Le pou, un indésirable difficile à éradiquer. À Rouen, un institut spécialisé vient d'ouvrir ses portes.

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C'est un parasite dont on a honte et qu'il est parfois difficile à éliminer définitivement. Le pou vit en moyenne deux mois accroché sur un cheveu. A Rouen (Seine-Maritime), un institut de traitement anti-poux a ouvert le 18 mai 2022 et promet un résultat 100% efficace. Encore faut-il compter sur la sagesse des enfants.

Adelaïde Dumont a tout essayé sur ses six enfants. Cela fait maintenant deux ans qu'ils sont régulièrement contaminés par les poux. "Les garçons, on leur a coupé les cheveux mais les filles, c'est plus compliqué", explique la maman désespérée.

Alors, lorsque la mère de famille a découvert l'existence d'un institut spécialisé dans l'éradication du pou, elle y a couru avec ses petites : "on a fait des défrisages, des teintures, on  leur a coupé les cheveux et bien sûr on a essayé beaucoup de produits achetés en pharmacie. Le problème c'est que ça commence à coûter cher !", se désole la mère de famille. Ce jour-là, elle a espoir que la technique proposée par l'institut soit efficace. 

Le pou, un parasite tenace

Shéhérazade Akaba a ouvert cet établissement dans le centre-ville de Rouen le 18 mai dernier, convaincue que le marché de "l'anti-pou" a encore un bel avenir devant lui : "Les poux sont présents depuis des siècles et on n'a pas trouvé encore de moyen de traitement efficace pour s'en débarrasser définitivement", explique le jeune entrepreneuse avant de poursuivre : "chez nous, c'est 100% efficace sans poux, ni lente. Il n'y a pas de produits chimiques et donc pas de risques allergiques. Notre traitement est 100% mécanique".

Les tarifs varient entre 50 et 80€ selon le type et la longueur de cheveux.

La technique vient tout droit des Etats-Unis et se déroule en trois étapes. La première est le traitement par déshydratation avec émanation de chaleur. "On chauffe le pou pendant une minute et il s'évanouit car il ne supporte pas la chaleur constante", explique Isabelle technicienne qualifiée. Les cadavres de poux sont ensuite aspirés par une machine spéciale dotée d'un peigne avec de micro-dents en fer. "Il faut le passer partout, mèche par mèche et il faut que le peigne croche la lente, sinon elle reste coller sur le cheveu", poursuit la salariée.

Traiter et limiter les contacts

Selon le dermatologue Marc Perrussel, l'efficacité de ce traitement repose surtout sur le comportement de l'enfant, ses interactions avec les autres mais aussi sur une prise en charge globale. Beaucoup de parents soignent leur enfant mais se retrouvent confrontés à une ou plusieurs situations d'échecs car les autres enfants ne le sont pas en même temps. Le médecin rappelle que si un enfant contaminé est traité, il faut que son entourage et les enfants qu'il fréquente le soient aussi.

Selon lui, cette technique n'est pas une arnaque mais ne peut pas être efficace à 100% : "tout repose sur une bonne éducation thérapeutique. Il faut mettre en chignon les cheveux longs par exemple, éviter les contacts rapprochés, ne pas échanger les bonnets ou les casquettes".

La petite bête de la honte

Dans notre société, le pou est sujet tabou. Beaucoup d'enfants vivent très mal la contamination par ce parasite. C'est le cas de l'une des filles d'Adelaïde, "elle faisait des tresses et les poux passaient au-dessus, on les voyait...elle avait vraiment honte", explique la maman.

Ce n'est pas parce qu'on a des poux qu'on est sale. Il faut prendre ça comme une maladie. Le tout c'est de l'accepter et de se faire soigner.

Shéhérazade Akaba - Gérante de l'Institut Kidipoux

Mais ne nous méprenez pas, la présence de pou sur la tête d'un enfant n'est pas signe de malpropreté. La petite bête aime autant les cuirs chevelus propres, que sales. Il n'empêche, le regard porté sur le pou est très négatif. Alors dans cet institut spécialisé, tout est fait pour respecter la confidentialité des jeunes clients et de leurs parents. "On a installé un vitrage opacifié", explique la directrice de l'établissement situé dans le centre-ville de Rouen.