Pourquoi les passages à niveau de Normandie doivent inciter à la prudence

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Écrit par Richard Plumet

Automobilistes, mais aussi pilotes de deux-roues et piétons sont de plus en plus nombreux à franchir les voies ferrées sans respecter le code de la route. Pour éviter les accidents la SNCF appelle à la vigilance et aménage ses passages à niveau.

"Ne risquez pas votre vie au passage à niveau". Le message est clair et s'adresse à tous. Après la rentrée et à l'approche de l'automne 2021, SNCF-Réseau organise une campagne pour sensibiliser les usagers de la route au danger de franchir un passage à niveau sans respecter la signalisation.

En Normandie, sur les 605 passages à niveau présents sur les voies "circulées", on a dénombré 16 accidents matériels au cours de l'année 2020.

La SNCF, en rappelant qu'un train lancé à 100 km/h a besoin d'un kilomètre pour s'arrêter, indique que les accidents sont, dans 98% des cas, " liés à un non-respect du code de la route, les principales causes étant le manque de vigilance, l'impatience et l'ignorance du risque."

Par ailleurs, la majorité des accidents  concerne les trajets habituels effectués par des personnes habitant à proximité dont la baisse de vigilance est engendrée par la routine.
Lors d'une opération régionale  de prévention organisée le 22 septembre devant la gare de Rouen, les responsables de SNCF Réseau Normandie ont rappelé l'importance d'être prudent en approchant d'un passage à niveau. Un message destiné aux automobilistes mais pas que :

"On a une recrudescence d'accidentologie au niveau des piétons, qui est due aux gens qui sont sur leur téléphone portable et qui ne font pas spécifiquement attention à ce qui se passe devant eux. Ils ont aussi parfois des écouteurs sur les oreilles."

"On veut sensibiliser au risque passage à niveau. Que ce soit pour la voiture, pour le piéton, le motard ou le cycliste : le feu rouge clignotant c'est l'arrêt absolu !"

Fabien Dubourg, expert régional passages à niveau à SNCF Réseau Normandie

Une zone de danger

Au volant d'une voiture ou d'un véhicule utilitaire, traverser une voie ferrée n'est jamais anodin. C'est pourquoi il y a une signalisation qui commence 150 mètres avant un passage à niveau pour indiquer que l'on approche d'une zone de danger et qu'il faut ralentir.

Mais, comme l'explique Fabien Dubourg, encore trop d'accidents sont la conséquence de comportements à risques :  "On a beaucoup de non-respect du code de la route parce que certains pensent que comme les barrières ne sont pas encore abaissées, ils ont le droit, ils ont le temps, ils peuvent franchir ce feu rouge clignotant. Eh bien non ! Le code de la route est clair : dès l'allumage du feu rouge  c'est arrêt absolu !"

Dans son opération de prévention des accidents, la  SNCF rappelle qu'il est dangereux et interdit de marcher sur ou le long des voies ferrées et qu'en dehors des gares, le domaine ferroviaire est privé et que "toute intrusion est illégale et passible d'une peine de 3750 euros et 6 mois d'emprisonnement."

Barrières cassables et téléphone d'alerte

Les passages à niveaux de Normandie ont été équipés d'un téléphone. Un boitier permet à l'usager de la route d'informer immédiatement la SNCF du moindre incident survenu à un passage à niveau. Indiquer qu'une voiture est bloquée sur les rails, qu'une barrière est cassée, ou qu'un équipement est en panne (feu, sonnerie…) permet de prévenir en urgence (via les agents de circulation) les conducteurs de train en approche et d'envoyer au plus vite des équipes pour sécuriser les lieux.

L'autre aménagement concerne les barrières. Elles sont désormais en matière plastique et ont (sur la face située à  l'intérieur du passage à niveau) un autocollant qui indique qu'elles sont "cassables". C’est-à-dire que le conducteur d'un véhicule bloqué sur les rails entre deux barrières peut sortir du passage à niveau en enfonçant, en cassant, une barrière.

Des installations inspectées régulièrement pour améliorer la sécurité

Tous les passages à niveau de Normandie font l'objet d'un diagnostic de sécurité organisé avec les gestionnaires des voiries concernées afin d'établir des pistes d'amélioration, tant du côté voie ferrée que du côté route. Déplacer des feux, des arbres, modifier le tracé d'une chaussée : tout cela est ensuite décidé lors d'une commission départementale présidée par le préfet qui se réunit tous les cinq ans.