Reportage dans les immenses serres urbaines de Viviane et Pascal, véritable paradis des végétaux

Aux Serres stéphanaises de Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), Viviane et Pascal cultivent depuis plus de 30 ans des végétaux destinés à la vente aux particuliers.

Consommer local et jardiner facilement. C'est cette initiative que j'ai choisi de mettre en avant cette semaine dans notre chronique qui se déroule au plus près de chez vous.

Chaque jeudi, nos journalistes web dressent le portrait de personnes, mettent en avant des initiatives atypiques dans des communes rurales ou dans des quartiers où notre média a moins l'habitude d'aller.

Des serres ouvertes à tous

Pénétrer dans les Serres stéphanaises, c'est comme pénétrer dans la caverne d'Ali Baba... végétale ! Il est d'ailleurs très étonnant de tomber sur ce véritable poumon vert, dans cette ville au caractère industriel qui fait malheureusement souvent la Une des faits divers. 

Dans leurs 4 000 m² de serres, Viviane et Pascal Berment et leurs quatre employés font pousser tout au long de l'année des fleurs, des légumes, des fruits, des plants potagers, des vivaces ou encore des arbustes. "On vend uniquement aux particuliers, tout est fait sur place !"

On cueille nous-même nos fruits et légumes pour les mettre dans l'espace vente et les gens viennent faire leurs courses.

Viviane Berment

Une affaire de famille

Les Serres stéphanaises, c'est avant tout une histoire familiale. "Mes parents étaient fleuristes à Bosc-Roger-en-Roumois, dans l'Eure. On a acheté ici en 1991 avec mon père, raconte Pascal, aujourd'hui âgé de 58 ans. Il est parti à la retraite en 2000 et mon épouse m'a rejoint dans l'aventure."

Pour Viviane, c'est une reconversion. "J'étais bibliothécaire ! Ça s'est fait naturellement, au départ je donnais un coup de main et puis j'ai appris sur le tas, j'ai eu mon professeur particulier", s'amuse-t-elle.

Mais le végétal n'est pas un milieu inconnu pour autant : "J'adorais jardiner avec mon père quand j'étais enfant, on va dire que j'ai quelques petites notions". Viviane gère aujourd'hui l'espace vente pour conseiller les clients et créer des compositions. 

La tendance du potager et du consommé local

Ce que les clients préfèrent, ce sont les plants de légumes, prêts à planter. Ces derniers se vendent d'ailleurs beaucoup plus que les fleurs, pourtant l'activité principale de Pascal. "On s'est rendu compte que les gens plantaient de moins en moins de fleurs dans leurs jardins. Depuis le Covid, on sent qu'il y a une vraie demande pour le potager, et encore plus aujourd'hui avec l'augmentation des prix."

Le jour de notre reportage, malgré le mauvais temps, les clients ne désemplissent pas dans la serre des plants de légumes. Christophe est venu faire son stock pour cultiver des tomates.

"Quand vous regardez les tomates, en général, on n'a rien en dessous de 3,50 euros le kilo. Les tomates ne sont pas forcément bonnes, elles sont pleines d'eau, un peu farineuses... Là ce sont les nôtres, dès que c'est mûr on les cueille !"

"On a en tout une vingtaine de variétés de tomates, explique Viviane. On choisit des variétés anciennes, pour le goût essentiellement. On cherche la qualité avant tout."

Zéro phyto

Dans les serres de culture, Pascal nous montre fièrement ses pratiques raisonnées."On a des ruches de bourdons. Ils servent à polliniser les premières fleuraisons, ensuite ça se fait tout seul", nous montre l'horticulteur. 

Sur les légumes, on est zéro phyto ! On incorpore des insectes qui vont manger nos nuisibles. Tous les légumes sont ainsi. Moi, je veux pouvoir prendre une fraise, une tomate et croquer dedans sans la laver.

Pascal Berment

Ce matin-là, les premières fraises sont fraîchement cueillies. Impossible pour moi de ne pas résister à la tentation. Je repars avec une belle barquette de gariguettes.

Les serres sont accessibles six jours sur sept au public, du mardi au dimanche, 44 Rue de Couronne, 76800 Saint-Étienne-du-Rouvray.

Les Serres stéphanaises ne sont pas les seuls horticulteurs de la métropole de Rouen. Si l'historique Christophe Guérillon de Saint-Léger-du-Bourg-Denis a pris récemment sa retraite, il existe les Serres neuvillaises à La Neuville-Chant-d'Oisel, les Serres du Maupas à Duclair ou encore Lemire Horticulteur à Incarville.