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Paris Normandie: le belge Rossel favori pour le rachat du journal

Le tribunal de commerce de Rouen examine ce jeudi pour la dernière fois les offres de reprise du quotidien Paris Normandie qui, sauf énorme surprise, devrait tomber dans l'escarcelle du groupe belge Rossel, selon des sources syndicales.
© France 3 Normandie
VIDEO : François Pesquet devant le tribunal de commerce de Rouen : 
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Paris Normandie au Tribunal de Commerce de Rouen


Placé en redressement judiciaire depuis avril 2016, le quotidien normand ne devrait pas échapper à l'éditeur du journal Le Soir, qui multiplie les acquisitions en France et dont l'offre apparaît financièrement la plus solide.
La reprise concerne précisément la Société normande d'information et de communication (Snic), un petit groupe de quelque 220 salariés qui édite Paris Normandie, Paris Normandie Le Havre (ex-Le Havre Libre et Le Havre Presse), le Progrès de Fécamp et une édition dominicale, Liberté dimanche. Une petite régie publicitaire est également concernée.
Prônant la priorité du numérique, Rossel compte investir 3 millions d'euros dans le groupe normand, notamment pour le faire entrer dans son système informatique rédactionnel et accepte de reprendre son imprimerie de Saint-Etienne-du-Rouvray. 

Des suppressions de postes

En revanche, il envisage 39 suppressions de postes, essentiellement techniques, et compte faire imprimer l'édition dominicale à Lille sur les rotatives de la Voix du Nord, son titre le plus prestigieux acquis en France.
L'offre de Rossel a les faveurs de la rédaction de Paris Normandie qui s'est prononcée récemment au cours d'une assemblée générale.
Le propriétaire et actionnaire unique actuel du quotidien, le journaliste Xavier Ellie, 69 ans, qui avait racheté en 2012 au groupe Hersant le quotidien normand (que Rossel convoitait déjà) défend ardemment son offre de continuation.
Mais celui qui fut notamment président du directoire du Figaro (1983-1987) et pdg du Progrès de Lyon (1989-2000) ne semble pas pouvoir réunir les fonds nécessaires, selon des sources syndicales.
Son offre de continuation prévoit un autre plan social (33 suppressions de postes techniques) après un premier en juin (31 postes, dont une quinzaine de journalistes).
Le groupe Paris Normandie est actuellement sans capital, sans actifs et avec une trésorerie au plus bas. Ses ventes sont en baisse constante depuis plusieurs années (54.500 en 2016).
La troisième offre - à l'exemple de ce qui s'était produit pour Nice Matin - est celle d'un projet de Société Coopérative d'intérêt collectif (SCIC), initié par la fédération du Livre (Filpac CGT), prévoyant la reprise de l'intégralité du personnel.
Mais, à la différence de Nice Matin, la rédaction a refusé cette option.
La CGT a appelé à un rassemblement jeudi devant le tribunal, rejetant tout nouveau plan social.
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