Fermeture des urgences de la rive gauche de l'agglo de Rouen : info ou intox ?

Des élus ont écrit au directeur de l'Agence régionale de santé, ils s'inquiètent d'une fermeture des urgences de l'hôpital Saint-Julien du Petit-Quevilly. De son côté, le CHU assure que rien n'est acté.

Le service des urgences de l'hôpital Saint-Julien au Petit-Quevilly serait-il menacé de fermeture la nuit ? C'est ce que craignent des élus dans un courrier adressé au directeur de l'Agence régionale de santé (ARS) de Normandie, Thomas Deroche.

La fermeture des urgences de nuit ?

"Des agents hospitaliers de l'hôpital Saint-Julien nous ont récemment alertés sur une réflexion en cours visant à un transfert de médecins urgentistes affectés à des gardes de nuit, de Saint-Julien vers les urgences de nuit de Charles-Nicolle à Rouen", écrivent les maires de Petit-Quevilly, Saint-Étienne-du-Rouvray, Rouen, Sotteville-lès-Rouen, Oissel-sur-Seine et le député Édouard Bénard.

Cette réaffectation du personnel vers l'hôpital Charles-Nicolle serait susceptible de conduire à la fermeture des urgences de nuit de l'hôpital Saint-Julien, seul établissement de la rive gauche rouennaise équipé d'un service de radiologie ouvert 24 heures sur 24.

Courrier des élus de la rive gauche à l'ARS

Charlotte Goujon, maire du Petit-Quevilly, aimerait avoir "une idée plus précise de ce projet" et assure d'emblée s'y opposer. "C'est un bassin de vie important avec des populations fragilisées. On ne peut pas leur demander d'aller à la Maison médicale et d'avancer les soins. Ils ne peuvent pas payer", s'alarme-t-elle.

"Que va-t-on faire des patients ?"

Selon différents syndicats du CHU de Rouen - dont dépend l'hôpital Saint-Julien - des discussions sont effectivement en cours pour trouver des solutions face à un manque de médecins urgentistes pour les gardes de nuit.

"Il a été évoqué une fermeture de 18h à 6h mais que va-t-on faire des patients qui sont aux urgences en attendant d'avoir un lit dans le service concerné ?", questionne un syndicaliste CGT, un infirmier qui a travaillé 17 ans aux urgences de Saint-Julien.

Selon ce dernier, la fermeture des urgences Saint-Julien est une vieille rengaine. "Je me suis toujours battu pour ces urgences qui ont un service radiologie, un scanner, qui peuvent faire toute la traumatologie, de la pédiatrie... Mais on a toujours eu une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Mais nous sommes dans une zone Seveso et nous devons avoir un service d'urgences supplémentaire, en plus de Charles-Nicolle."

Pour Frédéric Louis de la CFDT, cette fermeture de nuit, "ce n'est pour l'instant qu'une rumeur". Il évoque cependant la nécessité d'avoir une meilleure répartition des urgences entre Charles-Nicolle et Saint-Julien. "Parfois, on a trop tendance à envoyer sur Charles-Nicolle alors qu'ils pourraient aller à Saint-Julien."

Même son de cloche pour Guillaume Herlin du syndicat Sud, qui évoque également des problématiques de régulation et un manque de médecins.

"On est dans de l'agitation d'idées"

Face à toutes ses inquiétudes, la direction du CHU de Rouen tient à rassurer. "Il n'y a aucun projet, il y a juste des discussions en interne pour faire face aux départs de médecins urgentistes et maintenir les gardes de nuit à Charles-Nicolle et Saint-Julien. Mais rien n'a été posé, nous n'avons absolument rien à dire sur la question."

Pierre Michel, président de la CME (Commission médicale d'établissement) du CHU de Rouen, abonde en ce sens. "Il y a des réflexions en interne mais comme on en a pour tous les services du CHU. Il n'y a aucun projet formalisé, aucune décision prise. Là, on est vraiment dans de l'agitation d'idées."

De son côté, l'ARS indique ne pas avoir encore reçu le courrier des élus de la métropole rouennaise.

L'actualité "Société" vous intéresse ? Continuez votre exploration et découvrez d'autres thématiques dans notre newsletter quotidienne.
L'actualité "Société" vous intéresse ? Continuez votre exploration et découvrez d'autres thématiques dans notre newsletter quotidienne.
choisir une région
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité