Un an après, des victimes de l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray témoignent

Les époux Coponet ont convoqué les médias ce vendredi 21 juillet dans le cabinet de leur avocat. / © Patrice Cornily
Les époux Coponet ont convoqué les médias ce vendredi 21 juillet dans le cabinet de leur avocat. / © Patrice Cornily

Les époux Coponet étaient présents lors de l’assassinat du Père Hamel, revendiqué par l’Etat islamique, le 26 juillet 2016. Le mari, Guy, âgé de 87 ans avait été grièvement blessé par l'un des terroristes.

Par Ludivine Aurelle

Ils avaient voulu rester discrets depuis la mort de leur ami Jacques Hamel. Aujourd’hui, les époux Coponet ont accepté de s'exprimer publiquement, presque un an après l'attentat à Saint-Etienne-du-Rouvray

"Une nouvelle vie"

C'est une "nouvelle vie" pour Guy Coponet. L'octogénaire a été blessé de plusieurs coups de couteau le 26 juillet dernier par l'un des terroristes de Saint-Etienne-du-Rouvray. Depuis ce tragique événement, il voit les choses différemment. Lui et son épouse ont été bouleversés à jamais par l'assassinat de leur ami Jacques Hamel. Si Guy est très fatigué, il peut, avec sa femme Janine, compter sur le soutien de leurs proches et de la paroisse. "L'amitié compte beaucoup", raconte Janine. Les deux époux reconnaissent être plus "irritables" qu'auparavant mais ensemble ils arrivent à dépasser ces moments difficiles, grâce à l'amour qu'ils se portent. Guy et Janine continuent leur vie, le plus discrètement possible, fuyant les médias.

Retourner à l'église, ça demande un effort

Depuis, le couple est retourné assister à la messe dans la petite église de Saint-Etienne-du-Rouvray. Mais rien n'est plus comme avant. "Ça demande un effort", explique Janine. Son mari raconte : "Quand je revois l'endroit où j'étais couché [à cause de mes blessures], ça fait quelque chose."

Des pensées pour le Père Hamel

Le couple ne se rendra pas aux commémorations de l'attentat le 26 juillet prochain. Ils seront partis loin de l'agglomération rouennaise pour célébrer en famille l'anniverse de Guy, qui est né un 26 juillet... Mais ils tiennent à se rendre à une messe pour prier et rendre hommage à leur ami Jacques Hamel. "Sa présence nous accompagne tous les jours", déclarent les deux époux. 

Retrouvez en exclusivité web, le témoignage en version longue des époux Coponet. 
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Rappel des faits

Il est 9h45 lorsque deux jeunes hommes font irruption dans l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime) pendant la messe matinale de ce 26 juillet 2016. L’un d’eux égorge le père Jacques Hamel avec un couteau de cuisine. Un des fidèles présents est forcé à filmer la scène avec un téléphone. L’homme de 88 ans essaie de raisonner les agresseurs. Mais l’un d’eux lui assènera plusieurs coups de couteau en guise de réponse. Les autres personnes assistant à la messe, Janine Coponet et trois religieuses, ne seront pas blessées. Les deux assaillants seront ensuite abattus par la BRI (Brigade de recherche et d’intervention). En début d’après-midi, l’Etat islamique revendique l’attentat, via son agence de presse Amaq.

L'un des assassins était normand

Adel Kermiche est né en 1997 à Mont-Saint-Aignan, dans l’agglomération de Rouen (Seine-Maritime). En 2015, il tente à deux reprises de rejoindre la Syrie mais il avait été à chaque fois arrêté par les autorités. Il est alors fiché S, puis mis en examen pour " association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ". Placé en détention jusqu’en mars 2016, il est libéré sur décision d’un juge mais placé sous contrôle judiciaire. Le jeune homme est alors assigné à résidence et porte un bracelet électronique.
Quatre jours avant l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray, il est contacté par celui qui sera son futur complice, Abdel Malik Petitjean, d’après nos confrères du Monde. Elise Vincent, journaliste au Monde, relate la fomentation de l’attaque. Les deux jeunes hommes ne bénéficient d’aucun soutien financier de la part de l’Etat islamique et se débrouillent avec leurs propres moyens. Abdel Malik Petitjean, savoyard, rejoint Adel Kermiche en Normandie par covoiturage. L’arme du crime est un couteau de cuisine en céramique, et les deux assaillants se rendent sur le lieu de l’assassinat à pieds.

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