Octobre Rose. Un Mammobile normand sillonne les zones éloignées des centres de radiologie

Depuis le mois de mars 2022, une semi-remorque rose parcourt des communes normandes pour permettre aux femmes éloignées des centres de radiologie de se faire dépister du cancer du sein. Ce "Mammobile" normand est un projet expérimental dont l’objectif est de prouver son efficacité.

"C’est la première fois que je vais me faire dépister, indique Valérie, 52 ans. Je ne l’ai pas fait avant car sinon j’aurais dû aller à Caen (à une trentaine de kilomètres de là ndlr). J’apprécie la présence de ce camion." Il est 10 heures à Mézidon-Canon ce jeudi 27 octobre 2022. Dans cette commune de presque 5000 habitants tout est calme sauf au niveau de la Place de la Gare où trône un camion rose gigantesque. Depuis 9 heures ce matin, les allers-et-venues s'enchaînent. Des femmes de la commune de 50 à 74 ans ont été invitées à se faire dépister du cancer du sein

Je ne sais pas si je l’aurais fait s’il n’y avait pas eu le camion.

Valérie, 52 ans, habitante de Mézidon-Canon

France 3 Normandie

"Avec le travail c’est très difficile de prendre des rendez-vous et d’aller sur Caen. Il n’y a pas toujours des trains. Comme je suis dans le commerce, je ne suis libre que le dimanche. Là, le patron me laisse justement parce que c’est à Mézidon", explique Véronique, 59 ans, pour qui le dépistage n’est pas une première mais s’est vue annuler son précédent rendez-vous "à cause du covid", précise-t-elle.

Depuis le mois de mars 2022, le mammobile normand, comprenez un camion-cabinet mobile, parcourt la Normandie. Après l’Eure, le véhicule circule depuis le 26 septembre et jusqu’au 7 mars dans le Calvados. Il enchaînera ensuite avec la Manche jusqu’en juin pour terminer sa course en Seine-Maritime jusqu'à la fin de l’année 2023.

Le mammobile normand : un projet expérimental

Ce trajet s’inscrit dans le cadre d‘une expérimentation menée par l’Unité Anticipe (Inserm U1086) et le Centre Régional de Coordination des Dépistages des Cancers de Normandie qui ont déterminé des communes éloignées à plus de 15 minutes en voiture d’un centre de radiologie. Dans certaines de ces zones le mammobile se pose quelques jours mais ne passe pas dans les autres. L’objectif étant ensuite de comparer l’impact de la présence des centres de radiologie dans la prise de rendez-vous des femmes pour se faire dépister du cancer du sein et ainsi de prouver l'importance de ce cabinet itinérant.

Le constat, explique Séverine Beuriot, chargée de mission pour le Mammobile, est que l’éloignement des femmes des centres de soins fait qu’elles se font moins suivre. Ce projet expérimental a, in fine, pour but d'augmenter le nombre de patientes qui se font dépister. En France, seulement 46% des femmes invitées à se faire dépister se rendent à leur rendez-vous.

Le Mammobile appartient aux quatre départements (Eure, La Manche, le Calvados et la Seine-Maritime ndlr). Le projet est porté par l’Institut national du cancer, l’ARS Normandie, les départements... En fonction du résultat, ils choisiront ou pas de l’utiliser.

Séverine Beuriot, chef de mission du mammobile normand

France 3 Normandie

Pour le docteur Véronique Bouté, radiologue au centre François Baclesse de Caen, "il faut multiplier des actions comme celle-là."

"On a qu’une seule unité de lieu et de temps, un confinement spatial pour la femme qui permet d’être au plus proche de la patiente et de l’examiner, poursuit-elle. Et ce paramètre-là est important."

Un suivi des patientes jusqu'au prochain rendez-vous

La trentaine de femmes qui consulte chaque jour a été invitée par courrier à venir se faire dépister. Lors de leur rendez-vous elles reçoivent un suivi complet : elles font une mammographie examinée ensuite par le radiologue qui en fait une première lecture. "Soit c'est normal et ça revient en deuxième lecture au centre de dépistage, soit s'il y a une anomalie, on convoque la patiente pour réaliser des examens complémentaires", indique Véronique Bouté.

Les patientes qui doivent subir des examens supplémentaires sont accompagnées. "On ne les laisse pas partir sans prendre un rendez-vous. Si la dame peut s'y rendre elle y va par elle-même. Sinon on a des fonds pour proposer des taxis si besoin. Il y a un suivi derrière car souvent ce sont des dames qui ne se font pas suivre et on sait que s’il y a un besoin elles ne feront pas le suivi", explique Manuella Babin, manipulatrice en radiologie.

Médecin au centre Baclesse, elle est en poste au sein du Mammobile durant tout le circuit calvadosien pour "aller chercher les dames qui ne viennent pas en ville se faire dépister. Le fait d’être là, de ne pas faire la démarche d'aller prendre rdv, ça les incite. C'est ce qu'elles disent, explique-t-elle. Plus tôt on le fait (le dépistage ndlr) plus les chances de guérir est important. Il ne faut pas attendre les symptômes."

Détecté tôt, le cancer du sein guérit dans 9 cas sur 10. La détection précoce permet de soigner plus facilement le cancer et d’augmenter ses chances de guérison, mais aussi de limiter les séquelles liées à certains traitements, précise-t-on sur le site ameli.fr. De 50 à 74 ans, la mammographie est à réaliser tous les deux ans. Dès 25 ans, comme après 74 ans, il est recommandé de faire examiner ses seins (observation et palpation) au moins une fois par an par son médecin généraliste, son gynécologue ou sa sage-femme, conseille l’Institut national du cancer.

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