A Rouen, les poubelles deviennent un support au street-art

STM Artiste alias Stéphane Michel graffe les poubelles de ses voisins dans le quartier du jardin des plantes à Rouen. Un peu partout dans les rues fleurissent des visages de personnalités qu'il peint au pochoir.

A Rouen, STM Artiste graffe les poubelles pour créer des liens avec les habitants du quartier.
A Rouen, STM Artiste graffe les poubelles pour créer des liens avec les habitants du quartier. © France Télévisions
Nelson Mandela, Martin Luther King, Simone Veil, David Bowie, Paul McCartney, Dali autant de visages que l'on découvre sur les poubelles du quartier du jardin des plantes de Rouen. A l'origine du projet STM Artiste alias Stéphane Michel, un street artiste issu de l'aquarelle.
Il s'est mis au street art il y a deux ans. Il pratique le pochoir. Jusqu'à maintenant c'était sur des toiles. Il a voulu investir l'espace urbain mais n'avait pas envie de graffer "à la sauvage". L'idée lui est donc venue d'utiliser les poubelles de son quartier comme support à son art.

J'ai proposé cette idée à mes voisins pour égayer les rues et faire rayonner le quartier. J'ai toujours habité rive gauche et plus jeune, j'étais heurté par la mauvaise image que véhiculait la rive gauche de Rouen. C'est pourtant un secteur qui gagne à être connu avec une vraie vie de quartier.

Stéphane Michel, street artiste

© France Télévisions
Chaque habitant lui fait part de la personnalité qu'il veut sur sa poubelle. Stéphane Michel choisit alors une photo et la retravaille sur ordinateur pour accentuer le contraste. Ce qu'il apprécie c'est de travailler le contraste et la luminosité. Vient ensuite le travail de découpe sur les photos imprimées. Il découpe au scalpel les zones qu'il veut révéler et les expressions qu'il veut faire resortir. A chaque couleur son pochoir et sa découpe.
Il se rend ensuite chez les habitants et graffe la poubelle avec ses pochoirs. 

Quand on discute de leur choix de personnalité, les gens se dévoilent. C'est le côté humain de ce projet. Un voisin qui voulait un pochoir de Tiger Woods m'a expliqué qu'il était lui même joueur. Il m'a offert une bouteille qu'il avait gagné en compétition.

Stéphane Michel

Sur Facebook, l'artiste partage ses créations avec le hashtag #tapoubelleestplusbelle. Exemple avec cette publication postée après avoir graffé Soprano sur une poubelle du quartier du jardin des plantes à Rouen.

Le carnet de commandes ne désemplit pas

Le projet de Stéphane Michel suscite un réel engouement dans le quartier. Les commandes pleuvent. Il en a déjà reçu une quarantaine depuis 10 jours. 12 ont déjà été réalisées. Un carnet de commandes bien chargé pour cet artiste qui a un métier en parralèle. 

L'ampleur de la demande me force à gagner en dextérité et me permet de m'améliorer dans la technique.

Stéphane Michel

STM Artiste utilise un pochoir par couleur
STM Artiste utilise un pochoir par couleur © France Télévisions

C'est très bien pour le quartier. Ca soude les liens entre les voisins et permet d'exprimer l'art dans les rues. En plus, c'est très intéressant. Il nous apprend ses méthodes, son travail en amont. C'est rare de voir des artistes dans leur travail.

Ivan Saliba, habitant du quartier

Ivan Saliba a choisi Nelson Mandela
Ivan Saliba a choisi Nelson Mandela © France Télévisions

Un projet en marge de Rouen impressionnée

Depuis 2010, le festival Rouen Impressionnée transforme les rues de Rouen en œuvres d’art contemporain. Pour l'édition 2020, le festival propose à nouveau de découvrir des fresques de street art avec une vingtaine d’artistes locaux, nationaux et internationaux. Ils ont investi la rive gauche de Rouen dans les quartiers Saint-Sever et Grammont. Le projet de Stéphane Michel permet d'étendre un peu plus le street art sur ce secteur de Rouen.

 
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