Alors que certains secteurs de l'économie souffrent depuis le début de la pandémie de Covid-19, celui du livre connait un regain. En 2021, les ventes de livres ont bondi de 19%.
L'heure est au remplissage des rayons dans les librairies normandes. Ils ont été en partie vidés par les ventes de la fin de l'année
A Rouen, Thomas Cole, gérant de Lumière d'août est un libraire heureux. Pour la deuxième année consécutive ce professionnel spécialisé dans la bande dessinée enregistre une hausse des ventes à deux chiffres : +25% en deux ans. Cette embellie d'activité est liée à la crise sanitaire.
Pendant le premier confinement, les gens se sont un peu ennuyés et il y a eu un raz de marée sur le livre, la BD en a bénéficié. Le public a redécouvert la passion de la lecture. Et puis les jeunes également, c'est ce qui a changé. Les plus jeunes découvrent qu'il y a autre chose dans leur univers et qui leur correspond.
Mathieu Cole Gérant de Lumière d'Août
De nouvelles habitudes
Si la bande dessinée est l'un des secteurs qui continue sa progression, le gros succès de l'année dans les librairies est le Manga. A l'Armitière, une des plus grandes librairies indépendantes rouennaises, les ventes ont été multipliées par trois en un an. Le magasin lui a donc dédié un rayon spécifique.
"Les séries accompagnent l'évolution de l'âge des lecteurs, c'est-à-dire que vous avez des séries pour les petits, mais aussi pour les adultes et sur tous les sujets. Et puis, il y a des mangas tirés de dessins animés. Ils amènent aussi de nouveaux lecteurs, puisqu'après les avoir vus sur les plateformes, les jeunes se tournent vers les livres" explique Matthieu de Montchalin, directeur de l'Armitière
Le succès du livre s'explique aussi, en partie par le pass culture. Il s'agît d'un chèque de 300 euros offert aux jeunes de 18 ans par le gouvernement pour les aider à accéder aux biens culturels. Il est souvent utilisé par les jeunes pour s'acheter des mangas.
Alors qu'un nouveau public franchit les portes des librairies, les clients ont aussi changé leurs habitudes de consommation.
J'ai 7 à 12 % de mon chiffre d'affaires selon les mois qui se réalise sur internet. C'est très important. C'est quelque chose de nouveau depuis le début de la crise sanitaire.
Matthieu de Montchalin, directeur de l'Armitière
Ce renouveau du marché du livre témoigne aussi d'un attachement des clients aux librairies de centre-ville et de leur volonté de les soutenir.