À Rouen, une pollution aux pesticides identifiée dans la Seine, la Métropole va porter plainte

Une coloration bleue sur une surface de 500 m2 a été repérée sur le fleuve samedi 22 mai. Une enquête a été initiée par les enquêteurs de la brigade fluviale de gendarmerie de Rouen.

Une coloration bleue sur une surface de 500 m2 a été repérée sur le fleuve.
Une coloration bleue sur une surface de 500 m2 a été repérée sur le fleuve. © Stéphane l'Hôte / France Télévisions

Une pollution aux pesticides a été identifiée dans la Seine à Rouen le samedi 22 mai 2021 au soir par les militaires de la brigade fluviale de gendarmerie, à la hauteur du quai du port de plaisance. Une coloration bleue sur une surface de 500 m2 a été repérée sur le fleuve, a indiqué la Métropole Rouen Normandie dans un communiqué lundi soir. "La fuite d’une cuve appartenant à une entreprise de transports située chemin de Croisset à Canteleu est en cause.. Les fortes pluies auraient favorisé l’écoulement du produit jusqu’à la Seine."

Le thiaméthoxame, "substance hautement nocive" 

Selon la Métropole, le produit pesticide "contiendrait des néonicotinoïdes, en particulier du thiaméthoxame, substance hautement nocive, très soluble dans l’eau, interdite en France depuis près de... trois ans !" 

Si ces éléments devaient être confirmés, il serait absolument scandaleux que de telles substances aient pu être stockées et circuler sur le territoire, sans contrôle adéquat ni transparence. 

Communiqué de presse

Quelques heures après la sortie du communiqué de la Métropole, qui demande au Préfet de la Seine-Maritime de rendre publique l’ensemble des éléments à sa disposition permettant d’expliciter les circonstances et les conséquences de cet événement, la préfecture a sorti à son tour un communiqué. Elle confirme l'existence de cette pollution provenant d'un récipient d'insecticide contenant du thiamétoxame, mais elle a toutefois précisé :

La production, le stockage et la circulation de cette substance active sont autorisés en France jusqu'au 1er janvier 2022.

Cabinet du préfet de Seine-Maritime

"Aucun barrage flottant n'a pu être mis en place dans le port car la densité du produit ayant fui était très proche de celle de l'eau. Avec l'appui d'une entreprise de travaux publics spécialisée dans l'assainissement et en lien étroit avec les équipes du grand port maritime de Rouen et de la ville, deux hydrocureurs (camions citernes avec pompe haute pression) ont été installés sur place pour réaliser un pompage", indique la préfecture dans son communiqué.

"Aucun impact" constaté

De nombreux prélèvements dans la Seine ont été réalisés par les équipes spécialisées du SDIS. Les modélisations réalisées par le Cedre (Centre de documentation de recherche et d'expérimentation sur les pollutions accidentelles des eaux, ndlr) ont par ailleurs révélé "une pollution très inférieure aux seuils entraînant un risque létal pour la faune aquatique (à savoir de l'ordre de 0,8mg/l, la dose létale pour la faune aquatique s'établissant à 100mg/l, soit plus de 100 fois moins)", ajoute la préfecture. 

Aucun impact n'a été constaté par les équipes lors de leurs observations qui vont se poursuivre dans les jours à venir.

Cabinet du préfet de Seine-Maritime

Une enquête a été initiée par les enquêteurs de la brigade fluviale de gendarmerie de Rouen.

"Un nouveau scandale" pour les élus de la Métropole

Pour Nicolas Mayer-Rossignol, Président de la Métropole Rouen Normandie et Charlotte Goujon, Vice-présidente en charge des risques industriels et de la santé : "Cette pollution de la Seine est un nouveau scandale."

Un an et demi après l’incendie du 26 septembre 2019 [de Lubrizol, ndlr], notre territoire est à nouveau souillé. Où sont la transparence et la rigueur pourtant indispensables à la sécurité industrielle ? Il est absolument crucial de rétablir un lien de confiance.

La métropole a annoncé son intention de porter plainte contre X.
 

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