EXCLU - Agressé lors d'un match près d'Yvetot, un arbitre sort du silence

Kévin Ridel a été agressé par un supporteur lors d'un match à Héricourt-en-Caux le 8 décembre 2019. / © France 3 Normandie
Kévin Ridel a été agressé par un supporteur lors d'un match à Héricourt-en-Caux le 8 décembre 2019. / © France 3 Normandie

Il y a quelques semaines, le district de football de Seine-Maritime a radié à vie un supporteur ayant agressé un arbitre lors d'un match à Héricourt-en-Caux le 8 décembre 2019. Témoignage de Kévin Ridel, qui a décidé de sortir du silence.

Par Elina Weil

Kévin Ridel a été arbitre de football pendant 17 ans mais n’a plus foulé la pelouse d’un terrain de football depuis son agression par un supporteur le 8 décembre 2019. Ce jour-là, Héricourt-en-Caux reçoit Allouville-Bellefosse, un match de 3ème division de district. En 2ème mi-temps, la tension monte.
 
 

Rentrer au vestiaire à la 66ème...

" Le coach était très désagréable avec les joueurs et moi-même. J’ai décidé de l’expulser (…), je lui ai dit de sortir, il a mis du temps à le faire. Il y avait un individu en face de moi qui m’insultait de tous les gros mots possibles, j’ai fait un pas vers lui (…) et il s’est agrippé sur la main courante (…) et m’a mis un coup de tête sur le nez", raconte Kévin Ridel.

"Après, j’ai pris mon sifflet, regardé le chronomètre, 66ème... Et je suis rentré au vestiaire… Des insultes, on en a déjà eues mais des gestes physiques, c’était la première fois. La première fois qu’on en venait aux mains…" 
 

© France Télévisions
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" L’arbitrage est un loisir, on ne fait pas ça pour gagner de l’argent… Je me suis cassé la cheville (…) quand j’étais jeune, je n’ai pas pu jouer au foot après, du coup, je me suis lancé dans cette voie et ça m’a toujours plu mais là, ça ne me plaît plus, (...) il y a de plus en plus de confrères qui se font agresser et c’est lamentable de voir ça sur un terrain de foot…", poursuit-il.

Poser le sifflet 

Le même jour, un de ses collègues est agressé sur celui de Bolbec. L’incident de trop. Beaucoup d’arbitres décident de poser leur sifflet plusieurs week-ends. Le monde du football se mobilise, les commissions de discipline durcissent le ton. L’agresseur de Kévin, un joueur amateur, est radié à vie par le district de Seine-Maritime.

" Je pense que le district a voulu marquer un coup sur cette sanction, car ce n’était jamais arrivé qu’on radie un joueur à vie (…). Est-ce que ça va suffire ? Je ne sais pas…" 

Son souhait : ne plus jamais voir cet individu dans un stade de football. Aujourd’hui, Kévin avoue avoir perdu le goût du sifflet.

Mes enfants ont peur

"Mes enfants ont peur, ils sont déjà venus me voir plusieurs fois sur un terrain de foot. Ils ont vu comment ça se passait, que ça criait, que des fois, il y avait des insultes et pour eux, j’ai décidé d’arrêter, pour dire stop…"
 
© France Télévisions
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" Je comprends sa réaction, mais ça me désole car pour trouver des arbitres, c’est très difficile. On en gagne une centaine par an et on en perd à peu près 150, donc ça m’inquiète pour le devenir de l’arbitrage. C’est pour ça qu’il faut qu’on les soutienne…", explique Pierre Leresteux, Président de la Ligue de football de Normandie.

La Ligue envisage d’équiper de caméras les hommes en noir…
 

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