Finale à Rouen : deux journalistes agressés, des commerces attaqués et 10 interpellations

Publié le Mis à jour le
Écrit par Richard Plumet
15 juillet 2018-Rouen : barricade avenue de Bretagne
15 juillet 2018-Rouen : barricade avenue de Bretagne © France 3 Normandie / Image extraite de la vidéo du JRI Olivier Flavien

Comme pour la demi-finale de la coupe du monde de football, des casseurs ont voulu gâcher la fête des supporters dans le centre-ville de Rouen jusqu'à 1h30 du matin
 

Soirée difficile pour les forces de l'ordre et les pompiers mobilisés ce dimanche 15 juillet 2018 à Rouen pour la sécurisation de l'historique finale de la coupe du monde.

Alors que tout se passait bien à la "fan zone" installée sur la presqu'île Saint-Gervais, où plusieurs dizaines de milliers de personnes assistaient à la retransmission du match sur écran géant, c'est en centre-ville, place de l'hôtel de ville que les premiers incidents violents ont débuté.   

Deux journalistes agressés

Un peu après 20h, après avoir filmé des groupes de jeunes perchés sur les abribus (dont les vitres ont été rapidement brisées) notre confrère Simon Louvet (journaliste à PubliHebdo pour le site Actu.fr ) a ensuite assisté (et filmé) une rixe opposant "des groupes violents qui s'attaquent aux supporters".  

VIDEO : le témoignage de deux journalistes d'Actu.fr agressés à Rouen le soir de la finale de la coupe du monde de football. Encore menacés, ils ont souhaité ne pas montrer leur visage.
Les deux journalistes racontent leur agression le soir de la finale

VIDEO : les deux journalistes d'Actu.fr  agressés à Rouen le soir de la finale de la coupe du monde de football expliquent pourquoi ils ont déposé plainte, et pourquoi ils encouragent les autres victimes d'agressions et de violences de ce soir-là à Rouen à faire de même.
Pourquoi ils portent plainte au lendemain de la finale
 
Ce qui lui a valu d'être violemment frappé, ainsi que son collègue Julien Bouteiller. Frappés parce qu'ils sont journalistes. Nos deux confrères, secourus par les pompiers, ont porté plainte ce midi à l'hôtel de police de Rouen après avoir passé une partie de la nuit aux urgences du CHU.
Ils lancent un appel à témoin.
 

Place évacuée

Les premières attaques contre les forces de l'ordre ont eu lieu vers 19h45 rue Jeanne d'Arc, quand des policiers chargés de la circulation et qui fermaient les accès aux voitures dans l'hyper-centre de Rouen ont reçu des projectiles.

Un peu plus tard, vers 20h30, c'est place de l'hôtel de ville, et comme mardi dernier, que plusieurs dizaines d'individus agressifs ont attaqué les policiers (et gendarmes mobiles) stationnés à proximité. Dans le même temps ces casseurs, mêlés aux supporters, provoquaient  par petits groupes des rixes. A 21h l'évacuation de la place a été décidée. Après sommations, le public est parti, mais les personnes hostiles sont restées pour affronter les policiers.  Refoulés par le tir de grenades lacrymogènes, les "manifestants" se sont regroupés rue Lecanuet où ils ont monté des barricades avec des poubelles et du matériel de chantier.
 

Barricades rue Lecanuet

Après d'autres sommations, la police a chargé pour dégager ces barricades. Ce qui a eu pour effet de disperser ces personnes agressives dans les petites rues du centre-ville, où elles ont "joué au chat et à la souris" avec les forces de l'ordre avant de se regrouper en bas de la rue Jeanne d'Arc, sur la rive gauche de Rouen, avenue de Bretagne, puis rue Saint-Sever.

 VIDEO France 3 Normandie : ambiance dans les rues de Rouen le soir de la finale et de la victoire des "Bleus". Joie et chants place du Vieux-Marché, alors que quelques centaines de mètres plus loin, des affrontements ont lieu…
(Extrait du reportage de Cécile Sauzay et Olivier Flavien)
durée de la vidéo: 00 min 39
Rouen : une finale avec des casseurs

 

Des commerces attaqués et des interpellations

Ces affrontements, émaillés de nombreux incendies sur les chaussées et les trottoirs (notamment de poubelles) n'ont pas fait de blessés du côté des policiers et se sont échelonnés tout au long de la soirée, de 19h45 à 1h30 du matin. Tout comme les interpellations. Dix au total.
Six pour "violences avec arme sur personne dépositaire de l'autorité publique" et "attroupement après sommations". Six personnes dont un mineur.

Quatre autres interpellations ont eu lieu pour "dégradations".
Quatre personnes, dont un mineur, ont été arrêtées après l'attaque de quatre magasins :
  • Optic  2000 rue du Général Leclerc
  •  Damart rue Jeanne d'Arc 
  • Carnaval rue du Bac
  •  Subway rue Saint-Sever
 Dégradations et vols de marchandises ont eu lieu.dans ces quatre commerces. Les enquêtes et investigations sont en cours.

Ce lundi matin toutes les victimes n'avaient pas encore déposé plainte.

 

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