A Mers-les-Bains, une maison de vie pour adultes autistes inaugurée par Sophie Cluzel

La secrétaire d’Etat chargée des personnes handicapées a fait le déplacement ce matin, lundi 20 septembre. L’occasion pour elle de saluer « une structure qui donne aux adultes autistes un choix de vie ».

En visite dans la Somme, Sophie Cluzel s’est félicitée que tout, dans cette maison, ait été pensé en fonction des besoins spécifiques de l’autisme. De l’architecture, aux outils pédagogiques en passant par l’accompagnement des résidents.

 « C’est exactement ce que nous portons depuis quatre ans. Ici, les adultes autistes peuvent imaginer vivre en centre ville dans une maison comme vous et moi avec un projet de vie partagée qui les étaie pour se redresser et reprendre confiance en eux » a-t-elle déclaré devant les journalistes.

Gagner en autonomie

Inaugurée ce matin, six résidents vivent ici depuis mars dernier. Ce projet d’habitat inclusif repose sur la participation d’une équipe médico-sociale formée à l’autisme. Des éducateurs, un psychologue mais aussi un couple d’hôtes. Deux accompagnants présents, de jour comme de nuit, tous les jours de la semaine pour prendre soin des habitants et également du lieu.

« Nous vivons ici au quotidien. Nous voyons les résidents du lever au coucher » expliquait l'un des accompagnants, lors de l'ouverture en mars dernier. « Nous nous considérons entre guillemets comme des parents. C’est une vie de famille. Nous sommes là pour les accompagner et répondre à leurs interrogations. »

L’objectif de ce lieu de vie : permettre aux résidents de gagner en autonomie tout en leur donnant un cadre sécurisé. D’où ce choix de les accueillir dans des groupes à taille humaine, propices au bien-être et à une prise en charge plus individualisée.

Tous les habitants disposent d'une clé de leur chambre et de leur propre boîte aux lettres. Chacun peut, s’il le souhaite, s'isoler dans sa chambre indépendante, sans pour autant se retirer.  

Des espaces communs comme le salon, la salle à manger ou la salle de jeux et d'activités sont là pour faciliter le lien social.

« J’aimerais que cette maison de Vincent soit un lieu de rencontres »

Cette maison de vie est née de la volonté d’Hélène Médigue, fondatrice de l'association les Maisons de Vincent, actrice et sœur cadette de Vincent pour qui le diagnostic d’autisme n’a été posé qu’il y a deux ans. Jusqu’ici, il vivait dans une maison médicalisée qui n’était pas adaptée à ses besoins. Désormais, il réside à Mers-les-Bains.

Je souhaite que cette maison soit un lieu ouvert. J’aimerais que les habitants de la ville puissent se familiariser avec la différence, qu’ils puissent être curieux. J’imagine des collégiens, des retraités, des artistes venir dans la maison de Vincent. J’aimerais que ce soit un lieu de rencontres.

Hélène Médigue, fondatrice des Maisons de Vincent

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Une épicerie au rez-de-chaussée a été aménagée. Des produits biologiques locaux et de saison y sont commercialisés. Les résidents participent à des activités dans des fermes écologiques partenaires et, tous les jeudis, ils tiennent un stand sur le marché de Mers-les-Bains où ils vendent des fruits et légumes.

Cette maison a pu voir le jour grâce au soutien financier de la fondation Jean-Noël Thorel qui a mis ce lieu à disposition. Les frais de fonctionnement sont financés par le Conseil départemental de la Somme. Un second lieu de vie de ce type devrait ouvrir ses portes dans les Landes en 2022.

Aujourd’hui en France, les troubles du spectre autistique touchent près de 700 000 Français. Parmi les adultes, 95% sont au chômage ou placés dans des hôpitaux pour des séjours longue durée d’après l’association Les Maisons de Vincent. Selon le plan autisme 2018-2022, seul 11,6 % des personnes autistes ont accès à un logement personnel.

 

 

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