la poste", nous confie la jeune maman. 

Toutes ces incohérences prendront fin le 19 mai, jour de réouverture des magasins et de tous les rayons dit "non essentiels". Encore un peu de patience... le compte à rebours est lancé. 

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