Le sport normand à l’épreuve du Coronavirus

Alexandre Ménard au milieu de ses joueurs / © Maéva Parmentier
Alexandre Ménard au milieu de ses joueurs / © Maéva Parmentier

Évènements annulés, championnats suspendus, structures sportives fermées, entraînements collectifs prohibés…le monde du sport est frappé de plein fouet par la pandémie. Une situation inédite pour beaucoup de sportifs et de clubs à l’image du Rouen Métropole Basket.
 

Par Félix Bollez

"Je n’ai jamais vécu ça de ma vie !" L’entraîneur du Rouen Métropole Basket n’est pas le seul à naviguer à vue en ces temps troubles. Chaque jour ou presque une nouvelle consigne vient contrarier les plans, souvent millimétrés, des clubs de haut niveau pour mener à bien les objectifs fixés en début de saison.
 
Alexandre Ménard / © Maéva Parmentier
Alexandre Ménard / © Maéva Parmentier



"Pour le moment le championnat de Pro B est suspendu, il restait 11 matchs et les playoffs… et maintenant le Kindarena est fermé pour nos entraînements". C’est malheureusement l’un des nombreux dommages collatéraux du Covid-19.
 
L'Américain André Spight dans ses exploits avec le RMB / © Maéva Parmentier
L'Américain André Spight dans ses exploits avec le RMB / © Maéva Parmentier
 

André Spight file à l’américaine


"Jeudi matin on a eu la surprise de recevoir un message d’André Spight (joueur américain du RMB), nous indiquant qu’il partait pour les Etats-Unis et qu’il était déjà à l’aéroport. Il a précisé que c’était lié au Coronavirus et qu’il ne reviendrait pas ".
 
André Spight avec Michel Veyronnet le directeur sportif du RMB / © Maéva Parmentier
André Spight avec Michel Veyronnet le directeur sportif du RMB / © Maéva Parmentier


Alexandre Ménard ne cache pas son amertume concernant l’attitude de son joueur.

"Il a attendu le discours de Trump qui a annoncé la fermeture des frontières aux Etats-Unis pour partir. Je comprends les inquiétudes des joueurs pour leur santé, ça reste la priorité…mais il aurait pu nous prévenir avant ! Beaucoup de clubs dont Rouen, proposent aux joueurs étrangers de rentrer dans leur pays pendant que la situation est bloquée mais le deal c’est qu’ils reviennent après si le championnat reprend. Pour André Spight je considère que c’est un abandon de poste".



Pour les autres joueurs de Rouen, le club avait prévu des entraînements et un match amical pour garder le rythme mais la situation évolue constamment.  

"Le ministère des sports nous a d’abord envoyé une circulaire nous indiquant qu’on ne pouvait pas s’entraîner à plus de 10 dans une salle, pour jouer au basket c’est compliqué ! Et récemment on nous a interdit tout entraînement collectif ", précise Alexandre Ménard.

Le télétravail aussi pour les sportifs

Comme pour la plupart des Français, le télétravail devient la priorité. Pour les joueurs du RMB un planning d’entraînement individuel a été remis au joueur.

"C’est du renforcement musculaire avec le poids de corps sans matériel spécifique et éventuellement des footings tant que ce n’est pas interdit…c’est important pour garder un minimum la forme et le moral ».


 

© Maéva Parmentier
© Maéva Parmentier

 

 « Je suis favorable à l’annulation de la saison si le championnat ne reprend pas"



Actuellement 9ème du classement de Pro B, le RMB n’est pas en première ligne concernant une éventuelle descente ou montée. Le suspense du verdict sportif de la saison est relatif pour les Rouennais qui semblent militer pour une "saison blanche" si le calendrier ne permet pas de conclure le championnat.  "Les contrats des joueurs se terminent le 30 juin… ça va être difficile de finir l’année vu les nouvelles annonces de confinement. Dans ce cas, personnellement je préférerais qu’il n’y ait ni promu ni relégué", tranche le coach du RMB.

 
© Maéva Parmentier
© Maéva Parmentier



Comment respecter l’équité sportive dans des conditions aussi exceptionnelles ? Récompenser le chemin déjà parcouru ou considérer que tant que la ligne d’arrivée n’est pas franchie tout peut arriver ? Chaque Ligue devra trouver la solution la moins injuste si les calendriers deviennent intenables, mais une autre question plus pragmatique va rapidement se poser : qui va payer le manque à gagner ?
 
Le Kindarena plein à l'occasion de la finale des Playoffs 2019 / © Maéva Parmentier
Le Kindarena plein à l'occasion de la finale des Playoffs 2019 / © Maéva Parmentier


"Les joueurs sont au chômage technique mais les salaires sont maintenus. Pour le budget du club l’argent de la billetterie nous manquera forcément et on ne sait pas encore quelle sera l’attitude des partenaires vis-à-vis des prestations que nous ne pourrons pas honorer" souligne, lucide, celui qui a été désigné comme l’un des 3 meilleurs coachs de Pro B la saison dernière.

L’inconnu est encore immense dans cette crise sanitaire. L’attitude et les choix des acteurs du sport seront, plus que d’habitude encore, observés à la loupe.   
 

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