Des banderoles sur la façade de l'hôtel de ville de Rouen pour s'opposer à l'expulsion de deux habitants par la préfecture

Publié le
Écrit par Richard Plumet .

Deux habitants de l'agglomération rouennaise, intégrés et ayant un travail en CDI, sont menacés d'expulsion par la préfecture de la Seine-Maritime. Ils reçoivent le soutien de la mairie de Rouen et de la Métropole Rouen Normandie.

Deux banderoles ont été accrochées le 5 septembre 2022 sur la façade de l'hôtel de ville de Rouen (Seine-Maritime). Un affichage qui a pour but d'alerter et d'interpeller la population sur la situation que vivent des personnes menacées, du jour au lendemain, d'expulsion de la France.

Ces deux banderoles sont aussi l'expression visible du soutien de la Ville de Rouen et de la Métropole Rouen Normandie à ces personnes.

Sous le coup d'une "OQTF" (obligation de quitter le territoire français) ces deux personnes d'origine étrangère ne sont pas des délinquants recherchés par la police mais des salariés. Rappelant que Rouen est une ville de cœur et une ville d'accueil, Nicolas Mayer-Rossignol, maire (PS) de Rouen et président de la métropole, dénonce l'absurdité de cette situation :

"Il s'agit de familles qui sont parfaitement intégrées, qui ne posent aucun problème, dont les parents travaillent, sont en CDI d'ailleurs, en apprentissage et excellents dans leurs études, dont les enfants, pour la plupart d'entre eux sont nés en France, qui sont à l'école en France, qui parlent français parfaitement etc…  Pourquoi les renvoyer je ne sais où ?  C'est totalement absurde ! Et puis sur le plan humain, c'est complètement contraire à nos valeurs ! Donc nous les soutenons et nous espérons obtenir gain de cause."

Le maire de Rouen dit aussi, "sans faire de l'angélisme", en appeler au bon sens et s'adresse à Pierre-André Durand, préfet de la Seine-Maritime. Même si le maire de Rouen  comprend que le préfet soit dans une position qui est différente de la sienne, il exprime  toutefois l'expression d'une certaine défiance :

"J'observe que les situations sont différentes aussi en fonction des préfectures, donc tous les préfets n'ont pas forcément la même attitude : en fonction des départements on voit des différences…"

Nicolas Mayer-Rossignol, maire (PS) de Rouen et président de la métropole

Le 6 septembre 2022

Liridon Musolli

Madame Antoneta RIizan et monsieur Liridon Musolli ont fui avec leur fille les violences qu’ils subissaient au Kosovo et sont arrivés en France il y a 6 ans. Ils ont eu deux nouveaux enfants, Tea et Tian, scolarisés dans l'agglomération rouennaise. La famille, indique la mairie de Rouen, s'est parfaitement intégrée, "avec une maîtrise de la langue française, un logement, des emplois stables et un fort réseau personnel local."

Pourtant, le père de famille, employé en CDI dans une entreprise du bâtiment, risque d’être expulsé.

Adama Ballo

Arrivé du Mali en France en octobre 2018, Adama Ballo a décroché "grâce à sa motivation et sa pugnacité", précise la mairie de Rouen, un stage d'apprentissage dans une boucherie de Darnétal. Aujourd’hui, et après avoir obtenu son CAP, il est employé en CDI.  Sous le coup d'une  OQTF il est menacé d'expulsion.

Parmi les clients de la boucherie de Darnétal,  il y a l'écrivain Michel Bussi, qui lui aussi est mobilisé pour empêcher l'expulsion du jeune Adama…

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