Grève des salariés de pôle emploi : une forte mobilisation en Normandie

Ce mardi 1er février 2022 est un jour de grève intersyndicale chez Pole Emploi. Les salariés mobilisés réclament plus de moyens et une augmentation des salaires. Le point sur la mobilisation en Normandie.

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Début janvier, les dix organisations syndicales de Pôle Emploi ont déposé un préavis de grève pour l’ensemble des agents. Suite à cet appel à la grève et dans le cadre des NAO (Négociation Annuelle Obligatoire) une discussion s’est ouverte entre la Direction Générale et les organisations syndicales représentatives. Après 2 premières séances de négociations, la direction a informé les syndicats que le ministère du travail "autorise la direction à proposer 1 % d'augmentation "et que les propositions qu'elle fera lors de la prochaine séance prévue le 9 février "dépendront de la mobilisation du 1er février ". Depuis 2017, aucune augmentation salariale n’a eu lieu.

Pour les organisations syndicales, le compte n’y est pas et la mobilisation est forte en Normandie, comme partout en France. Cette convergence syndicale est historique pour les représentants du personnel de ce secteur public. Nous étions à Rouen ce mardi où une partie du personnel en grève s’était rassemblée avenue de Caen devant les locaux de la direction régionale.

La Normandie compte 28% de grévistes selon les chiffres transmis par la direction régionale (en comptant les débrayages d’une heure). Sur place, les agents ont fait part de leur fatigue liée aux réformes successives. « C’est surtout un problème d’effectif aujourd’hui. Sur le terrain, c’est la souffrance au travail qui prime. Pour la région Normandie entre 2017 et 2021, on a perdu 93 équivalents temps plein travaillés en CDI. Effectivement sur le même temps, pour être totalement honnête, on a gagné 130 équivalents temps plein travaillés en CDD mais les CDD c’est aussi du temps supplémentaire pour les collègues en CDI avec du tutorat, de la formation et des contrats qui ne sont pas forcément renouvelés au bout de 18 mois » précise Marie-Martine Lemercier, déléguée régionale SNAP Normandie (syndicat majoritaire dans notre région).  Des rassemblements avaient lieu  également au Havre, à Caen, à Saint Lo, à Argentan à Louviers.

Un ballet de réformes qui fatigue les agents

Tous sont épuisés par les injonctions gouvernementales qui engendrent une augmentation de leur charge de travail. Au cours de l’année 2021, tous les chômeurs de longue durée ont dû être recontactés afin de leur offrir des « actions de remobilisation ». Parmi les autres réformes, l’annonce du contrat d’engagement jeune, l’accompagnement renforcé aux moins de 26 ans confrontés à des difficultés d’insertion professionnelle. Emmanuel Macron a également souhaité une intensification du contrôle exercé sur les inscrits à Pôle emploi afin de vérifier que ceux-ci sont bel et bien en quête d’un poste. S’ajoute à cela la réforme de l’assurance-chômage dont le calcul de l’allocation s’avère particulièrement complexe.  

Les revendications des syndicats 

Dans un tract commun, les organisations syndicales CFDT, CFE-CGC, CGT, FO, SNAP, SNU, au nom de l’intersyndicale CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, SNAP, SNU, STC, SUD, UNSA réclament :

  • Une augmentation générale des rémunérations, significative et urgente compte tenu : des hausses de prix, de la nécessaire reconnaissance du professionnalisme des agents, de leur réactivité depuis le début de la crise sanitaire, du pouvoir d’achat perdu depuis plus de 10 ans,
  • Une détente du calendrier des déploiements des plans d’action en cours,
  • Tous les moyens nécessaires à l’exercice de nos missions de service public.

Les syndicats ont par ailleurs écrit à leur ministre Elisabeth Borne pour obtenir un entretien avec elle.  

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