Nouveau stade de Rouen : où va-t-il être construit et à quoi va-t-il ressembler ?

La Métropole de Rouen vient d'annoncer les contours du nouveau projet de stade à Rouen. Plus grand, plus moderne : il est très attendu par les sportifs et les supporters, mais inquiète certains.

Un nouveau stade pour la métropole rouennaise ? Le dossier brûle depuis plusieurs mois, mais depuis hier, une nouvelle étape a été franchie. Après avoir étudié cinq sites, le futur stade pourrait voir le jour sur le parking du Zénith, au Grand-Quevilly, près de Rouen, et viendrait en complément du stade Robert-Diochon, au Petit-Quevilly.

Ce dernier, construit en 1914, atteint aujourd'hui ses limites. D'une capacité de 8 000 places, il accueille aujourd'hui les matchs du Football Club de Rouen, de Quevilly Rouen Métropole et du Rouen Normandie Rugby.

Trois clubs de haut niveau pour un même fauteuil : une organisation qui peut s’avérer parfois complexe quand il s’agit d’accorder les calendriers de chaque équipe.

Robert-Diochon n'est plus à la hauteur 

Cette configuration inédite en France amène donc la Métropole à réfléchir à la construction d'un nouveau terrain, qui pourrait accueillir différentes disciplines. "Si on résonne à cinq ou dix ans, cela ne peut pas durer comme ça éternellement", défend Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen et président de la Métropole Rouen Normandie. 

Si un de nos clubs atteint une première division, ce serait incompatible avec l'équipement de Robert-Diochon.

Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen et président de la Métropole Rouen Normandie

Si la Métropole a choisi le parking du Zénith pour son futur stade, c'est d'abord parce qu'elle est propriétaire du site. De plus, cela éviterait d'artificialiser de nouveaux sols, tout en bénéficiant d'un environnement peu résidentiel. "C'est un parking construit à l'ancienne, sans étages, très large avec beaucoup d'hectares et très rarement plein", confie Nicolas Mayer-Rossignol. Enfin, la zone géographique est stratégique : le stade serait accessible en transports en commun et proche des axes autoroutiers. 

Maintenant le lieu choisi, d'importantes questions restent en suspens. Quelle jauge ? Quel budget ? Un stade modulable ou non ? Quelle équipe en profiterait ? Les équipes de la métropole y répondront dans les prochains mois, mais elles assurent qu'avec ce nouveau projet, "c'est une nouvelle ère pour le sport de haut niveau".

Selon nos confrères de France Bleu Normandie, le stade devrait avoir une capacité de 18 000 places et coûterait environ 100 millions d'euros. 

L’opposition s'interroge

Si tous saluent un beau projet, l’opposition se méfie et n’a pas tardé à réagir. Sur les réseaux sociaux, certains élus commentent la nouvelle et émettent des doutes sur la faisabilité du projet.

"Nicolas Mayer-Rossignol ne peut pas annoncer tout en même temps : la création d'un palais des congrès, un nouveau stade, le remplacement d'un projet privé de casino par un nouveau musée public dans le Chais à vin, la gratuité des transports, un nouveau skatepark... Ce sont trop de projets ! Comment financer tout ça ?", s'inquiète Laurent Bonnaterre, maire de Caudebec-lès-Elbeuf.

Selon l'édile, cette série d'annonces représenterait des "dépenses énormes", estimées à plus de 350 millions d'euros, pas prévues dans le budget initial. Il craint que cette somme se reporte sur les impôts des habitants. 

Même son de cloche pour Marine Caron, conseillère municipale à Rouen et conseillère à la Métropole (Horizons). "Il y a une vraie question aujourd'hui, c'est celle des finances pour réaliser ce stade. Aujourd'hui, il y a trop d'annonces, trop de projets, comment on finance ces 400 millions d'euros ? ", s'interroge-t-elle. 

Si le projet est sorti des cartons et fait beaucoup réagir, le stade pourrait sortir de terre d'ici cinq à dix ans. D'ici là, beaucoup de choses peuvent encore changer...