Double meurtre place de la pucelle à Rouen : Jean-Claude Nsengumukisa condamné à la réclusion criminelle à perpétuité

Double meurtre place de la pucelle à Rouen : Jean-Claude Nsengumukisa condamné à la réclusion criminelle à perpétuité / © Mathias Poisnel
Double meurtre place de la pucelle à Rouen : Jean-Claude Nsengumukisa condamné à la réclusion criminelle à perpétuité / © Mathias Poisnel

Vendredi 5 avril 2019, Jean-Claude Nsengumukisa a été condamné à  la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de Julien Tesquet et Elise Fauvel en décembre 2015 à Rouen.

Par MR

C’est un procès éprouvant qui s’achève ce vendredi 5 avril 2019. Jean-Claude Nsengumukisa a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une peine de sûreté de 22 ans. Les jurés ont donc suivi les réquisitions de l’avocat général. Un suivi socio-judiciaire a également été prescrit pour une durée de 20 ans. L’avocat général avait convenu que compte tenu de la dangerosité de l’accusé, la surveillance électronique à l’aide d’un bracelet était obligatoire. A sa sortie de prison, Jean-Claude N. sera également contraint de rejoindre son pays de naissance le Rwanda qu'il avait fuit pendant la guerre.

VIDEO / Le reportage de France 3 Normandie (Frédéric Nicolas et Didier Meunier)
Avec les interviews de Me Massardier, avocate de l'accusé et Me Lemiegre, avocat des parents d'Elise.

« La perpétuité est une peine de mort sans mise à mort » 


Durant sa plaidoirie, Maitre Massardier avocate de l'accusé a précisé que la condamnation à perpétuité n’était pas concevable dans un Etat de Droit comme la France. Elle a cité plusieurs pays où les peines maximales étaient moindres qu’en France. Elle garde espoir dans l’évolution de son client qui n’a que 38 ans.

En trois ans et demi, j’ai vu un homme évoluer, perturbé par une enfance douloureuse au Rwanda. Il pourra encore évoluer mais si vous le condamnez à la peine requise vous le condamnez à mort. Tous les condamnés à ce genre de peine maximale meurent en prison.  avait-elle déclaré lors de sa plaidoirie.

Elle rappelle que le déni de son client (reproché par les avocats des parties civiles) est un mécanisme de défense en détention. Elle a également insisté sur le fait que Jean-Claude N. n’a pas cherché à fuir Rouen après les faits. « Ce n’est pas un prédateur calculateur ». Elle se base également sur une expertise de 2009, lorsque son client comparaissait pour viol qui avait conclu à des troubles psychotiques. Lors du procès de 2019, quatre experts ont pourtant reconnu l’accusé comme responsable de ses actes sans aucune alternation du discernement au moment des faits.


A la fin des plaidoiries, Jean-Claude N. a pu prendre la parole comme c’est le cas à chaque procès en Assises.

 Je présente mes excuses devant la famille, c’est tout ce que je peux vous dire je ne suis pas un monstre vraiment , les dernières phrases de l’accusé.


Il aurait voulu ajouter quelque chose mais son avocate lui a fait signe de se taire.


La dignité exemplaire des parties civiles


Leurs avocats, l’avocat général et l’avocate de la défense ont tenu à souligner la dignité des proches des victimes. Durant ces cinq jours où rien ne leur a été épargné, ils ont fait preuve d’un courage exceptionnel. Lors de leurs plaidoiries, les trois avocats des parties civiles ont rappelé la douleur des parents qui ne font jamais le deuil d’un enfant parti avant eux. « Ce n’est pas dans l’ordre des choses » a rappelé Maître Mahiu. Lui et ses confrères ont insisté sur la perversité de l’accusé. L’avocat général lors de son réquisitoire a décrit la scène comme il l’imagine puisque l’accusé dit ne se souvenir de rien : « c’est de sa faute exclusive si nous en sommes réduits à devoir imaginer ». Il compare ce procès à celui d’Alfred Petit en 2004 où l’accusé s’était aussi muré dans un silence lors de son procès pour le meurtre des époux Roussel en 2001 à Saint-Jacques-sur-Darnétal.

 

Autre détail qui pour lui souligne la perversité de Jean-Claude N. : il a recouvert les deux cadavres d’une couette où était inscrit « le bonheur est sous la couette » avant de boire au goulot une bouteille de vodka. L’homme ne quittera les lieux du crime que 12h après les faits. Il prendra soin de couper l’interphone, tamiser l’appartement et refermer la porte à clé. Il est reparti vers 16h, dimanche 21 décembre 2015 dans la foule de la rue Jeanne d'Arc, bondée en cette période d’achats de Noël. Les images des caméras le montreront cagoulé et rythmé d’un pas calme.

Désormais chaque fin d’année et période de Noël seront une épreuve pour ces familles anéanties par la perte d’êtres jeunes et plein d’avenir. Les mamans des victimes avaient souvent le visage couvert et les yeux humides pendant ce cinquième jour d’audience. Elles étaient soutenues par leurs enfants qui eux aussi devront continuer leurs vies sans leur sœur et leur frère.



Revivez cette cinquième et dernière journée de procès dans notre live-tweet ci-dessous :
 


Frédéric Nicolas sur place avec les avocats de deux parties.
 
Double meurtre de Rouen : les réquisitions
Vendredi 5 avril 2019-19h : le point au palais de justice avec Frédéric Nicolas dans le JT 19/20 de France 3 Normandie

 

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