Rouen : les 24 heures motonautiques auront finalement lieu en 2021

L’édition 2021 semblait menacée pour des raisons environnementales. La ville de Rouen a finalement donné son feu vert aux organisateurs pour les 1er, 2 et 3 octobre.

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Archive © Stéphane L'Hôte

La Ville de Rouen a mis fin au suspens mardi 23 février 2021 en fin d'après-midi. L'édition 2021 des 24 heures motonautiques de Rouen aura finalement bien lieu. Sarah Vauzelle, adjointe au maire de Rouen en charge des sports, a donné son feu vert à Franque-Emmanuel Coupard, président du Rouen Yacht Club. La compétition se déroulera les 1er, 2 et 3 octobre 2021. 

"C'est un soulagement, on est content que ce soit officialisé mais dans le fond j'étais convaincu qu'on ne pouvait pas avoir une autre réponse qu'un accord", indique Franque-Emmanuel Coupard. 

La compétition était menacée pour raisons environnementales

Après une première annulation de l'édition 2020 suite à la crise du Covid, les 24 heures motonautiques de Rouen étaient cette année menacées pour raisons environnementales. La ville de Rouen demandait aux organisateurs de se mettre au vert. La Métropole de Rouen ayant déclaré l'état d'urgence climatique, l'adjointe au maire en charge des sports avait déclaré dans un courrier le 20 janvier : "Nous ne pourrons soutenir cette manifestation des 24h motonautiques qu'à la condition d'une utilisation de moteurs entièrement déarbonés." Une mission impossible à 7 mois de l'épreuve.  

"Les moteurs décarbonés n'existent pas ! Si la mairie a la solution qu'on nous la donne. Nous ne sommes pas fabricant de moteur. On ne fait qu'utiliser ce que la technologie nous propose. La Métropole a voté avec un objectif fixé pour 2040. Nous demandons de bénéficier de ce délai que la Ville et la Métropole se sont donnés.", indique le président du Rouen Yacht Club au lendemain de la décision.

Nous n'avons pas totalement changé d'avis. Nous sommes conscients qu'imposer une course zéro carbonne dans des délais aussi court, c'est très compliqué.

Sarah Vauzelle, adjointe au maire de Rouen en charge des sports

3 ans pour une course zéro carbonne

"On ne s'oppose pas à l'organisation de la course, en revanche, on va travailler avec le Rouen Yacht Club pour accélérer la transition vers une course zéro carbone en leur laissant un délai de trois ans", poursuit Sarah Vauzelle. "Nous allons les rencontrer prochainement pour trouver des solutions intermédiaires."

Un retour au 24h/24 ?

Pendant cette réunion entre la ville de Rouen et les organisateurs, le Rouen Yacht Club a demandé un retour au format "24 heures non-stop". En 2010, un gendarme était décédé au cours d'une nocturne de la compétition. Depuis, les courses ne se déroulaient plus que le jour. " Il nous faut une réponse très rapidement, c'est quelques chose qui doit être mis dans le dossier technique que l'on dépose en préfecture. Cette dernière est décisionnaire", indique Franque-Emmanuel Coupard. 

© Stéphane L'Hôte

Une demande d’autorisation pour 5 ans

Autre demande du club : une autorisation renouvelable tous les cinq ans, contre chaque année actuellement. "On va avoir besoin de temps pour travailler efficacement cette fameuse transition écologique. C'est anxiogène, on ne peut pas construire quelque chose si tous les ans on ne sait pas si on organisera ou pas", poursuit le président du Rouen Yacht Club.

"On va mettre en place une commission avec la fédération française, l'union internationale motonautiques (UIM), avec la mairie et la Méropole, et des industriels pour réfléchir à cette question des moteurs propres dans le motonoautisme. Ca c'est super !"

Franque-Emmanuel Coupard, président du Rouen Yacht Club

Un accord, mais pas de financement de la ville ?

Reste à définir la subvention de 30 000 euros que la Ville accorde à l'organisation de l'évènement. "La ville nous a annoncé qu'elle serait supprimée, ce n'est pas envisageable pour nous", indique le président de Rouen Yacht Club. L'organisation des 24 heures motonautiques de Rouen coûte entre 350 000 et 380 000 euros. "Je ne comprends pas comment on peut nous donner un feu vert en nous retirant les moyens. Ca ne tient pas la route."

"Rappelons que nous sommes dans un contexte économique très particulier. Le Covid a compliqué les choses à la fois au niveau de la ville mais aussi du côté des associations sportives qui sont notre priorité", se défend Sarah Vauzelle. 

Suite à l'accident entraînant la mort d'un gendarme en 2010, "il avait été convenu que la subvention, qui était à l'époque de 100 000 euros, soit dégressive jusqu'en 2016 pour arriver à zéro en 2017, rappelle Sarah Vauzelle. L'équipe municipale précédente avait finalement décidé de la maintenir de façon dérogatoire jusqu'en 2020 pour terminer le mandate et laisser le choix à l'équipe de Nicolas Mayer-Rossignol de poursuivre ou non. 

Nous avions honoré notre engagement en 2020 d'une subvention de 30 000 euros, malgré l'annulation de la course.

Sarah Vauzelle, adjointe en charge des sports à la mairie de Rouen

 

"En revanche, si nous obtenons des engagements fermes de la part du Rouen Yacht Club de se tourner vers des moteurs propres, on pourra envisager de leur attribuer une subvention."

Ce sujet reste à affiner. Affaire à suivre... 

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