Une association environnementale fait renoncer Ferrero à son futur entrepôt de Nutella en Normandie

Le fabricant de la pâte à tartiner Nutella devait construire un nouvel entrepôt logistique de 35 000 mètres carrés à Criquebeuf-sur-Seine, dans l'Eure. Mais un recours déposé par France nature environnement l'a fait changer d'avis. Ferrero recherche un nouveau site. 

Dans les usines rouennaises, 26% de la production mondiale de Nutella est fabriquée.
Dans les usines rouennaises, 26% de la production mondiale de Nutella est fabriquée. © Charly Triballeau / AFP

Ferrero ne construira pas son futur entrepôt logistique à Criquebeuf-sur-Seine. Le géant italien, dont le siège social français se trouve à Mont-St Aignan et l'usine à Villers-Ecalles, renonce à ses 35 000 mètres carrés de stockage et conditionnement de ses produits finis à Criquebeuf-sur-Seine, dans l'Eure. "Nous retirons notre projet, car nous ne pouvons pas nous permettre d'attendre le délai de la procédure de recours en cours, c'est-à-dire plus d'un an", explique Fausto Rotelli, directeur des relations extérieures de Ferrero France à nos confrères des Echos. La Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) et France Nature Environnement (FNE) avaient déposé des recours devant le tribunal administratif de Rouen à l'annonce du projet

"Une bonne nouvelle pour l'écologie"

Les défenseurs de l’oedicnème criard, une espèce d'oiseau protégé, n'ont pas manqué de réagir à cette annonce : 

Ce projet se situait dans un milieu écologiquement très riche où sont régulièrement observées des populations d’oiseaux protégés, dont l’oedicnème criard (...) La zone initialement choisie pour la construction de l’entrepôt se trouvait être une des dernières zones de nidification de cette espèce très vulnérable dans le quart Nord-Ouest de la France. L’enjeu était donc de taille !

France Nature Environnement


C’est pourquoi FNE Normandie avait déféré en justice administrative l’autorisation environnementale délivrée par la préfecture de l’Eure, autorisant la société GEMFI (opérateur pour le compte de Ferrero) à détruire ces espèces et leur habitat dans le cadre de cette construction. "En effet la loi protège strictement les espèces les plus menacées, et leur destruction est interdite, sauf dans des cas et sous certaines conditions très limitatives, non présentes dans ce projet", précise l'association dans un communiqué.

A la recherche d'un nouvel entrepôt

Reste désormais à savoir où va s'implantera le nouvel espace de stockage de Ferrero qui prévoyait 30 millions d'euros pour ce projet. "Nous travaillons avec Ferrero, le Grand Port Maritime de Rouen et Rouen Normandy Invest sur d'autres implantations possibles. Il y en a plusieurs, toutes au sein de la Métropole Rouen Normandie. Toutes sur d'anciennes friches industrielles ou des zones à vocation économique, ce qui évitera d'artificialiser des terres naturelles, forestières ou agricoles", indique Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen et président de la Métropole.

"J'espère qu'il pourra aboutir avant l'été. Rien n'est fait à ce stade. Nous devons donc être vigilants et continuer de travailler, mais nous sommes en bonne voie."

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