Sursis pour le projet d'un entrepôt Amazon près de Rouen après la décision du préfet de Seine-Maritime

Après la publication d’un rapport alarmant du SDIS, le Conseil de l’Environnement et des Risques sanitaires et technologiques devait rendre son avis sur l’implantation d’un entrepôt Amazon à Petit-Couronne. Le préfet de Seine-Maritime a reporté cette échéance à juillet 2021.
Visuel paysager de l'entrepôt de e-commerce sur l'ancien site de Pétroplus à petit-Couronne. Il pourrait ouvrir en 2023, au plus tôt.
Visuel paysager de l'entrepôt de e-commerce sur l'ancien site de Pétroplus à petit-Couronne. Il pourrait ouvrir en 2023, au plus tôt. © Permis de construire déposé par l'entreprise GPL
Voilà une décision qui ne va faire que des mécontents. Partisans comme opposants à l’implantation d’un entrepôt Amazon sur le site de l’ancienne raffinerie Petroplus à Petit-Couronne vont encore devoir prendre leur mal en patience. En effet, l’enquête publique s’étant achevé le 25 septembre dernier, le CoDERST (Conseil de l’Environnement et des Risques sanitaires et technologiques) devait rendre son avis avant le 15 novembre 2020..

Mais il n’en a rien été. Le projet, piloté par le promoteur immobilier Gazeley, a été retiré de l’ordre du jour. Dans un arrêté publié le 4 novembre dernier par la préfecture de Seine-Maritime, le préfet indique que vu les conclusions du commissaire enquêteur et en accord avec le promoteur, il proroge de 6 mois à compter du 23 janvier 2021 le délai « pour statuer sur la demande d’autorisation environnementale déposée par la société Gazeley ».
durée de la vidéo: 01 min 56
VIDEO - 23 novembre 2020 : le point sur le dossier Amazon à Rouen. Reportage : Thomas Chammah et Olivier Flavien (montage : Xavier Robert)
 
Plan de situation dans le cadre du permis de construire déposé par l'entreprise Gazeley.
Plan de situation dans le cadre du permis de construire déposé par l'entreprise Gazeley.
VIDEO : Seine-Maritime : l'implantation discrète d'Amazon divise la population. Reportage France 3 : C. Tixier, T. Chammah, V. Lucas, S. Testor.
Risques sanitaires et sécuritaires

Pour rappel, le 20 octobre dernier, le commissaire enquêteur rendait un avis favorable pour l’implantation de cet énorme entrepôt de plus de 160 000 m2 malgré l’avis consultatif émis par la Métropole de Rouen Normandie qui s’était prononcée contre en raison notamment d’un rapport alarmant du Service départemental d'incendie et secours (SDIS) qui concluait que « les sapeurs-pompiers seraient confrontés à une impossibilité opérationnelle de limiter la propagation d’un incendie en cas de non maitrise de ce dernier par le système de sprinklage [ndlr: extincteur automatique à eau]».

Le rapport précisait également que l’Institut National de l’Environnement industriel et des risques « ne peut se prononcer sur les effets possibles de gêne sur les personnes ni des retombées possibles de composant présentant une toxicité chronique » en cas d’incendie de l’entrepôt. De quoi rappeler de mauvais souvenir à toute une population victime des conséquences de l’incendie de l’usine Lubrizol en septembre 2019. Le commissaire enquêteur recommandait alors que soit « explicitement analysées les mesures propres à répondre aux observations du SDIS ».

Les quantités d'eau projetées dans le cadre de la lutte contre l'incendie du bâtiment pourraient dépasser les capacités de rétention des bassins... et engendrer un risque de pollution des sols et de la Seine »

Jean-Yves Lagalle,
directeur départemental du SDIS76

VIDEO 21/09/2020 - Amazon : les élus locaux se prononcent contre - Reportage de Damien Lefauconnier et Bruno Belamri (Montage : Romuald Sevestre)
Une pétition pour soutenir l'implantation d'Amazon

Pour répondre aux critiques de la Métropole, les défenseurs de l’implantation d’Amazon à Petit-Couronne ont mis en ligne une pétition. Parmi eux, le maire de Petit-Couronne Joël Bigot. « Je défends l’arrivée d’emplois dans notre commune sous réserve bien sûr que la sécurité de la population et des salariés soit assurée. Les problèmes soulevés par le SDIS ont été étudiés un par un et il en ressort que pour chacun des points litigieux une solution concrète allait être apportée » explique-t-il. Conformément à la procédure, le CoDERST doit d’abord rendre un avis sur la base duquel, le préfet sera amené à statuer sur l’arrêté d’autorisation d’exploiter ou non le site. La préfecture a maintenant jusqu’au 23 juillet pour recevoir cet avis et prendre une décision.
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
amazon économie entreprises polémique société confinement urbanisme aménagement du territoire environnement