L'obligation vaccinale à l'hôpital entre en vigueur : quelles conséquences en Normandie ?

L'obligation vaccinale contre le Covid-19 est entrée en vigueur ce mercredi 15 septembre pour 2,7 millions de professionnels : hôpitaux, maisons de retraite, soignants libéraux, aides à domicile, pompiers... Certains, peu nombreux, n'ont pourtant toujours pas reçu leur première dose.
Au centre de vaccination du parc des expositions de Caen.
Au centre de vaccination du parc des expositions de Caen.

Deux mois après son annonce par le Président Emmanuel Macron, l'obligation vaccinale s'applique désormais à tout le système de soins. Ceux qui ne peuvent justifier d'une première injection, d'une contre-indication vaccinale ou d'une contamination récente "ne peuvent plus exercer leur activité", selon la loi du 5 août.

Pour les salariés concernés, cela doit se traduire par la suspension immédiate du contrat de travail, sans rémunération, sauf à utiliser des jours de congés pour retarder l'échéance. Selon Santé Publique France, 88% des personnels concernés avaient reçu une première dose le 7 septembre.

Quelles conséquences en Normandie ?

Depuis quelques jours la Normandie présente le taux de vaccination le plus important en France. Un taux qui devrait également être très important dans les lieux où les salariés ont l'obligation de présenter la preuve de leurs injections. En France, le 5 septembre dernier, 61,8% de la population éligible avait reçu un schéma vaccinal complet contre le Covid-19. En Normandie, le chiffre de la vaccination est 17 points au-dessus de la moyenne nationale. 78,9% des Normands étaient totalement vaccinés à cette même date.

Taux de vaccination en Normandie
Taux de vaccination en Normandie © France Télévisions


Dans les hôpitaux de la région, le nombre de personnels non vaccinés semble faible. Au CHU de Rouen, selon nos confrères de France Bleu Normandie, 44 personnels ont refusé l'obligation vaccinale, et ne peuvent donc plus travailler, sur les plus de 10.000 salariés que compte l'établissement hospitalier. A Caen, sur les 7000 agents du CHU, seule une dizaine n'a pas respectée l'obligation vaccinale, soit 0,2% des personnels. "Ces situations personnelles restent marginales et n'ont pas pesé sur la continuité des soins. L’établissement n'a pas été contraint de réduire sa capacité d’accueil", souligne le CHU dans un communiqué.

Dans l'Eure, au CH Elbeuf-Louviers-Val-de-Reuil, seuls 4 personnels sont suspendus sur les 2200 agents employés dans l'hôpital. 

La grande majorité des agents est vaccinée avec un schéma complet. Pour ceux qui n'ont qu'une seule dose, ils doivent nous fournir un test négatif toutes les 72 heures pour pouvoir continuer à travailler avant leurs secondes injections.

Didier Poillerat Directeur général du centre hospitalier intercommunal d'Elbeuf, Louviers, Val-de-Reuil

Dans cet établissement, l'adhésion à la vaccination s'explique notamment par la mise à disposition de doses dès le mois de janvier et par l'action des médecins de l'établissement. Les 280 praticiens ont reçu leurs injections très tôt dans l'année et ont "montré l'exemple." Enfin, tout le personnel se souvient de l'explosion du nombre de cas de Covid-19 au tout début de l'épidémie en mars 2020 dans la région.

On a été très fortement touché lors de la première vague. Les équipes ont rapidement compris que le Covid-19 n'était pas une "petite maladie, une petite grippette", mais vraiment une pathologie grave.

Dr Thibault Simon Président de la commission médicale d'établissement

Dans les centres hospitaliers Seine-Eure d'Evreux et de Vernon, ce sont au moins 80% des personnels qui seraient totalement vaccinés. Au Havre, le groupe hospitalier présente un chiffre de 97% de personnels totalement vaccinés, seulement quelques dizaines d'employés seraient pour le moment suspendus. Quant à ceux qui voudraient contourner la règle. "Le refus de se vacciner ne donnera lieu à aucun arrêt maladie", a averti le ministre de la Santé, Olivier Véran, promettant "des contrôles systématiques" pour "toute prescription jugée suspecte".

Au regard de ces pourcentages très élevés, certaines villes comme la Ferté-Macé dans l'Orne vont même fermer leurs centres de vaccination. Plus de 1000 doses ont été injectées et après cinq mois d'activité, la "demande" n'est plus suffisante. Toutefois, si vous souhaitez vous faire vacciner, vous pouvez toujours le faire et prendre rendez-vous sur le site Doctolib. Selon les scientifiques, un schéma vaccinal complet permet d'éviter des formes graves de la maladie dans plus de 90% des cas.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
vaccins - covid-19 santé société covid-19