Incendie de Lubrizol : des pompes à amiante dans l'agglo de Rouen pour connaitre la vérité sur la pollution

 L'association des sinistrés de Lubrizol lance des analyses indépendantes sur la pollution causée par l'incendie du 26 septembre 2019. Premier sujet : l'amiante. 8000 mètres carrés de  toiture en fibrociment d'un entrepôt avaient explosé. Des fibres d'amiante circulent-elles toujours dans l'air ? 

Les pompes à amiante commencent leurs analyses de l'air près de l'usine Lubrizol dans le cimetière de Petit-Quevilly
Les pompes à amiante commencent leurs analyses de l'air près de l'usine Lubrizol dans le cimetière de Petit-Quevilly © H. Colosio/ France Télévisions

"Il est retombé comme une pluie de poussières d'amiante". André Picot, expert chimiste, (fondateur de l'unité de Prévention du Risque Chimique du CNRS) avait donné cette explication en audition devant les sénateurs. 

Que sont devenues ces poussières ou fibres d'amiante (De 400 à 500 fois moins épaisses qu'un cheveu), les respirons-nous ? Des pompes de prélèvement d'amiante ont fait leurs premières mesures juste à côté de l'usine Lubrizol, dans le silence du cimetière de Petit-Quevilly. Elles vont être déplacées dans l'agglomération. 

Une des pompes de prélèvement d'amiante
Une des pompes de prélèvement d'amiante © H. Colosio/ France Télévisions

L'association des sinistrés de Lubrizol a demandé l'expertise d'un laboratoire de Saint-Etienne-du-Rouvray, spécialiste des mesures d'amiante. L'association a reçu le soutien de mairies. 

"Nous allons apporter une réponse scientifique, indépendante" (Simon de Carvalho, président association des sinistrés de Lubrizol"

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Des pompes pour capter la présence d'amiante près de Lubrizol

Des débris du toit en amiante retrouvés dans des jardins

Quelques jours après l'incendie, des habitants avaient trouvé des morceaux de fibrociment, ressemblant fortement à des fragments de toiture ondulée, comme celle de l'entrepôt de l'usine Lubrizol.

Certains ont pris l'initiative de faire venir un huissier de justice. Ils voulaient que des analyses soient engagée. 

"Tout le quartier a été arrosé de débris de toiture amiantée"

 

 

"un bruit de fond des fibres d'amiante dans l'air, des niveaux extrêmement faibles "

La pollution par les débris et poussières d'amiante risque t-elle de provoquer des maladies (atteintes des poumons, cancer de la plèvre) dans 20 ou 30 ans ? Cette question a été posée aux autorités après la catastrophe.

La direction régionale de l'environnement avait alors répondu : 

"En ce qui concerne l'amiante dans l'air, on est sur le bruit de fond des fibres d'amiante dans l'air, des niveaux extrêmement faibles" ( Patrick Berg, directeur de la Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (Dreal) de Normandie.)

"On peut estimer qu'avec cette première série de relevés, il n'y a pas de risque lié à l'amiante. Ce risque n'est pas avéré". Ces prélèvements d'air avaient été réalisés par la société Lubrizol.
    
"Ce qui est dangereux pour la santé, c'est les fibres d'amiante dans l'air", a rappelé M. Berg. "Les fûts sous l'effet de la chaleur ont explosé et ont fracassé (une) toiture en fibrociment et ont projeté à des distances assez consistantes des fragments de fibrociment" mais "cette projection ne diffuse pas de fibres d'amiante dans l'air", a assuré le haut fonctionnaire."

Les associations réprésentant les habitants victimes de la pollution  estiment qu'il faut des analyses indépendantes, pourquoi pas un Institut éco-citoyen.

La vision du panache de fumée causé par l'explosion de l'usine Lubrizol de Rockton près de Chicago renforce leur mobilisation. 

 

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