"On ne peut pas aider tout le monde mais on peut tous aider quelqu’un" : la belle leçon de vie de Patricia

Après un grave accident, Patricia James a retrouvé goût à la vie en s’engageant dans l’humanitaire. Grâce à l’association qu’elle a créée, 150 enfants sénégalais ont été scolarisés. Reportage.

Victime d’un grave accident de la route en 1989 alors qu’elle vivait en Italie, Patricia James a séjourné deux ans à l’hôpital et subi plusieurs opérations pendant dix ans, abîmant son corps et son esprit. "Je n’avais plus de goût à vivre parce que j’étais handicapée", confie-t-elle. Son mariage n’a pas survécu à cette épreuve. "J’ai tout perdu d’un coup, santé, famille, boulot", livre-t-elle sans détour.

Aider les autres pour s'aider soi-même

Des médecins, devenus des amis, lui ont proposé de se joindre à eux lors d’une mission au Sénégal. Patricia, originaire de Rouen (Seine-Maritime), rencontre alors une jeune fille de huit ans qui allait chercher de l’eau, Fatoumata, pour qui elle a un énorme coup de cœur, "je me suis dit 'il faut que je fasse quelque chose pour cette petite fille, qu’elle puisse apprendre à lire et à écrire'". Et c’est le début de l’aventure associative Les enfants du Saloum.

Engagement des parrains et marraines

Cette association, c’est tout un engagement. Devenir parrain ou marraine d’un enfant, c’est lui permettre l’accès à l’école avec un kit scolaire et aux soins médicaux pendant un an, plus un sac de riz de 50 kg et un kit de denrées alimentaires, pour lui et sa famille pour la somme de 186 euros.

"Si le parrain a envie d’offrir encore un sac ou colis on peut, on livre et on montre tout, les factures sont là avec le nom de l’enfant", assure la jeune retraitée qui vit au Sénégal neuf mois sur douze depuis deux ans.

"On a besoin de montrer qu’en bout de chaîne, il y a un enfant qui va partir avec son sac à dos et aller à l’école", insiste Patricia James, présidente de l’association Les enfants du Saloum. Depuis 20 ans, son association soutient des enfants, des familles, dans le Sine Saloum à l’ouest du Sénégal.

Des conditions de vie difficiles sur place

Cet après-midi de mars, la Rouennaise se rend à Soum, à cinq km au sud de Fougnioune dans un collège-lycée construit en tige de mil, variété de céréale. "Ça va bien au-delà de parrainer un enfant", souligne-t-elle.

Dans cette région du monde, les élèves étudient avec des températures pouvant atteindre les 45 à 50 degrés et peuvent parfois être renvoyés chez eux à cause de la poussière qui s’infiltre dans les classes dépourvues de toit. Pendant la saison des pluies, l’eau inonde les classes. "On a fait un truc d’urgence fait de tôle, la poussière rentre beaucoup moins", confie Patricia.

Et pour Les enfants du Saloum, l’engagement n’est pas que pour la scolarisation. Il y a aussi la nutrition. "Des fois les enfants tombent dans les pommes et le directeur appelle, déplore Patricia. C’est pour ça qu’on mise aussi sur le gros sac de riz parce que ça nourrit quand même toute une famille."

Colis surprise et solidarité

Avec Marieme, une bénévole sénégalaise, elles livrent un colis à la famille du jeune Ousmane six ans, dont la maman est décédée il y a peu. Comme à son habitude, l’association offre du poisson frais en plus du paquet envoyé par la marraine d’Ousmane.

On trouve presque toujours quelqu’un sur la route qui vient nous aider, parfois on se débrouille toutes les deux, on est tellement heureuses d’apporter ce bonheur.

Patricia James

Par visio, Karine, la marraine d’Ousmane, assiste à la bonne réception du paquet qu’elle a souhaité envoyer en plus de son parrainage. Elle peut ainsi échanger quelques instants avec son filleul, dont le vécu fait écho à son histoire personnelle.

Transparence et communication

L’association communique beaucoup sur les réseaux sociaux et met un point d’honneur à informer sur ses actions. Elle est en contact avec neuf établissements. "On met tout ce qu’on fait dans la journée, on suit l’enfant à l’école", précise-t-elle.

En bientôt 20 ans, Patricia et les membres de son association ont permis d’aider à la scolarité de 150 enfants. "C’est pas la quantité mais la qualité, souligne la Sénégalaise d’adoption. Certains ont passé leur bac, d’autres sont devenus sage-femme, comptable ou encore informaticien."

Aujourd’hui l’association Les enfants du Saloum a toujours besoin de nouveaux parrains et marraines pour instruire encore plus d’enfants et leur offrir un avenir plus lumineux. Patricia souligne, "on ne peut pas aider tout le monde mais on peut tous aider quelqu’un".

L’association ne possède pas de site internet car elle n’en a pas les moyens. Pour la contacter, Patricia James donne rendez-vous aux intéressés sur sa page Facebook ou par mail à Lesenfantsdusaloum2005@gmail.com.

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