Faux rendez-vous, site internet hacké... Ce centre IVG subit d'incessantes actions de militants anti-avortement

Marianne Lainé, fondatrice de l'institut médical Simone-Veil à Rouen (Seine-Maritime), spécialisé dans l'Interruption volontaire de grossesse (IVG), subit des actions des militants anti-avortement au quotidien : faux rendez-vous, site internet hacké, tags. Elle a déposé plainte.

Le sénat vient d'adopter le projet de loi qui vise à inscrire à l’article 34 de la Constitution que « la loi détermine les conditions dans lesquelles s’exerce la liberté garantie à la femme d’avoir recours à une interruption volontaire de grossesse  [IVG] ».

Un soulagement pour Marianne Lainé, médecin et fondatrice du seul centre entièrement dédié à la prise en charge de l'IVG en France, l'institut médical Simone-Veil à Rouen.

Des faux rendez-vous pour saturer l'agenda

Depuis de longs mois, elle subit des actions de militants anti-avortement. "En septembre, alors qu'Elisabeth Borne devait venir, nous avons eu un tag : 'Borne, ta mère aurait dû t'avorter'", déplore-t-elle.

À cela s'ajoutent des patients qui prennent de faux rendez-vous en ligne pour saturer l'agenda, soit environ un par semaine. "On les identifie mais ils changent de nom et recommencent", désespère Marianne Lainé.

Une plainte déposée

Dernier acte en date : le piratage du site internet du centre Simone-Veil, début février. "On tombait sur une image de pornographie quand on allait sur notre site", constate avec horreur la médecin.

Pour ce dernier fait, Marianne Lainé a déposé plainte. "J'ai rendez-vous avec la police mardi." Tous ces actes malveillants perturbent le fonctionnement de l'institut médical Simone-Veil. "Heureusement, on arrive quand même à voir nos patientes mais c'est grave."

"Non, ce n'est pas acquis"

Face à tous ces faits, la médecin se félicite d'autant plus de la décision du sénat. "C’est un grand pas, c’est historique. On s’aperçoit que non, ce n'est pas acquis. En Europe, on se rend compte que pour Malte et la Pologne ça reste un gros problème. Au Portugal, les femmes doivent payer leur avortement", conclut-elle.